Présentation générale de l'année
1998
dans le secteur laitier
A
- Situation laitière mondiale
En 1998, la production mondiale tous laits confondus a été
évaluée à 557 millions de tonnes contre 549 millions
de tonnes en 1997. Depuis 1993 la progression de la production est de
5%. Le lait de vache domine largement avec 476 millions de tonnes produites.
L'Union Européenne fournit un peu plus du quart de ces quantités.
On trouve parmi les poids lourds du secteur de production de lait de
vache, outre l'Union Européenne qui collecte 113,1 millions de
tonnes, les Etats-Unis avec 70,9 millions de tonnes collectées.
La Russie et l'Inde ont respectivement produit 34 millions et 34,5 millions
de tonnes en 1997 (sources : FAO, FIL et UE).
D'après les sources de la F.A.O. et du Ministère américain
de l'Agriculture, la production mondiale de fromage pour l'année
1997 est estimée à 15,1 millions de tonnes (contre 14,9
millions en 1996 et cela représente une progression de 6% par
rapport à 1993) dont plus de la moitié provient du continent
européen, et près de 44% de l'Union Européenne
à 15.
Hors Europe, les principaux fabricants sont l'Egypte (340 000 tonnes),
l'Argentine (405 000 tonnes), le Brésil (405 000 tonnes), le
Canada (323 000 tonnes). Les Etats-Unis conservent le leadership mondial
avec 3,627 millions de tonnes.
En matière d'exportations de fromage pour l'année 1998,
un recensement des statistiques douanières nationales permet
d'estimer les échanges mondiaux, hors commerce intra-UE, à
991 000 tonnes soit 8% de la production totale. Les pays les plus actifs
restent l'Australie et la Nouvelle-Zélande avec respectivement
149 à 232 milliers de tonnes exportées, ce qui représente
respectivement 52% et 87% de leur production. Les exportations américaines
peuvent être considérées comme marginales. D'une
manière générale, les gros producteurs se consacrent
presque exclusivement à leur marché domestique ; seuls
pays de l'Union Européenne échappent à la règle.
B - Les produits laitiers dans l'Union Européenne en 1998
1 - Collecte et production (source UE-Eurostat)
La production de lait de vache dans les 15 pays de l'UE en 1997 a atteint
120,8 millions de tonnes dont 113,4 ont été collectées
par les laiteries. Les données provisoires pour l'année
1998 indiquent une production et une collecte en légère
diminution (respectivement 120,4 et 113,1 millions de tonnes).
Pour la campagne 97/98, un dépassement généralisé
(dépassement moyen de + 0,5%, dépassement de 9 Etats membres
sur 15) des quantités de référence par pays a de
nouveau été constaté.
Cinq pays ont vu leur collecte diminuer au cours de la campagne 97/98.
L'Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark (représentant respectivement
24%, 10% et 4% des quantités de référence de l'U.E.)
ont réduit leur dépassement par rapport à la campagne
précédente (dépassements respectifs pour 97/98
: +1,1%, +0,3% et +0,3%). L'Espagne (représentant 5% des quantités
de référence de l'U.E.) est passée d'une situation
de dépassement de +1,1% à une situation de sous-réalisation
de -0,7%. L'évolution des quantités collectées
en Italie (8% des quantités de référence de l'U.E)
est à considérer avec précaution. Celles-ci passeraient
en effet d'une situation de dépassement de près de 220
000 tonnes en 96/97 (soit +2,3%) à une situation de sous-réalisation
de près de 300 000 tonnes (soit -3%) en 97/98.
Neuf pays ont vu leur collecte augmenter. Le Royaume-Uni, l'Irlande
et la Belgique (représentant respectivement 12%, 5% et 3% des
quantités de référence de l'U.E.) ont accru le
dépassement déjà constaté pour la campagne
96/97 affichant respectivement +0,8%, 0,7% et +0,6% (y compris Luxembourg)
pour la campagne 97/98. Les six pays en sous-réalisation en 96/97
(Grèce, Autriche, Portugal, Suède et Finlande) ont vu
cette dernière se réduire nettement en 97/98 pour une
quantité totale de 200.000 tonnes.
Enfin, la situation de la France (21% des quantités de références
de l'U.E.) pour cette campagne 97/98 est restée identique à
celle de la campagne précédente avec une sous-réalisation
de 29 000 tonnes (soit -0,1%). L'augmentation de la collecte brute a
en effet été compensé par une diminution du correctif
matière grasse au cours de la campagne.
2 - Fabrication et consommation (source UE-Eurostat et Statistiques
nationales)
La production de fromage se stabiliserait en 1998 à 6,58 millions
de tonnes après avoir progresser de 7% entre 1994 et 1997.
Parmi les plus gros producteurs, l'Allemagne, la France et l'Italie
enregistrent des progressions de l'ordre de 1 à 2% alors que
la production des Pays-Bas chute de près de 8,5%.
La production de beurre continue de chuter mais de façon moindre
par rapport à la période 96/97 avec 1,757 millions de
tonnes évaluées en 1998 (-1% par rapport à 1997)
alors que la production de crème de consommation en laiterie
poursuit sa progression (+2% par rapport à 1997) avec 1,698 millions
de tonnes en 1998.
C - Les produits laitiers en France en 1998
1 - Collecte laitière
Avec 222,9 millions d'hectolitres, la collecte de lait de vache en 1998
est stable par rapport à l'année 1997, ce qui représente
un coup d'arrêt au léger recul observé entre 1995
et 1997 (-1,6%). Parallèlement la teneur en matière grasse
atteint en 1998 un maximum depuis 1995 en s'établissant à
42,44 g/l. Durant la période allant du mois d'avril au mois de
juillet 1998 la collecte a enregistré un recul par rapport à
la même période de l'année 1997. Ce recul s'explique
essentiellement par les mauvaises conditions climatiques du printemps.
Le prix moyen du lait payé au producteur, d'après le sondage
ONILAIT, a augmenté en 1998 de 1,7% à 1,9364 F/l contre
1,9026 F/l en 1997. Ainsi, selon les comptes prévisionnels de
l'Agriculture pour 1998, publiés en décembre 1998, le
revenu des exploitations laitières augmenterait de 12%, alors
que celui de l'ensemble des exploitations à temps complet progresserait
de 3%.
La collecte des laits de brebis et de chèvre se stabilise en
1998 par rapport à 1997 avec des volumes respectifs de 221,8
et 318,8 millions de litres.
2 - Transformation
A l'instar de l'année 1997, l'année 1998 a été
favorable à l'ensemble des produits laitiers à l'exception
du beurre en net recul. Par contre les spécialités à
tartiner, exprimées en équivalent beurre, progressent
toujours de façon spectaculaire avec 6 294 tonnes en 1998 ce
qui représente une progression de près de 56% par rapport
à 1997.
Production 1998 Evolution / 1997
Lait conditionné (1000 litres) 3 978 183 +2,4%
Yaourts et desserts frais (tonnes) 1 687 065 + 4,1%
Crème conditionnée (tonnes) 276 508 + 3,4%
Beurre (hors MGLA) (tonnes) 386 448 - 1,5%
Fromages de vache (hors fondu issu de fromage de fonte) (tonnes) 1 577
088 +1,8%
Fromages de brebis (tonnes) 46 748 -
Fromages de chèvre (tonnes) 51 540d +6,4%
Source : Enquêtes mensuelles du SCEES
Les fromages à base de lait de vache augmentent leur rythme de
croissance de fabrication qui approche les 2% sur la période
97/98. La croissance est en effet générale suivant les
familles mais ces dernières suivent des rythmes différents
:
Production 1998 Evolution / 1997
Fromage frais 532 325 +0,2%
Pâtes molles 458 353 +0,7%
PPNC 211 844 +2,0%
PPC 310 228 +5,8%
Pâtes persillées (hors lait de brebis) 37 403 +6,1%
Total fromages de vache (hors fondu) 1 577 088 +1,8%
Source : Enquêtes mensuelles du SCEES (en tonnes)
La fabrication des fromages frais semble se stabiliser en 97/98 après
une croissance 3% durant la période 96/97.
En ce qui concerne les fromages affinés, les pâtes persillées
augmentent encore leur rythme de croissance en 97/98 gagnant près
de 2% par rapport à la période 96/97. Les pâtes
molles et les pâtes pressées cuites en recul sur les périodes
95/96 et 96/97 affichent en 1998 une croissance significative. Enfin,
après un coup d'arrêt sur la période 96/97, la croissance
des pâtes pressées cuites reprend de façon spectaculaire
affichant près de 6% en 97/98. L'ensemble des fromages de vache
affinés (hors fromages frais) enregistrent ainsi une progression
de près de 2,7% en 1998 alors qu'ils étaient en recul
de près de 0,7% à l'issue de l'année précédente.
La fabrication des fromages de brebis se stabilise en 1998 et les fabrications
de fromages de chèvre persévèrent quant à
elles dans un développement supérieur à celui des
autres fromages.
3 - Consommation (source CNIEL)
D'une manière générale, la consommation humaine
apparente (1) de produits laitiers en France pour l'année 1998
progresse sauf en ce qui concerne les laits concentrés, les laits
en poudre ainsi que les desserts lactés (desserts de conserve,
crèmes glacées, glaces et sorbets) qui stagnent ou enregistrent
une légère régression.
(1) Il s'agit d'une évaluation de la consommation intérieure
apparente directe (ménages + restauration collective) et indirecte
(utilisations par les industries agro-alimentaires).
L'augmentation de la consommation totale des laits liquides est faible
(+0,4%) à l'image des fluctuations positives ou négatives
habituellement observées d'une année sur l'autre depuis
1993 pour ces produits. La consommation par habitant est stable depuis
1996. Le déclin de l'autoconsommation et des ventes directes
à la ferme se confirme (-43% depuis 1988).
Les produits frais sont tous en croissance avec une consommation de
yaourt qui s'élève maintenant à 1,152 millions
de tonnes. Parmi les produits laitiers, ce sont les produits frais qui
enregistrent la croissance de consommation par habitant depuis 1998
la plus spectaculaire (23% pour les crèmes de consommation, 19%
pour les yaourts et laits fermentés et enfin 46% pour les desserts
lactés).
La consommation totale de beurre augmente légèrement (+1%)
pour retrouver son niveau de 1988 à 490 000 tonnes. Depuis cette
même année la consommation par habitant a par contre baissé
de près de 6%.
Pour les fromages, ce sont 1,390 millions de tonnes qui ont été
consommées en France en 1998 par les ménages, les collectivités
et les industries agro-alimentaires. Cela représente une progression
de 1,5% par rapport à 1997. Il est intéressant de noter
que cette progression globale ne s'explique que par la croissance de
la consommation des fromages affinés, celle des fromages frais
stagnant. Le développement de la consommation des fromages frais
qui étaient nettement supérieur à celui des fromages
affinés en 1996 semble donc marquer le pas. Les fromages affinés
représentent ainsi près de 68% des fromages consommés.
Au regard des chiffres de production, on ne s'étonnera pas de
constater que les fabrications à base de lait de vache dominent
largement (92% de la consommation de fromage).
4 - Commerce extérieur (source CFCE-DGDDI)
Au sein d'un secteur agro-alimentaire fier d'un solde des échanges
très positif, les produits laitiers (y compris crèmes
glacées, aliments veaux, préparations alimentaires) apportent
leur contribution avec un excédent de 12,4 milliards de francs
en 1998. Cela représente cependant une chute de 10,1% par rapport
à 1997. Cette chute s'est effectuée sous l'influence d'une
augmentation sensible des valeurs à l'importation alliée
à une légère diminution des valeurs à l'exportations.
Les fromages et le lait (en poudre ou liquide) secs constituent toujours
les catégories "phares" du secteur en matière
d'exportations et représentent plus de 70% de la valeur totale
des expéditions vers l'étranger. Mais si fromages et lait
liquide sont stables (respectivement +1% et -1%), les laits en poudre
voient leurs valeurs d'exportations diminuer alors que crème,
lait infantile, yaourt et babeurre progressent. Les produits laitiers
français partent très majoritairement vers l'Union Européenne
(70% des exportations) suivie par le Proche et Moyen-Orient et le Maghreb.
Les importations françaises sont constituées à
plus de 50% par le fromage et le beurre, mais l'augmentation de la valeur
des importations est le fait de quasiment tous les types de produits
laitiers.
Les fromages français sont exportés à 77% vers
l'Union Européenne, qui représente aussi 90% des importations
de fromages (en valeur).
Principales exportations françaises
Valeurs (milliards de francs) Volume (1 000 tonnes)
Laits liquides 1,98 816
Laits secs 5,14 357
Beurre + MGLA 1,21 75
Fromages 11,86 482
Lactosérum en poudre 1,25 314
Préparations alimentaires 2,13 148
Principales importations françaises
Laits liquides 1,39 564
Beurre 2,42 114
Fromages 4,02 168
Lait concentré 0,85 118
Crème de consommation 1,22 153
Source : INAO