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Septembre
2001
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Point
sur les importations communautaires de produits laitiers
La
mise en uvre des accords de Marrakech au 1er juillet 1995 a amené
lEurope à ouvrir davantage ses frontières aux pays
tiers. Dautre part, laccès au marché intérieur
a été facilité dans le cadre daccords bilatéraux
ou dassociation, notamment avec les PECO. Depuis cinq ans, le paysage
des importations communautaires de produits laitiers sest redessiné.LOnilait
a fait le point dans un décret rapport dont nous vous livrons ici
les grandes lignes.
Les concessions liées aux accords du GATT
Pour les importations réalisées hors régime
préférentiel, les accords du GATT ont instauré des
droits fixes en baisse de 3,33 % par an pour les poudres de lait écrémé
et de 6 % par an pour les autres produits laitiers. Sur la période
1995-2000, la baisse des droits fixes a ainsi atteint 20 % pour les poudres
de lait écrémé et 36 % pour les autres produits laitiers.
Les effets de ces baisses savèrent limités et ne sappliquent
quà des opérations ou des achats spécifiques
des opérateurs.
Laccès réel au marché de lUnion sest
réalisé dans le cadre de contingents dimportation
préférentielle. Les importations de beurre néo-zélandais
(76 667 tonnes par an) et de fromages néo-zélandais, australiens
et canadiens (18 750 tonnes par an) ont été pérennisées
au titre de laccès courant, avec un droit de douane historique
faible.
De plus, des contingents supplémentaires ont été
accordés au titre dun «accès minimum»
pour porter les importations totales dans lUnion européenne
en 2001 à 5 % de la consommation intérieure. Ces contingents
ouverts à tous les pays tiers permettent à ces derniers
de bénéficier dun taux préférentiel
égal à 32 % du droit de base.
Le cumul des contingents dimportations préférentielles
(accès courant + accès minimum) passe en cinq ans de 76
667 à 86 667 tonnes pour le beurre, de 40 701 à 68 000 tonnes
pour la poudre de lait écrémé, de 35 387 à
102 150 tonnes pour les fromages.
Les autres régimes préférentiels dimportation
Indépendamment des accords du GATT, lUnion européenne
a conservé et renforcé des accords préférentiels
avec certains pays tiers.
Certains de ces accords concernent limportation de produits déterminés
à taux réduit, sans contingent. Cest le cas des fromages
et laits infantiles originaires de Suisse, mais aussi de fromages en provenance
de Turquie, Hongrie, Roumanie, Chypre et Israël.
En 1999, suite à une révision de la convention de Lomé,
cette liste a été étendue aux pays ACP (Afrique,
Caraïbes et Pacifique), qui bénéficient de réduction
des droits de douane de 16 % pour les produits laitiers à lexception
des poudres de lait et des fromages. Depuis 2000, lAfrique du Sud
a été intégrée dans cette liste avec une réduction
des droits de douane de 9 % sur le lait liquide et les yaourts.
Depuis début 2001, les pays de lex-Yougoslavie bénéficient,
eux, dune exemption totale des droits de douane pour les produits
laitiers.
Dautres types daccords associent des droits de douane réduits
à des contingents dimportation : accord avec la Norvège
sur des fromages et avec les Etats ACP pour du lait concentré et
des fromages. Des accords de ce type sappliquent également
à la Turquie depuis 1998 et à lAfrique du Sud en 2000.
Les accords dassociation avec les PECO et les Pays Baltes
Dans le cadre daccords dassociation, lUnion européenne
a accordé des conditions préférentielles à
partir de 1992 à la Pologne, la République Tchèque,
la République Slovaque et à la Hongrie, à partir
de 1994 à la Bulgarie et à la Roumanie, à partir
de 1995 aux pays Baltes et depuis 1997 à la Slovénie.
Les contingents portent sur du beurre, des poudres de lait et des fromages.
Pour les fromages, ces pays, à lexception de la Slovénie,
bénéficient de contingents tarifaires majorés chaque
année avec la suppression des droits de douane et des restitutions
à lexportation de part et dautre (option «double
zéro»). Ce régime sapplique aussi au beurre
pour la Pologne. Les autres produits laitiers de cette zone, à
lexception des poudres et des beurres originaires des République
Tchèque et Slovaque et de la Slovénie, bénéficient
de concessions additionnelles, dans la perspective dun futur démantèlement
des droits de douane et des restitutions.
Entre 1995/96 et 2000/01, les contingents négociés avec
les pays de lEst sont passés de 13 400 à 35 000 tonnes
pour les poudres de lait, de 5 300 à 14 500 tonnes pour le beurre,
et de 12 466 tonnes à 37 000 tonnes pour les fromages.
A la suite de ces différents accords, les possibilités dimportation
dans lunion européenne se sont largement accrues. A quelques
exceptions près (fromages en provenance de certains PECO), ces
contingents sont très bien utilisés, ce qui amène
la Commission à des coefficients dattribution des certificats
très faibles.
Des effets limités sur les importations réelles
Au total, en 2000, environ 3,5 à 4 milliards de litres déquivalent
lait ont été importés dans lUnion dont 3 milliards
de litre hors Régine de Perfectionnement Actif, ce qui représente
2,5 % de la production laitière de lUnion européenne.
La part de RPA reste marginale pour les fromages, le beurre et la poudre
de lait écrémé alors quelle atteint 38 % pour
la caséine et 53 % pour le lactosérum.
Par rapport à la consommation apparente communautaire, les volumes
importés représentent 2,5 % pour les fromages, 5 % pour
le beurre et 8 % pour la poudre de lait écrémé, ce
qui reste modeste.
Pour les fromages, les importations réelles passent de 81 000 tonnes
à 147 000 tonnes sur la période 1995-2000, en phase avec
lutilisation des différents contingents et des régimes
préférentiels, essentiellement du fait de la Suisse.
En poudres de lait écrémé, les importations sont
passées de 31 200 tonnes à 73 400 tonnes sur la même
période, liées à lévolution des contingents.
Pour le beurre, lévolution des importations est plus limitée/de
63 800 tonnes à 89 100 tonnes, en phase avec la progression des
contingents.
Les principaux importateurs européens
Les principaux pays importateurs de produits laitiers dans lUnion
européenne sont dans lordre, les Pays Bas, la Grande-Bretagne,
lAllemagne, lItalie et la France, qui occupe ainsi le 5ème
rang.
La quasi totalité du beurre est importé par les Pays-Bas
(34 000 tonnes) et le Royaume-Uni (55 000 tonnes), provenant pour lessentiel
de Nouvelle-Zélande.
Pour les poudres de lait écrémé, les Pays-Bas et
lAllemagne importent 90 % des volumes, surtout en provenance de
Pologne et de République Tchèque.
Les importations de fromages sont mieux réparties entre cinq pays
: Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et France, avec près
de la moitié réalisé par les Pays-Bas et le Royaume-Uni.
Toutefois, la France, lAllemagne et lItalie assurent 80 %
des importations de fromages en provenance de Suisse.
Les principales provenances des importations
Les provenances des importations sont liées à lhistorique
des contingents et aux provenances traditionnelles liées à
chaque produit. Pour les fromages la part de la Suisse, largement majoritaire
en 1995, sest réduite au profit de la Nouvelle-Zélande
et de lAustralie, qui voient leurs exportations vers lUnion
croître très fortement.
Les importations de poudres de lait écrémé proviennent,
elles, principalement des pays de lEst (Pologne, République
Tchèque, Estonie et Lituanie), mais la Suisse et lOcéanie
apparaissent depuis deux ans avec des volumes significatifs. Les PECO
et les pays Baltes devraient profiter pleinement de la croissance des
contingents préférentiels.
Les importations de beurre proviennent essentiellement de Nouvelle-Zélande
dans le cadre de laccès courant et de lAustralie pour
le contingent accès minimum. Les PECO ont aussi renforcé
leurs volumes importés dans lUnion.
Pour la caséine, les importations de lUnion ont régressé
entre 1995 et 2000. La Russie et les pays Baltes, ainsi que la Nouvelle-Zélande
sont les principales provenances.
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