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Actualité
:
|
Produits
laitiers : les tendances de linnovation en 2000
Les produits laitiers retrouvent en 2000 le niveau record de 1998
avec 212 lancements. Les fromages et les ultra-frais sont très
dynamiques, le lait et les corps gras voient une diminution de leurs
propositions.
Linnovation des produits laitiers sopère sur les
courants majeurs de lalimentation : le plaisir gustatif, les bénéfices
de santé et de forme. Lauthenticité et les produits
biologiques répondent à la sensibilité dun
consommateur marqué par des besoins de réassurance et
intéressé par le naturel. Lallégement, la
valorisation des composants actifs du lait, vitamines et oligo-éléments,
confortent les produits laitiers sur la santé. La praticité
sexprime par des conditionnement mieux conçus pour sadapter
aux consommations individuelles, aux prises alimentaires hors repas
Evolution du nombre dinnovations
|
|
1998
|
1999
|
2000
|
| Laits
et boissons lactées |
18
|
12
|
13
|
| Beurre |
14
|
7
|
8
|
| Autres
matières grasses |
6
|
1
|
6
|
| Crèmes |
10
|
6
|
6
|
| Fromages
(dont frais salés) |
82
|
62
|
87
|
| Ultra-frais |
71
|
45
|
84
|
| Yaourts |
24
|
21
|
39
|
| Fromages
frais |
32
|
10
|
21
|
| Desserts
frais |
15
|
14
|
24
|
| Autres
produits à base de produits laitiers |
20
|
11
|
8
|
| TOTAL |
221
|
144
|
212
|
Source
Cidil / Cidinov
Les fromages, en tête de linnovation
Avec 87 nouveautés, les fromages créent, pour la troisième
année consécutive, le plus dinnovations, dépassant
le record établi en 1998, précédente année
SIAL. Les pâtes molles sont toujours les plus innovatrices avec
17 créations, suivies par les spécialités fromagères,
14 produits, puis par les pâtes fraîche et les chèvres,
11 nouveautés chacune. Le rayon libre service accueille une large
majorité de nouveaux fromages, 72 contre 13 pour le rayon coupe,
5 sont destinés aux deux rayons, et 7 à la restauration
hors foyer. Les fromages jouent le plaisir pour plus de 90 % dentre
eux, par la diversité des goûts -mini-plateaux sélections
de saveurs-, par la variété des textures et des
laits, -9 au lait de brebis, 11 au lait de chèvre-, par la variété
des aromatisations et des ingrédients -pâtes fraîches
aux légumes aux poivrons, aux fines herbes . La commodité
dusage, le second axe de développement, est portée
par les fromages du libre-service, elle concerne près dune
nouveautée sur deux. Les emballages rigides assurent la protection,
les mini-caves daffinage favorisent lévolution des
produits, les plateaux coulissants une meilleure présentation
des textures les plus fragiles ; les emballages individuels, tels que
les gourdes pour les sacs décoliers, sadaptent aux
jeunes; Lauthenticité, expression forte de la personnalité
des fromages, est une promesse de progression sans doute en réaction
aux inquiétudes des consommateurs sur lalimentation, elle
est portée par près dun nouveau fromage sur deux.
Lorigine des produit rassure comme les signes de la tradition,
du naturel et du rustique. Près dun nouveau fromage sur
trois répond à la diversité de la consommation,
aussi bien en fin de repas quen salade, en plat principal quà
la cuillère et en tartines. Lautonomie et la mobilité
favorisent les consommation individuelles, les conditionnements individuels
devenant plus nombreux, ils sont aussi plus pratiques et plus décor
telles les mini-barquettes et les coupelles. La naturalité, concrétisée
par les fromages issus de lagriculture biologique ou raisonnée,
est en progression assez affirmée, avec cette année 9
nouveautés contre 2 précédemment, essentiellement
des pâtes molles.
Les ultra-frais reviennent en force
Après la pause de 1999 avec 45 nouveautés, les ultra-frais
talonnent les fromages, 84 produits ont été lancés,
dépassant le niveau record de 71 en 1998. Les yaourts et les
desserts frais, respectivement 39 et 24 produits, sont très dynamiques,
les fromages frais sont en retrait avec 21 produits nouveaux. Linnovation
de la famille est concrétisée par lassociation très
réussie et très appréciée du plaisir et
de la santé, soit que manger passe par la promesse de santé,
soit quau plaisir sajoutent le sain et la satisfaction de
se faire du bien. Ainsi le plaisir resta la tendance majeure des nouveaux
produits ultra-frais. Ils séduisent par ladjonction de
morceaux ou de pulpe de fruits dans les yaourts et les fromages frais,
par des arômes de thé, de menthe, par la gourmandise de
duos de fruits, par lajout de miel dans les yaourts à la
grecque. Les desserts adoptent eux aussi les fruits pour les clafoutis,
les charlottes aux poires et aux fruits rouges. La santé, axe
fort du développement des ultra-frais, est portée par
près dun nouveau produit sur deux. Les fromages frais y
sont bien représentés, avec 15 innovations sur 21, 14
fromages frais jouent lallégement, sans perdre de leur
attrait grâce aux fruits, aux plantes, à lonctuosité
de la texture des petits suisses, à la fraîcheur des mousses.
Près dun nouveau yaourt sur deux est allégé.
La santé active se confirme par lélargissement des
gammes au bifidus, par lajout de céréales, de vitamines,
de calcium, par des produits destinés aux enfants et aux seniors.
Elle concerne un yaourt sur trois et un fromage frais sur quatre. La
naturalité explose avec 18 nouveautés contre 3 lan
passé, valeur de réassurance du consommateur : 4 yaourts,
4 fromages frais, 4 desserts sont issus de lagriculture biologique.
Lauthenticité est toujours revendiquée par les desserts,
12 sur 24, inspirés par les recettes traditionnelles, ils se
présentent en moules métalliques, en pots de grès,
en ramequin.
Le beurre se renforce sur le plaisir
Malgré une forte progression des propositions par rapport à
lan passé -14 innovations- les corps gras ne retrouvent
pas leur niveau de 1998 -20 nouveautés- : 8 nouveaux beurres,
2 matières grasses mixtes et 4 margarines ont été
lancés en 2000. 10 produits sur 14 valorisent la finesses des
beurres de baratte, la texture tendre des beurres, la saveur des sels
de mer, les mixtes à tartiner. Les beurres se positionnent en
premier lieu sur le plaisir. La commodité dusage est présente
pour 8 produits. Les conditionnements et grammages sadaptent à
la taille des foyers, aux modes de consommation : plaquettes de 125g,
mini-beurriers, pot rond passant directement sur la table. Lauthenticité
concerne 5 innovations, dont les beurres de baratte et AOC, elle sexprime
également par lajout de sel de mer dappellation -Noirmoutier-
ou de crème normande. 2 matières grasses mixtes et 2 margarines
saccaparent la promesse santé par lallégement
et par la teneur en vitamines. Pour une margarine, son action anti-cholestérol
en fait le premier aliment actif, revendiquée pour la prévention
du cardio-vasculaire.
Le lait et les boissons lactées, le succès de la couleur
13 nouveaux laits et boissons lactées ont été lancés
en 2000 : 8 boissons lactées aromatisées, 3 laits enrichis
et 2 laits de croissance. La santé, le plaisir et la praticité
sont 3 axes privilégiés avec 8 nouveaux produits. Le plaisir
est exprimé soit par laromatisation classique, vanille
ou fraise, soit plus sophistiquée avec les arômes de plantes,
de menthe, de citron, des jus de fruits ajoutés ou la saveur
du chocolat noir. La santé est très présente :
6 produits sont allégés, 7 laits se positionnent sur la
santé active : 2 laits de croissance, 3 laits enrichis, 2 laits
aux Omega 3 et 1 lait enrichi à la vitamine D pour une meilleure
assimilation du calcium, 1 lait apporte des fibres. Ainsi le lait, produit
de santé, complète et enrichit ses effets par une sophistification
de ses caractéristiques, de ses composants. La commodité
est apportée par loffre des petits conditionnements, 20
cl et 50 cl, en facilitant lusage pour les petits consommateurs
et la consommation en snack ambulatoire. 4 nouveaux laits sont destinés
aux enfants, lait de croissance, lait aromatisé en briquette
et lait aux céréales pour le petit-déjeuner. La
naturalité est en repli cette année avec un seul lait
de croissance biologique.
La
crème : plaisir de la saveur et naturalité
La crème propose 6 nouveautés, comme en 1999. Toutes les
nouveautés promettent le plaisir par la saveur, lonctuosité
de la crème entière, la fraîcheur des crèmes
légères. La praticité des petits conditionnements
est devenue le standard, que ce soit en pots, en briquettes, en mini-bouteilles,
tous refermables. La naturalité progresse, portée par
2 crèmes issues de lagriculture biologique et 3 crèmes
fraîches. 3 nouvelles crèmes sont allégées,
2 crèmes extra-légères à 8 % de MG et une
à 12 % MG.
Les
promesses de linnovation
En 2000, le consensus du plaisir se confirme. La praticité
devient une norme bien installée. La santé confirme sa
place comme besoin du quotidien des consommateurs. Les valeurs qui permettent
au consommateur de se rassurer et de réactiver sa confiance en
cette période de crise, lauthenticité, la naturalité
sont en progression. Les promesses des produits sont multiples : 40
% des innovations se situent sur 2 axes, 35 % sur 3, répondant
pour le mieux aux pratiques et modes de fonctionnement mentaux du consommateur
toujours à laffût et réactif dans sa recherche
de satisfaction.
|
Plaisir
|
Santé
|
Santé
active
|
Santé
passive
|
Praticité
|
Diversification
|
Naturalité
|
Authenticité
|
Enfants
|
RHF
|
Nbre
de produits
|
|
Lait
|
8
|
8
|
7
|
6
|
8
|
5
|
1
|
1
|
4
|
0
|
13
|
|
Corps grs
|
11
|
4
|
1
|
3
|
8
|
1
|
3
|
5
|
0
|
2
|
14
|
|
Crème
|
6
|
3
|
0
|
3
|
6
|
0
|
4
|
1
|
0
|
0
|
8
|
|
Fromages
|
80
|
4
|
0
|
4
|
41
|
28
|
9
|
38
|
4
|
7
|
87
|
|
Ultra-frais
|
75
|
35
|
15
|
31
|
8
|
9
|
18
|
18
|
6
|
0
|
84
|
|
* Yaourts
|
34
|
18
|
11
|
15
|
7
|
8
|
8
|
5
|
3
|
0
|
39
|
|
* Fromages
frais
|
17
|
15
|
4
|
14
|
0
|
1
|
4
|
1
|
2
|
0
|
21
|
|
* Desserts
|
24
|
2
|
0
|
2
|
1
|
0
|
6
|
12
|
1
|
0
|
24
|
|
Diversification
|
8
|
2
|
0
|
2
|
8
|
6
|
0
|
0
|
1
|
0
|
8
|
|
TOTAL
|
188
|
56
|
23
|
49
|
79
|
49
|
35
|
63
|
15
|
9
|
212
|
Le plaisir, valeur dominante
Dimension majeure de lalimentation elle lest également
pour les produits laitiers. 90 % des produits laitiers saffirment
porteurs de plaisir par la diversité et la sophistification des
textures, des ingrédients, des arômes : boissons lactées
aux extraits de plantes, fromages à la fleur de sureau en fins
copeaux, yaourts à la grecque sur lit de cerises, viennois au
coeur de chocolat fondant. Les fruits apportent )à la fois la
couleur, la variété de leurs goûts, la présence
de la nature, la gourmandise et lenvie dessayer. Ladjonction
des fruits renforce la promesse de nature, de fraîcheur et la
sophistification, liée aux saisons.
La praticité, omniprésente
Elle sexprime par les conditionnements qui assurent la protection
et lintégrité du produit, ainsi que la facilité
à ouvrir et à refermer. Au-delà de lesthétique,
la présentation du produit promet de bonnes conditions dhygiène
et dappétence. La praticité permet au nouveau produit
dentrer de plein pied dans les modes de consommation modernes.
Le consommateur sorientant de plus en plus vers une recherche
de produit-solution, une réponse toute prête
à chaque occasion de consommation. Ainsi les conditionnements
évoluent dans deux directions non dissociables : une première
liée à la toujours meilleures présentation esthétique
et à lhygiène du produit, première condition
de lappétence et de la réussite, une deuxième
liée à la segmentation toujours plus grande sur les fonctions,
les cibles et les usages. Lindividualisation des goûts et
pratiques de consommation venant stimuler le besoin de diversité.
Lauthenticité, une réponse à linquiétude
Le consommateur est à la recherche de produits auxquels il peut
accorder sa confiance : parmi les codes aptes à la véhiculer
sinscrit lauthenticité, 30 % des innovations, en
progression par rapport aux 24 % de 1999. Garantie dorigine, produits
de terroir, recettes traditionnelles rassurent implicitement sur la
matière première et sur le processus de fabrication éprouvé
par le temps et lexpérience et sont garants de la qualité
gustative des nouveaux produits laitiers. Lauthenticité
est le terroir favori des fromages, 44 % des produits contre 37 % en
1999 et 50 % des desserts frais.
La naturalité, dans le contexte de la crise alimentaire
En léger repli en 1999, la promesse de naturalité reprend
de la vigueur : le nombre dinnovations passe de 15 à 35.
Les produits issus de lagriculture biologique et de lagriculture
raisonnée soutenus par les consommateurs adeptes des nouveaux
process de production représentent 11 %. Le consommateur recherche
une garantie plus grande dans une production plus naturelle et plus
proche de ses conceptions. Les ultra-frais sont les premiers à
répondre à cette demande, sur 18 produits revendiquant
la naturalité, 12 sont bio. La deuxième famille concernée
est celle des fromages avec 8 spécialités issues de lagriculture
biologiques. La crème est également présente avec
2 crèmes biologiques.
La santé, allégement et enrichissement
Elle concerne un produit laitier sur quatre soit 25 % du développement
sur deux axes, lallégement ou santé passive, la
santé active par lapport de vitamines, doligo-éléments,
de fibres et de promesses de forme. Sil est attiré par
la promesse de plaisir, le consommateur souhaite néanmoins limiter
les dégâts de sa gourmandise par lallégement,
raison ou alibi, près dun nouveau produit laitier sur quatre
est allégé. De plus en plus de fromages frais et de yaourts
sont allégés. Les yaourts allégés sont presque
tous aux fruits. Les fromages continuent de rester à lécart
: 4 sont light. 23 % des nouveaux produits laitiers se réfèrent
à la promesse de santé passive, en forte progression par
rapport aux 15 % de lan passé. La santé active concerne
11 % des innovations. Elle est essentiellement présente dans
7 nouveaux laits, enrichis ou avec teneur garantie en vitamines, oligo-éléments
ou Omega 3, dans 11 yaourts, au bifidus, au casei, enrichis en vitamines,
en calcium, en fibres.
La diversification des occasions de consommation
Les produits laitiers cherchent à être présents
à chaque moment de la journée : les fromages à
lapéritif, à la fin des repas, au cours des repas,
le lait au petit déjeuner, au goûter. Les prises alimentaires
hors repas et la simplification du repas sont devenues, surtout pour
les fromages, lorigine dune innovation importante. Les ultra-frais
et le lait exploitent la tendance de la modernité alimentaire
qui touche tous les âges. Les occasions et les caractéristiques
des prises sont liées aux situations, elles-mêmes très
fluctuantes et difficiles à appréhender doù
une exploitation encore délicate de cette direction dinnovation.
Les produits pour enfants
Moins nombreux, 15 cette année, les nouveaux produits laitiers
pour enfants représentent 7 % dinnovation. Quatre laits,
quatre fromages, six ultra-frais et un goûter complet répondent
à leurs besoins ou à leurs amusement. Les fromages en
particulier tentent dinvestir le goûter et les petits creux
dautant plus légitimement que les produits laitiers sont
préférés par les mères aux friandises grasses
et sucrées. Le produit devant alors avoir une personnalité
en phase avec lunivers de sensibilité et de goûts
de lenfant.
Les
achats des produits laitiers des français
Légère désaffection des consommateurs français
pour le lait liquide et les produits frais au troisième trimestre
de lan 2000, selon les panels Secodip. En revanche, le chiffre
daffaires de ces différents segments de marché a
progressé, grâce à une légère hausse
de prix.
Au troisième trimestre 2000, les achats de lait liquide ont continué
à décliner en volume (2,3 %) en France, note le panel
Secodip. Toutefois, compte tenu dune progression des prix de 3,3
% jusquà 3,92 F le litre, le chiffre daffaires de
ce secteur progresse très légèrement. En effet,
le lait UHT demi-écrémé, mastodonte
du marché puisquil en représente les trois quart,
a reculé de 2,5 % en volume, mais son CA est resté stable
puisque son prix moyen a progressé de 3,3 %.
On boit moins de lait
Cette baisse de la consommation de lait UHT sexplique par une
préférence dachat légèrement moins
élevée (0,3 %) et, surtout, par une baisse de 3 % du panier
moyen, qui ne dépasse plus 31 litres sur le trimestre. Le taux
de pénétration, cest à dire la proportion
de consommateurs ayant acheté au moins une fois du lait UHT,
demeure stable, à 78 %. En cumul sur les trois premiers trimestres
de lannée, les achats de lait UHT ont reculé de
4,1 % en volume et de 0,7 % en valeur. Les laits infantiles (qui pèsent
pour moins de 0,5 % du marché), ont reculé de 4 % en volume,
mais ont progressé de 1,3 % en valeur grâce, là
encore, à une augmentation des prix, jusquà 11 F
le litre. Les laits enrichis, qui représentent 4 % du marché,
sont stables en volume mais ont augmenté de 4 % en valeur, puisque
les prix unitaires ont atteint 5,12 F le litre sur ce segment de marché.
En fait, parmi les différents types de lait liquide, seuls les
laits aromatisés tirent leur épingle du jeu, avec une
hausse de 11,8 % en valeur, mais ils ne représentent que 1 %
du marché. Au total, grâce aux deux premiers trimestres
bien orientés, note le panel, les laits spécifiques (hors
UHT blanc demi-écrémé) ont réussi
à progresser sur neuf mois, tant en volume quen valeur,
et ce pour les trois variétés, laits infantiles, laits
enrichis et laits aromatisés. Parallèlement, le lait frais,
qui ne représente plus que 4,4 % du lait consommé en France,
(soit à peine autant que le lait infantile !), continue de reculer,
avec une baisse de 9 % en volume et de 7,2 % en valeur. Le niveau moyen
de consommation a reculé de 5,5 %, à 16,3 litres par consommateur,
un consommateur qui devient un oiseau rare : seulement 8,7 % des adultes
ont bu du lait frais au cours de cette période. Au total, sur
les neuf premiers mois de lannée, les achats de lait frais
ont reculé de 4,2 % en volume et de 2,5 % en valeur. Le panel
Secodip note au passage, dans une analyse rapide du conditionnement
du lait, que la bouteille plastique a le vent en poupe. Les achats de
lait en bouteille ont progressé de 2,1 % en volume et de 5,7
% en valeur, tandis que le lait en brique reculait de 3 % en volume.
Toutefois, la brique demeure un poids lourd du conditionnement du lait
en France, avec une part de marché de 80,3 %. La très
chic bouteille de verre ne représente que...0,3 % des ventes.
Le hard discount se maintient
Les hypermarchés et supermarchés, hors hard discount,
écoulent toujours les quatre cinquième du lait liquide
vendu en France ; 79,5 % au troisième trimestre, exactement,
avec une part de marché de, respectivement, 45 % et 34,5 %, contre
15 % pour le hard discount. Les hypermarchés écoulent
proportionnellement davantage de lait spécifique, tandis
que le hard discount ne représente que 5 % des ventes de lait
frais, abondamment vendu chez les petits commerçants. Seul le
hard discount a résisté au recul général
de la consommation de lait en France. Les achats ont diminué
de 1,2 % en hypermarchés, de 4,3 % en supermarchés, et
de 7,3 % dans les supérettes. Dressant un hit parade des régions,
le panel Secodip a constaté que le Sud Ouest a nettement plus
boudé le lait liquide de consommation que les autres régions,
lors du troisième trimestre ; le volume vendu y a reculé
de 7,8 %. Le Centre ouest a aussi enregistré une baisse des
ventes de 4,3 %, et louest de 3,7 %. Partout ailleurs, les ventes
ont enregistré un recul modéré, à lexception
de lEst, où la consommation de lait liquide a augmenté
de 2,1 %.
Les ultra-frais sessouffle aussi
Dans le marché des ultra- frais, même profil ; le panel
Secodip constate que les ventes sont en très léger repli
en volume, de 0,8 %, ce qui nempêche pas le chiffre daffaires
de progresser de 3,4 %, en raison dune hausse des prix moyens
de 4,2 %. Globalement, le taux de pénétration des ultra-frais
demeure stable, à un niveau extrêmement élevé,
puisque seulement 2,5 % des Français nont jamais mangé
de produits ultra frais au cours de ce trimestre. En revanche, le volume
moyen par acheteur a reculé de 1,2 % ; en un trimestre, un Français
remplit onze fois son panier de produits frais, pour un volume total
de 19,1 kilos. Segment par segment, le panel constate que les achats
de yaourts ont perdu 1,6 % en volume au troisième trimestre mais
ont gagné 1,2 % en valeur. Les yaourts blanc, cest
à dire tout simple, sans fruits, qui représentent
un petit tiers de ce segment, sont stables. en fait, la progression
de 6,6 % des yaourts au lait entier compensent le recul de 5,1 % des
yaourts ordinaires non sucrés. Le nombre dacheteurs de
yaourts blancs diminu, mais le volume moyen consommé par acheteur
augmente dans des proportions équivalentes.
Bon temps pour les yaourts allégés
Pour leur part, les achats de yaourts non blancs, qui représentent
un gros tiers du marché, ont perdu 8,2 % en valeur, en raison
à la fois dune relative désaffection des acheteurs
(2,4 % en moins). A lexception des yaourts brassés aux
fruits, en hausse de 17,9 %, toutes les variétés de ce
segment sont en retrait. Les arômatisés reculent de 17
% et les yaourts aux fruits au lait entier de 1 %. Parallèlement,
les ventes de yaourts à boire et milk shakes (2,6 % des ventes
totales) sont plutôt atones. Seule consolation, les yaourts allégés,
qui représentent le cinquième du marché, ont progressé
de 5,3 %, un dynamisme entièrement lié aux allégés
aux fruits, en hausse de 11 %. Comme ces derniers représentent
environ le tiers de ce segment, le panel Secodip en déduit quils
disposent encore dune notable marge de progression. Les yaourts
probiotiques, à lexception des bifidus, en repli, augmentent
eux aussi, mais plus modestement, de 4 % en valeur, grâce aux
produits en fioles, tels que Actimel et Yakult.
Les desserts frais en vogue
Le panel Sécodip note aussi que les achats de fromages frais
sont stables en volume et que leur chiffre daffaires a gagné
5,6 % lan dernier, en raison dune progression de pâtes
douces, et malgré le repli de 3,1 % des petits suisses, tant
nature que aromatisés. La progression
des fromages blancs provient exclusivement de la hausse de 18 % des
volumes daromatisés, qui ne représentent toutefois
encore que 16 % des volumes. Par ailleurs, les achats des desserts frais
progressent en volume comme en valeur, de 0,7 et de 5,6 % respectivement,
grâce, là encore, à une hausse du prix unitaire,
aux alentours de 18,74 francs le kilo en moyenne. Le panel constate
que la clientèle des desserts frais est stable, de même
que son niveau de consommation. Parmi les desserts frais, on constate
que le segment le plus dynamique est celui des entremets, qui représente
16 % du volume total du marché, dont la progression dépasse
les 8 %. Les entremets continuent de recruter de nouveaux acheteurs,
et de niveau moyen de consommation dépasse désormais les
1,9 kilos en moyenne. Les desserts pâtissiers, qui représentent
toujours un segment assez marginal, équivalent à 1,3 %
en volume du marché, ont nettement reculé, de 22 %. Les
flans nappés, mousses et gélifiés sans crème
ne sont, quant à eux guère mieux lotis.
Les achats de fromage des français
Les panels Nielsen montrent une stagnation des achats de fromages
par les ménages français au cours des trois premiers trimestre
2000, par rapport à la même période de 1999. Principalement
touchées : les pâtes molles. Leur recul de 2 % pèse
lourd, étant donné que ce segment représente plus
de la moitié du volume consommé dans lhexagone.
Heureusement, fromages fondus et pâtes fraîches font de
la résistance.
Le marché français des fromages a atteint lan dernier
un plateau (eh oui, nous avons osé !) ; au cours des neuf premiers
mois de lannée, les achats ont progressé en volume,
mais de seulement 0,5 %, à 685 000 tonnes, par rapport à
la même période de 1999. Cest grâce, plutôt,
à une amélioration des prix que le chiffre daffaire
à progressé de 3 %, à 35,05 milliards de francs.
Sur ce total, on constate que les pâtes molles représentent
plus de la moitié des volumes achetés, soit environ 61
% du total en volume et 55 % en valeur.
Lessoufflement des pâtes molles a pesé sur la
conjoncture
Hors circuit du hard discount (fort denviron 3 milliards de francs),
le son de cloche est un peu différent : pour les fromages français,
le marché a reculé de 0,2 % en volume et la hausse en
valeur nest plus que de 2,3 %. En effet, les achats des pâtes
molles, qui, hors discount, représentent aussi 61 % des volumes
achetés et 55 % du chiffre daffaires, ont subi une baisse
de 2,2 %. Les pâtes pressées non cuites ont aussi reculé
de 2 %. Les segments les plus dynamiques sont les fromages fondus et
les pâtes fraîches, qui représentent ensemble 13
% des volumes vendus en France et augmentent respectivement de 4,2 %
et de 5,6 %. En valeur, la progession de lensemble des segments
du marché du fromage atteint 2,6 %, grâce aux pâtes
pressées cuites, aux pâtes fraîches et aux fondus,
malgré un fléchissement général de 1,6 %
au troisième trimestre. Analysant plus finement lévolution
des ventes suivant les circuits de distribution, Nielsen constate que
seuls les hypermarchés de moins de 6500 m2 et les supermarchés
de plus de 1200 m2 enregistrent une progression de leurs ventes de fromages
sur cette période, de respectivement 1,9 % et 1,8 %. En effet,
ils peuvent accroître leurs surfaces et développer facilement
leurs assortiments. Les circuits les plus en difficulté sont
les supermarchés de moins de 1200 m2 (-5,6 %) et les supérettes
& magasins traditionnels (-2,9 %). Ce déclin est imputable
aux fermetures de magasins. Les ventes de fromages dans les hypermarchés
de plus de 6500 m2 perdent aussi 0,7 %.
Le rayon coupe saffaiblit, tous segments confondus
A lintérieur du marché total des fromages, comment
sest comporté le rayon de fromages à la coupe
en grandes surfaces durant cette période ? Les ventes y ont poursuivi
leur recul, avec une chute de 4,4 % en volume, soit 5 864 tonnes. Cette
chute saccélère même au troisième trimestre
pour atteindre 5,6 %. En valeur, la baisse natteint que 0,6 %,
presque intégralement en raison du recul des pâtes molles.
Grâce à la résistance des prix, la situation se
stabilise pour le segment le plus important, les pâtes pressées.
Les ventes à la coupe recuent surtout dans le circuit des supermarchés
(8,3 %), tandis quelles progressent de 2,6 % dans les hypermarchés
de plus de 6500 m2. Parmi les ténors du rayon coupe, on peut
se demander pourquoi les pâtes pressées non cuites ont
tellement reculé, de 4,2 % en volume, sur les neuf premiers mois
de lannée ? Ce sont les raclettes et les fromages dAuvergne,
qui ont tiré lensemble de ce segment vers le bas, Nielsen.
Seuls les fromages des Pyrénées et les reblochons progressent
aussi dans ce segment. Les pâtes pressées cuites accusent
une baisse équivalente, de 4,4 %, en raison du KO debout subi
par lEmmental (10,1 % de baisse des ventes en volume). Les pâtes
molles sont aussi en difficulté, puisque leurs ventes au rayon
coupe reculent de 6,2 % à lexception des croûtes
lavées A.O.C. et des fromages de brebis (respectivement + 0,1
% et + 11,6 %). Dans le segment des pâtes persillées, seul
le roquefort tire son épingle du jeu, avec une progression de
0,7 %, tandis que les fromages de chèvres baissent de 1,7 %.
Les pâtes fraîches, elles, stabilisent leurs volumes grâce
à la feta (+ 4 %) et aux autres pâtes fraîches (+13,4
%).
Le libre-service résiste mieux, grâce aux pâtes
pressées cuites
Le rayon libre-service gagne en revanche 0,9 % en volume, aux environs
de 450 000 tonnes, malgré une quasi stagnation en volume, (0,1
% de hausse) au troisième trimestre. Ce sont les pâtes
pressées cuites qui contribuent le plus à lévolution
positive du rayon (+ 2,1 %), alors que le segment des pâtes molles
est le seul à reculer (- 1,7 %). En valeur, lensemble des
segments progresse, en moyenne, de 3,7 %, les pâtes fondues et
les pâtes fraîches enregistrant les meilleures performances,
avec une croissance de presque 8 %. En libre-service, tout comme pour
lensemble du marché du fromage, ce sont les hypermarchés
de moins de 6500 m2 et les supermarchés de plus de 1200 m2 qui
affichent en volume les résultats les plus probants : respectivement
2,8 % et 4,2 % de progression, grâce essentiellement au dynamisme
de leurs ventes dans les segments des pâtes pressées cuites.
En valeur, la grande distribution progresse nettement dans les trois
grands segments que sont les pâtes pressées cuites (8 %
environ), les pâtes molles (5,4 % pour les hypermarchés
et 7,4 % pour les supermarchés) et les pâtes pressées
non cuites (4 % et 7,3 % respectivement). Nielsen sest aussi concentré
sur lévolution au troisième trimestre du marché
des fromages, sans tenir comte des produits allégés et
du hard discount. On constate alors une perte de 3 % en volume du camembert,
les camemberts pasteurisés, qui représentent près
trois quart du marché, reculant pour leur part de 4,2 %, tandis
que les camemberts au lait cru restaient presque stable. Les coulommiers
reculent encore plus, de 6,7 %. Enfin, les ventes de bries saccroissent
de 4,4 %, grâce à la dynamique des bries pasteurisés
de plus de 500 grammes.