LEurope
de la qualité
La commission européenne a lancé différentes campagnes
de sensibilisation des types de qualités européens. Qualité
et protection, voilà deux idées essentielles pour les
européens. Un habit qui sied bien aux AOC produits laitiers français.
Les consommateurs français sont sensibles aux signes nationaux
de qualité et dorigine des produits agricoles et alimentaires
français : A.O.C., Label Rouge, Certification de Conformité,
Produits Biologiques
En complément des efforts développés
par la France en la matière, lUnion européenne a
créé, dans le cadre de la politique de qualité
concernant les produits agricoles et alimentaires, des systèmes
de valorisation et de protection des dénominations géographiques
et des spécialités traditionnelles. Il sagit dans
le premier cas des AOP (Appellation dOrigine Protégée)
et IGP (Indication Géographique Protégée) et dans
le second cas, des Spécialités Traditionnelles Garanties.
Ces systèmes ont deux objectifs :
- favoriser la diversification de la production agricole en incitant
les producteurs à commercialiser des produits à valeur
ajoutée.
- offrir aux dénominations enregistrées, une protection
juridique de fait à léchelle européenne.
A ce jour, plusieurs milliers de demandes denregistrement ont
été déposées à la Commission européenne
par les Etats membres. 320 premières dénominations avaient
été enregistrées, pour la première vague,
en juin 1996.
A lheure du grand marché européen, la provenance
est un critère prioritaire dachat des consommateurs européens.
En 1995, 77 % dentre eux navaient jamais entendu parler
de lAppellation dOrigine Protégée (Eurobaromètre
réalisé en décembre 95 par la Commission européenne).
Ce taux a sans doute favorablement évolué depuis mais
il est vrai que lon partait de loin.
Aussi, la Commission européenne (Direction Générale
Agriculture DG VI) a-t-elle décidé de lancer à
partir du mois de juin 96 une vaste action de communication sur 3 ans
sur le thème Des produits qui ont une histoire dans
tous les pays de lUnion européenne pour :
- dans un premier temps, inciter les producteurs à utiliser ces
systèmes volontaires,
- dans un deuxième temps, sensibiliser les distributeurs pour
quils référencent ces produits,
- et enfin, informer les 373 millions de consommateurs européens.
En 1992, la Communauté européenne a créé,
dans le cadre de la politique de qualité concernant les produits
agricoles et alimentaires, des systèmes de valorisation et de
protection des dénominations géographiques et des spécialités
traditionnelles.
Quels sont ces systèmes ?
1) LAppellation dOrigine Protégée (AOP)
LAOP couvre lAppellation dOrigine Contrôlée
avec un fort lien avec le terroir, de lorigine de la matière
première jusquà lélaboration du produit
fini. La production, la transformation et lélaboration
du produit doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée
avec, le cas échéant, un savoir-faire reconnu et constaté.
Ainsi les fromages actuellement sous A.O.C. répondent-ils à
ces conditions. Citons par exemple pour la France, le fromage Laguiole
fabriqué à partir du lait de vache Aubrac ayant pâture
de juin à septembre en altitude et produit dans des laiteries
de lAubrac.
Dautres exemples de demandes denregistrement sous AOP :
Montasio (fromage) pour lItalie, Stilton (fromage) pour le Royaume-Uni,
le beurre dArdenne pour la Belgique, lolive de Kalamata
pour la Grèce, Queso Manchego (fromage) pour lEspagne,
Queijo Serra da Estrela (fromage) pour le Portugal, Lapin puikula (pomme
de terre) pour la Finlande, Wachauer Marille (abricot) pour lAutriche.
2) Lindication Géographique Protégée (IGP)
Ici, le lien avec le terroir demeure à un des stades au moins
de la production, de la transformation ou de lélaboration
et le produit peut jouir dune grande réputation. Cest
le cas des viandes qui proviennent danimaux élevés
sur un terroir, par exemple les viandes de volailles telles que les
volailles de Challans, bénéficiant actuellement du Label
Rouge.
Dautres exemples de demandes denregistrement sous IGP :
les asperges de Navarre pour lEspagne, maça de Alcobaça
(huile) pour le Portugal, le jambon dArdenne pour la Belgique,
Lammefjordsgulerod (carotte) pour le Danemark, la biscotte crétoise
pour la Grèce, Newcastle Brown Ale (bière) pour le Royaume-Uni,
Steierisches Kürbiskernöl (huile de pépins de citrouille)
pour lAutriche, Nocciola del Piemonte (noisette) pour lItalie,
Lübecker Marzipan (pâtisserie) pour lAllemagne.
3) LAttestation de Spécificité
Elle se traduit par lattribution dune mention Spécialité
Traditionnelle Garantie (STG) et dun logo européen.
Elle ne fait pas référence à une origine mais a
pour objet de mettre en valeur une composition traditionnelle du produit,
ou un mode de production traditionnel. Cest le cas, par exemple,
du veau élevé sous la mère, du porc fermier ou
du cidre bouché.
Cela peut être aussi : des bières dAbbaye, le chicon
(endive) cultivé de façon traditionnelle, jamòn
Serrano (jambon), alheira de Mirandela (saucisson), traditional farme
fresh turkey (dinde), mozzarella (fromage).
Un produit bénéficiant dune attestation de spécificité
peut être fabriqué partout dans la Communauté.
Quels sont les produits concernés ?
Pour tous les systèmes : viandes et charcuterie, laits et produits
laitiers, oeufs, miels, fruits, légumes et plantes alimentaires,
matières grasses végétales et animales, poissons,
crustacés et mollusques, épices, produits de la boulangerie,
pâtisserie et confiserie, boissons à base dextraits
de plantes, bières.
Pour les seules Attestations de Spécificité sajoutent
à la première liste : chocolat, pâtes alimentaires,
plats composés, sauces et condiments, potages, glaces et sorbets,
vins et vinaigres.
Quelles sont les procédures ?
Linitiative de la demande denregistrement revient aux professionnels
qui doivent se grouper pour la faire.
Le produit est défini dans un cahier des charges devant comprendre
les éléments
prévus dans le règlement européen correspondant.
Les demandes sont étudiées au niveau national puis transmises
à la Commission. Ces procédures aboutissent à un
enregistrement communautaire et à une protection dans les 15
Etats membres de chaque dénomination enregistrée.
Pour apporter une garantie aux consommateurs, les règlements
prévoient en outre des procédures de contrôle.
Quelle est la situation aujourdhui ?
A ce jour, plusieurs milliers de demandes denregistrement pour
le système des AOP/IGP sont parvenues à la Commission
européenne en provenance de tous les Etats membres, à
lexception de lIrlande.
Les demandes concernent majoritairement les fromages, puis les fruits
et légumes, les viandes, les produits de charcuterie, les miels.
Pour le système des Spécialités Traditionnelles
Garanties, les demandes commencent à parvenir à la Commission.
Une démarche macro-économique :
Dans le cadre de la Politique Agricole Commune, lun des objectifs
des règlements communautaires est de favoriser la diversification
de la production.
En effet, la promotion de produits spécifiques peut devenir un
atout important pour le monde rural, notamment dans les zones défavorisées
ou éloignées, dune part grâce à lamélioration
du revenu des agriculteurs, dautre part grâce à la
fixation de la population rurale dans ces zones.
Une démarche juridique :
Il est important de protéger nos propres appellations et labels
contre les usurpations ou imitations dans les autres pays de lUnion
européenne.
A lheure du grand marché européen, les protections
de qualité strictement nationales sont peu efficaces.
En effet, avant linstauration dun système européen
de valorisation et de protection, il était difficile dinterdire
par exemple à lun de nos voisins européens de fabriquer
du beurre dIsigny. Aussi ces systèmes offrent-ils aux dénominations
enregistrées une protection juridique à léchelle
européenne, qui est en droite ligne avec les accords de lOrganisation
Mondiale du Commerce.
Une démarche consumériste :
Ces règlements sinscrivent également dans le cadre
de la politique en faveur des consommateurs.
La demande dinformations des consommateurs concernant lorigine,
la nature, le mode de production ou de transformation des produits alimentaires
est de plus en plus importante. Face à la diversité des
produits mis sur le marché et à la multitude dinformations
données à leur sujet, il sagit daider le consommateur
en le renseignant précisément sur les caractéristiques
spécifiques des aliments.
Une vaste action de communication sur 3 ans a été lancée,
en 1996, à linitiative de la Direction Générale
Agriculture (DG VI) dans tous les pays de lUnion européenne.
Un double objectif :
Inciter les producteurs et les transformateurs à utiliser ces
systèmes qui leur offrent une protection juridique de fait à
léchelle européenne.
Stimuler la demande pour les produits concernés en informant
les distributeurs et les 373 millions de consommateurs européens
de lexistence, de la signification et des avantages de ces systèmes.
Un thème central : Des produits qui ont une histoire.
Il était important de créer une opposition forte par rapport
aux produits courants et de valoriser lorigine et la diversité
des produits AOP, IGP et STG.
Par ailleurs, il convenait de stimuler de manière générique
limaginaire des consommateurs sans entrer dans le détail
de lun ou lautre produit, ou des spécificités
de lun ou lautre pays. Le thème Des produits
qui ont une histoire répond à ces impératifs.
Ainsi, la communication à destination des producteurs a débuté
par cette accroche : Racontez-nous votre produit, nous en parlerons
à tout le monde.
Laccroche sadressant aux distributeurs fût la suivante
: Les produits qui se racontent bien se vendent mieux. La
communication à destination du grand public fût déclinée
sur le modèle suivant : Si vous aimez les fromages, vous
allez adorer ceux qui ont une histoire à raconter.
Une campagne de communication ciblée sur 3 ans.
Une campagne de communication sur 3 ans ciblée dans un premier
temps sur les producteurs et les distributeurs (1996) et dans un second
temps sur le grand public (1997-1998). Pour chaque cible, des outils
dinformation spécifiques ont été adaptés
au contexte de chaque Etat membre.
Résultats de lEurobaromètre réalisé
auprès de plus de 16000 Européens par le réseau
INRA EUROPE en Nov/Déc. 95 à la demande de la Commission
européenne (DG VI.BI.4).
Quels critères conditionnent le choix des consommateurs européens
lors de leurs achats de produits agro-alimentaires ?
Les résultats du baromètre démontrent que pour
30 % des Européens, lorigine (le pays ou la région)
est un critère de choix important. Ce critère, essentiel
pour les Européens, intervient au 3e rang de leur choix, juste
derrière le prix (pas trop élevé) et lapparence
du produit mais pratiquement à égalité avec la
marque.
Limportance accordée à lorigine varie selon
la nature des produits : elle constitue un critère de choix important
lorsquil sagit des fruits et légumes, de miel, de
fromages, de charcuterie, de viande, mais moins important lorsquil
sagit de bière, de pâtisserie ou confiserie, de plats
préparés.
La consommation de produits fabriqués de façon traditionnelle
:
- 76 % des consommateurs européens déclarent consommer
des produits alimentaires fabriqués de façon traditionnelle,
dont 31 % souvent et 45 % parfois. Cette réponse positive sélève
à 89 % en France.
Divers éléments permettent aux consommateurs diden-tifier
les produits fabriqués de façon traditionnelle
:
- lexplication sur létiquette (43%), la composition
(33%), le lieu de fabrication (29%), une mention particulière
comme traditionnel (27%), ou encore la marque (25%).
Le besoin de trouver des explications et des justifications sur létiquetage
et lemballage transparaît donc de manière évidente.
Le niveau de connaissance des appellations dorigine
Cinq Européens sur 10 ont déjà entendu parler des
appellations dorigine.
Quatre sur 10 en ont même déjà acheté. Cependant,
la proportion de ceux-ci varie de 85% en France à 8% en Suède.
Ces résultats sexpliquent par des législations en
vigueur différentes selon les pays.
Dans tous les cas, une appellation dorigine constitue
pour les consommateurs une garantie de provenance (56%) et même
une garantie de qualité (pour 39% dentre eux). Cette notion
de qualité induite est particulièrement évoquée
dans les pays disposant de systèmes dappellation dorigine
(France et Italie, respectivement 58 et 62%).
Attitude des consommateurs vis-à-vis des garanties apportées
par lUnion européenne :
Enfin, près dun Européen sur deux exprime une confiance
accrue pour des produits si leur origine ou le mode traditionnel de
fabrication/production sont garantis par lUnion européenne.
Conclusion
1. Une notion mal connue.
Si les Européens manifestent un intérêt certain
pour lorigine des produits quils consomment, la notion dappellation
dorigine en soi est encore insuffisamment connue dans plusieurs
pays
2. Un intérêt certain pour la tradition.
Les Européens aiment consommer des produits fabriqués
de façon traditionnelle et vont chercher en priorité linformation
sur létiquette. Ces données légitiment le
système européen de valorisation et de protection Spécialité
Traditionnelle Garantie pour lequel un logo a été
créé.
Une plus grande confiance pour les produits dont lorigine ou le
mode traditionnel de fabrication/production sont garantis par lUnion
européenne.
Quelles sont les premières dénominations de produits français
fromages et produits laitiers enregistrées en juin
96 ?
- Beaufort (AOP), Bleu des Causses (AOP), Bleu du Haut Jura, de Gex,
de Septmoncel (AOP), Brocciu Corse ou Brocciu (AOP), Chabichou du Poitou
(AOP), Crottin de Chavignol ou Chavignol (AOP), Epoisses de Bourgogne
(AOP), Laguiole (AOP), Ossau-Iraty-Brebis Pyrénées (AOP),
Pouligny Saint Pierre (AOP), Picodon de lArdèche ou Picodon
de la Drôme (AOP), Salers (AOP), Selles sur Cher (AOP), Sainte
Maure de Touraine (AOP), Tomme de Savoie (IGP), Langres (AOP), Neufchâtel
(AOP), Abondance (AOP), Camembert de Normandie (AOP), Cantal ou Fourme
de Cantal ou Cantalet (AOP), Chaource (AOP), Comté n(AOP), Emmental
de Savoie (IGP), Emmental français est-central (IGP), Livarot
(AOP), Maroilles ou Marolles (AOP), Munster ou Munster-Géromé
(AOP), Pont lEvêque (AOP), Reblochon ou Reblochon de Savoie
(AOP), Roquefort (AOP), Saint-Nectaire (AOP), Tomme des Pyrénées
(IGP), Bleu dAuvergne (AOP), Brie de Meaux (AOP), Brie de Melun
(AOP), Mont dOr ou Vacherin du Haut-Doubs (AOP), Fourme dAmbert
ou Fourme de Montbrison (AOP).
- Beurre des Charentes - Beurre des Deux-Sèvres (AOP).
- Crème dIsigny (AOP), Crème fraîche fluide
dAlsace (IGP).
Parmi ces produits, la plupart bénéficient dun signe
officiel français de qualité et dorigine : Appellation
dOrigine Contrôlée, Label agricole ou Certification
de Conformité.
A qui les producteurs doivent-ils sadresser ?
Les demandes sont préalablement étudiées au niveau
national avant dêtre transmises à la Commission européenne.
Les producteurs peuvent contacter au Ministère de lAgriculture,
de la Pêche et de lAlimentation :
- pour les IGP et STG, à la DGAL (Direction Générale
de lAlimentation), Bureau des Labels et des Certifications de
Produits, 175 rue du Chevaleret, 75013 Paris,
ou
- pour les AOP, la Direction de la Production et des Echanges (DPE),
3 rue Barbey de Jouy, 75007 Paris.
Q : Alors que dans certains pays il existe des systèmes nationaux,
pourquoi créer de nouveaux systèmes européens au
risque de plonger les consommateurs dans la plus grande confusion ?
R : Certains Etats membres protègent les dénominations
par le biais de différents systèmes : marque nationale,
système dAppellation dOrigine, système judiciaire,
dusages reconnus. Ces systèmes qui protègent les
produits souvent uniquement dans le cadre de leur marché national
posent des problèmes de libre circulation au niveau européen.
La protection dune marque au niveau européen coûte
aussi de largent.
A lheure du grand marché européen, le système
européen est défini pour :
- permettre aux consommateurs dun pays davoir une assurance
sur lorigine du produit, le cas échéant des matières
premières qui le composent et sur le respect des procédés
de fabrication des produits originaires dun autre pays de lUnion.
- défendre les produits reconnus des imitations venant dautres
pays de lUnion ou hors de lUnion.
En matière dappellations dorigine et indications
géographiques, le système européen remplace les
systèmes nationaux existants. En revanche, le système
Attestation de spécificité est nouveau. Cette campagne
de communication a donc pour but déviter toute confusion.
Q : Les AOP, IGP et STG sont-ils vraiment des signes de qualité
?
R : Ils certifient une qualité particulière liée
à lorigine ou au mode de production traditionnel, car les
critères denregistrement sont précis. Notamment,
une qualité déterminée, des caractères objectifs
ou une réputation liant cette dénomination à la
zone géographique doivent être prouvés et figurer
dans le cahier des charges des AOP/IGP. Pour les spécificités,
la composition ou le mode de production figurent également dans
un cahier des charges. Pour pouvoir commercialiser le produit sous le
nom protégé, le producteur doit impérativement
respecter le cahier des charges.
Q : Qui établit le cahier des charges ?
R : Le cahier des charges est établi par
le groupement de producteurs qui dépose
le dossier. Le cahier des charges doit
comprendre les éléments prévus dans le règlement
: pour les Spécialités Traditionnelles Garanties :
- le nom
- la description de la méthode de production y compris la nature
et les caractéristiques de la matière première
et/ou des ingrédients utilisés et/ou la méthode
délaboration se référant à sa spécificité.
- les éléments permettant dévaluer le
caractère traditionnel.
- la description des caractéristiques (physiques, chimiques,
organoleptiques,...) du produit qui se rapportent à la spécificité.
- les exigences minimales et les procédures de contrôle
de la spécificité
pour les AOP ou IGP :
- le nom comprenant lappellation dorigine ou lindication
de provenance
- la description du produit comprenant les matières premières
et les principales caractéristiques du produit
- la délimitation de laire géographique
- les éléments prouvant que le produit est originaire
de laire géographique
- la description de la méthode dobtention du produit
- les éléments justifiant le lien avec lorigine
géographique
- les références concernant la ou les structures de contrôle
- les éléments spécifiques de létiquetage
liés à la mention AOP ou IGP
Les demandes denregistrement comprenant le cahier des charges
sont étudiées au niveau national puis transmises à
la Commission si elles sont conformes à la règlementation
communautaire. Pour apporter une garantie au consommateur, les deux
règlements prévoient des procédures de contrôle.
Q : Ces systèmes ne cachent-ils pas des mesures protectionnistes
?
R : Si la législation communautaire en matière dAppellation
dOrigine et dIndication Géographique permet la protection
des dénominations, elle ninterdit pas la fabrication et
la commercialisation de produits similaires sous dautres noms
dans la mesure où cela ne porte pas atteinte à la dénomination
protégée. Pour bénéficier dune AOP/IGP,
les exigences du règlement sont importantes (critères
et procédures).
En matière de spécificité, même si la demande
est faite par un groupement particulier, tout producteur, quel quil
soit, peut bénéficier de la mention ou du logo à
condition de respecter le cahier des charges. Ce sont donc dabord
des systèmes qui garantissent au consommateur lorigine
géographique des produits quil achète et le respect
des modes traditionnels de production. En outre, les systèmes
protègent les dénominations de produits dune concurrence
déloyale.
Q : Concernant lAOP et lIGP, comment sont déterminées
les tailles des zones géographiques ?
R: Les zones géographiques sont définies par le cahier
des charges. Elles sont en général proposées par
les producteurs et validées par les autorités nationales
souvent après enquêtes locales. Le lien entre le produit
et laire géographique doit être prouvé par
rapport à cette aire.
Q : Une fois quune Appellation dOrigine et quune Indication
Géographique sont protégées au niveau communautaire,
quelle sera la protection de celles-ci dans les pays tiers ?
R : Il existe deux possibilités :
a) soit lapplication dans le cadre de lOrganisation Mondiale
du Commerce (OMC) de laccord sur les droits de propriété
intellectuelle qui comprend entre autres la protection des indications
géographiques des parties contractantes.
b) soit la conclusion daccords de réciprocité entre
chaque pays tiers intéressé et la Communauté, pour
la protection des Appellations dOrigine et des Indications Géographiques,
telle que prévue par le système communautaire lui-même.
Q : En faisant enregistrer une dénomination comme Spécialité
Traditionnelle Garantie, un producteur peut voir son savoir-faire copié
dans dautres pays européens.
R : Tous les producteurs sont dans lobligation de respecter le
cahier des charges afin que leur produit puisse bénéficier
de lAttestation de spécificité et porter le nom
enregistré. Ils ne pourront pas utiliser des matières
premières ou des méthodes de production différentes
permettant de commercialiser sous le même nom des produits à
moindre coût. Ainsi le savoir-faire et le produit sont-ils protégés
des imitations et de la concurrence déloyale.
Q : Comment la subsidiarité intervient-elle dans les nouveaux
systèmes de valorisation et de protection communautaires ?
R : Les systèmes communautaires prévoient dans la procédure
denregistrement une première phase pendant laquelle lintervention
de lautorité compétente nationale est déterminante.
En effet, celle-ci doit examiner à fond le dossier préparé
par le groupement et décider de sa conformité avec les
règlements communautaires. Dans le cas où elle considère
que les conditions communautaires ne sont pas remplies, elle peut décider
elle-même de ne pas envoyer le dossier à la Commission.
En outre, en cas de problème, la décision finale denregistrement
nest pas prise par la Commission seule mais par un vote dans un
comité où les 15 Etats membres sont représentés.