Pour
mieux connaître la réglementation communautaire
Les initiatives de l'Union Européenne, alors CEE, en matière
de politique de qualité des produits agro-alimentaire ne
débutent qu'en 1991. Deux règlements sont adoptés
en juin de cette année là : le règlement
agriculture biologique et le règlement sur les normes de
commercialisation des volailles. En juillet 1992, sous l'impulsion
de la France, la Communauté Européenne adopte deux
règlements instituants trois nouvelles protections européennes
: l'Appellation d'Origine Protégée (AOP), l'Indication
Géographique Protégée (IGP) et l'attestation
de Spécificité (AS).
Leur mission est d'identifier et de protéger les produits
agricoles et alimentaire des traditions et des terroirs européens.
Ainsi le Camembert de Normandie fabriqué au Danemark et
le Brie de Meaux affiné à Berlin - pour ne pas citer
qu'eux - n'auront plus de raison d'exister. Pour éviter
une multiplication des signes de qualité dans laquelle
le consommateur ne se retrouverait plus, la France a adopté
le 3 janvier 1994 la loi relative à la reconnaissance de
qualité des produits agricoles et alimentaires qui définit
l'articulation des signes de qualité français avec
les protections européennes.
De ce fait, seuls les produits bénéficiant d'une
AOC pourront avoir accès à l'AOP.
De la même manière, les demandes d'indication Géographique
Protégée ou d'Attestation de Spécificité
devront être couplées à une reconnaissance
en tant que Label ou Certification de Conformité.
En outre, seuls les producteurs ou les transformateurs organisés
en groupement et disposant d'un cahier des charges sont habilités
à demander ces protections communautaires.
Aujourd'hui, aucun produit ne porte l'une de ces appellations.
Toutefois, concernant les AOP et IGP, plus de 1.300 dossiers actuellement
en phase d'analyse ont été déposés
auprès de la Commission Européenne qui souhaite
enregistrer en 1995 les premières AOP et IGP européennes.
APPELLATION D'ORIGINE PROTÉGÉE (AOP)
Descriptions
L'AOP c'est le nom d'une région, d'un lieu déterminé
ou dans des cas exceptionnels, d'un pays qui sert à désigner
un produit agricole ou une denrée alimentaire :
- originaire de cette région de ce lieu déterminé
ou de ce pays.
- dont la qualité ou les caractères sont dus essentiellement
ou exclusivement au milieu géographique comprenant les
facteurs naturels et humains et dont la production, la transformation
et l'élaboration ont lieu dans l'aire géographique
délimitée.
L'AOP s'applique :
- aux produits agricoles destinés à l'alimentation
humaine visés à l'annexe 2 du traité de Rome
(fruits, légumes, viandes, plats préparés...)
- aux denrées alimentaires suivantes : bières, eaux
minérales, boissons à base d'extraits de plantes,
produits de boulangerie, pâtisserie, confiseries, gommes
de résines naturelles (liste modifiable par la Communauté
Européenne)
- à d'autres produits agricoles : les foins et les huiles
essentielles.
Les produits du secteur viti-vinicole et les boissons spiritueuses
ne sont pas concernés. Un produit ne peut prétendre
à une AOP que s'il bénéficie déjà
d'une AOC. La définition de l'AOP est très proche
de celle de l'AOC. L'AOC peut dont être demain une AOP et
ces deux appellations peuvent être portées par un
même produit : il y a juxtaposition.
L'AOP protège :
- la dénomination de vente quand elle correspond au nom
géographique (Beaufort, Cantal, Laguiole, ...)
- le nom géographique rapporté à la dénomination
de vente (Volailles de Bresse...)
- les dénominations traditionnelles, géographiques
ou non.
INDICATION GÉOGRAPHIQUE PROTÉGÉE (IGP)
Caractéristiques
L'IGP c'est l'association du nom d'une région ou d'un lieu
déterminé voire d'un pays et d'un produit agricole
ou d'une denrée alimentaire qui en est originaire.
L'IGP désigne un produit alimentaire dont une qualité
déterminée, la réputation ou une autre caractéristique
peut être attribuée à une origine géographique
et dont la production et/ou la transformation, et/ou l'élaboration
ont lieu dans l'aire géographique délimitée.
Le champ d'application est le même que celui prévu
pour les AOP mais à la différence de l'AOP, qui
peut protéger des dénominations traditionnelles
géographiques ou non, l'IGP ne peut concerner qu'une dénomination
géographique.
Créée pour garantir l'authenticité de l'origine
et donc l'influence caractéristique de la région
sur la qualité du produit, l'IGP ne peut être obtenu
qu'à condition de l'acquisition préalable d'un Label
ou d'un Certificat de Conformité.
Procédures et Contrôles
La demande repose sur la rédaction d'un cahier des charges
décrivant les caractéristiques du produit et les
méthodes de production et de contrôles. Ce cahier
des charges doit être contrôlé par un organisme
certificateur agréé par l'autorité administrative
(respect de la norme NF EN 45011) et homologué par les
autorités compétentes de l'état (CNLC).
Après acceptation au niveau national, le dossier est transmis
à la Commission de l'Union Européenne qui instruit
la demande.
L'examen du lien entre le produit et le milieu géographique
est réalisé par une commission mixte associant en
nombre égal des représentants professionnels de
la CNLC, de l'INAO et les administrations.
C'est l'INAO qui aura en charge la protection juridique des IGP
et AOC.
ATTESTATION DE SPÉCIFICITÉ (AS)
Caractéristiques
L'Attestation de Spécificité est la reconnaissance
par la Communauté Européenne d'éléments
par lesquels un produit alimentaire se distingue nettement d'autres
produits similaires parce qu'il :
- est obtenu à partir de matières premières
traditionnelles,
- présente une composition traditionnelle,
- présente un mode de production et/ou de transformation
de type traditionnel.
Il concerne donc des produits traditionnels ou des spécialités
alimentaires définis par un cahier des charges sans aucune
notion d'appartenance à une aire géographique précise.
Procédures et contrôles
Une attestation de Spécificité ne peut être
obtenue qu'à condition de l'acquisition préalable
d'un Label ou d'une Certification de Conformité.
La demande repose sur la rédaction d'un cahier des charges
décrivant les caractéristiques du produit et les
méthodes de production et de contrôle. Ce cahier
des charges doit être contrôlé par un organisme
certificateur agréé par l'autorité administrative
(respect de la norme NF EN 45011) et homologué par les
autorités compétentes de l'Etat (CNLC).
Après acceptation au niveau national, le dossier est transmis
à la Commission de l'Union Européenne qui instruit
la demande. Si elle est acceptée, et qu'aucune opposition
n'a été présentée au bout de trois
mois, l'inscription dans le registre communautaire peut se faire.
Cet enregistrement signifie que le nom spécifique ou exprimant
la spécificité est protégé et que
le cahier des charges est ouvert à tous les opérateurs
de la Communauté.
Le règlement attestation de spécificité instaure
deux niveau de protection :
- le nom spécifique ou exprimant la spécificité
assorti d'une mention et d'un symbole communautaire est protégé
- le nom seul est réservé et protégé.
SOURCES
Conception et rédaction et réalisation : M. Antoine
MERCIER, en collaboration avec les étudiants de l'INA-PG.
Texte librement inspirés de documents émanant de
la : DGAL, l'APCA, l'AFAQ, l'AFNOR, INTERBEV et ECOCERT.
Documents déjà utilisés dans un ouvrage intitulé
"La Qualité au service de l'Agro-Alimentaire",
co-édité par le SIAL et la société
EPRIM Édition.