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Actualité
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Comment
répondre au consommateur aujourdhui ?
Dans la série des petits-déjeuner organisés
par la Sopexa, celui du 14 décembre 2000 était consacré
à la sécurité alimentaire, sur le thème
: Etre bien dans son assiette, à lapproche du réveillon
de lan 2000, comment dépasser les peurs alimentaires ?
Des intervenants appartenant à des horizons différents
ont analysé les comportements alimentaires humains et la symbolique
de lacte de manger (beaucoup moins simple quil ny
paraît), les peurs alimentaires, la fonction de laliment,
etc. Il nous a semblé intéressant de restituer dans cette
lettre dinformation lexposé de lun deux
: Monsieur Gérard MERMET, sociologue, auteur de Francoscopie
2000 :
Les répercutions des bouleversements sociaux
Notre société connaît des changements dont nous
sommes à la fois les témoins et les acteurs : mondialisation,
compétition accrue, mobilité extrême dans le monde
réel et virtuel, accélération dans lévolution
des mentalités. Ces changements sont des facteurs anxiogènes.
Ainsi, le changement le plus important, laccroissement de lautonomie
de chaque citoyen, est une source dangoisse potentielle - chacun
doit prendre des décisions et gérer son propre destin.
Cette anxiété entraîne une demande de sécurité
accrue dans tous les domaines. Dans le domaine alimentaire, lexigence
de sécurité est particulière : laliment est
ingéré, il a donc une incidence sur nos fonctions vitales.
Lattachement à la santé est très fort : lhomme
a toujours eu un désir dimmortalité, autrefois religieux,
aujourdhui scientifique, puisque nous considérons que notre
espérance de vie doit dépasser le siècle. Dans
ce contexte social bouleversé, la bonne santé revêt
une importance particulière : elle nous permet dêtre
efficace dans tous les domaines de la vie quotidienne. Les Français
sinterrogent donc légitimement sur le contenu de leur assiette.
Selon moi, leur irrationalité nest pas aussi développée
quon le dit et parler de psychose est excessif. En effet, les
sondages montrent que les Français sont conscients des progrès
accomplis dans le domaine alimentaire. Mais la Science est perçue
comme ambivalente. Dans lEcclésiaste, on peut lire que
celui qui accroît sa science accroît sa douleur. Mais le
vrai problème, en terme de communication, est que la Vérité
est introuvable. Comment faire la part des chose entre deux présumés
experts qui donnent des informations contradictoires ? Devant cette
lacune, le bon sens lemporte et le Français sapplique
à lui-même le principe de précaution. En outre,
si on imagine une échelle des risques appliquée à
la crise de la vache folle, il apparaît que le risque est perçu
comme maximal puisquil est à la fois invisible, différé,
artificiel, grave et définitif.
Quelles réponses apporter au consommateur ?
La traçabilité représente un élément
de réponse important. Elle permet de réduire la distance
instaurée entre le consommateur et le produit. La pédagogie
constitue un autre type de réponse. Les consommateurs sont de
plus en plus exigeants mais également de plus en plus compétents.
Il faut donc fournir, lorsquelles existent, des informations à
ces consommateurs avides de comprendre. Dans la hiérarchie de
crédibilité dont sont investis les acteurs de la chaîne
alimentaire, les scientifiques sont les mieux placés, suivis
par les agriculteurs, éleveurs et producteurs. Les pouvoirs publics,
eux, arrivent en dernier. Par ailleurs, il conviendrait de mettre en
place une stratégie de communication efficace afin dexpliquer
au consommateur la différence entre gestion et prévention
du risque : retirer des produits potentiellement dangereux représente
une prévention et non une gestion de crise. Il serait également
salutaire déviter les communications et gesticulations
inutiles. Je pense aux hommes politiques dégustant un steak face
à la caméra. Enfin, il sagit de répondre
réellement aux questions que se posent les Français. Le
discours scientifique doit être synthétisé, afin
dêtre accessible et clair. Pendant la crise du poulet à
la dioxine, on a assisté à un développement de
lirrationnel chez les consommateurs. Cependant, les explications
rassurantes existaient mais nont été délivrées
ni par les scientifiques ni par les pouvoirs publics. Or il ne faut
pas éviter de rassurer les consommateurs lorsque cela est possible,
au nom dun principe de précaution poussé à
son paroxysme. En conclusion, communiquer efficacement auprès
dune population rationnelle implique la mise en oeuvre de cinq
principes appliqués à lalimentation : innocuité,
précaution, progrès, pédagogie, vertu. Jinsisterai
sur cette notion de vertu, laquelle comprend une double acceptation
étymologique : vérité et courage.
Usages
et attitudes des consommateurs
à légard du fromage de chèvre
Dans lobjectif de déterminer des axes de communication
pertinents pour sa prochaine campagne, LANICAP (Association nationale
interprofessionnelle caprine) a fait réaliser par lagence
Repères, une étude sur les usages et attitudes
des français à légard du fromage de chèvre.
Lagence a interrogé, au moyen dun questionnaire,
un échantillon de 600 individus consommateurs de fromage, âgés
de 20 ans et plus, représentatif de la population française.
Les interviews ont été réalisées en décembre
2000. Principaux résultats de cette étude.
Par rapport aux autres catégories de fromages.
- En termes de pénétration sur les 12 derniers mois,
par rapport aux autres catégories de fromages, le chèvre
vient en 4ème position avec un taux de 81 %, après les
pâtes cuites et les croûtes fleuries. Sa consommation est
plus ponctuelle.
- Pour un repas quotidien, le fromage de chèvre apparaît
comme le 3ème fromage présent sur un plateau, après
les croûtes fleuries et pâtes cuites. Pour un repas exceptionnel,
il est en 2ème position derrière les croûtes fleuries.
- En termes de présence à lesprit, le fromage de
chèvre sinscrit en 4ème place à égalité
avec les pâtes molles à croûte lavées avec
6 % de citations spontanées en premier, loin derrière
les pâtes molles à croûtes fleuries (45 %), les pâtes
pressées cuites (16 %), les pâtes pressées non cuites
(11 %) et les pâtes persillées (9 %).
- En termes dimage, les fromages les mieux perçut sont,
sur une échelle de 0 à 10 : les croûtes fleuries
(7,9) et les pâtes pressées (7,8) ; ils se caractérisent
par un positionnement à la fois haut de gamme et accessibles
à tous pour tous les jours. Le chèvre, jugé haut
de gamme mais moins accessible, obtient une appréciation de 7,0.
Évaluation approfondie du fromage de chèvre :
Dans limaginaire des consommateurs, la fabrication du fromage
de chèvre nest pas localisée dans une région
en particulier et ses conditions sont pour la majorité, très
artisanales (petites exploitations, chèvres en liberté
et en plein air, beaucoup de soins de la part de léleveur..).
Concernant la fréquence de consommation : 37 % consomment régulièrement
le fromage de chèvre (1 fois par semaine au moins). La majorité
sont des consommateurs occasionnels (30 % au moins 1 fois par mois et
14 % 1 fois tous les 3 mois). Pour les consommateurs, le fromage de
chèvre est apprécié pour son goût, sa consistance,
ses formats adaptés et sa valeur santé : les non-consommateurs
le rejettent pour son goût fort et sa consistance pâteuse.
Notoriété et consommation des différents fromages
de chèvre
En spontané, les noms les plus cités sont : Chavroux (41
% de citations), Chavignol (31 %) et Saint-Maure (16 %). Sur présentation
de photos, les bûches et les crottins sont les mieux connus (93
% et 91 %) mais leurs taux de pénétration restent moyens
(31 % et 42 %). Parmi les autres variétés, les chèvres
AOC sont connus (notoriété 76 %) mais peu consommés
(taux de pénétration 21 %).
Un réel potentiel existe
Il existe un réel potentiel de développement de la consommation
de fromage de chèvre. Une action est à envisager auprès
des consommateurs occasionnels :
- en termes dimages : la communication pourrait sappuyer
sur la diversité des variétés de fromages et sur
la chèvre dont les conditions délevage sont imaginées
très naturelles.
- en terme daccessibilité, de quotidienneté, et
doffre produit la plus étendue possible.
Des
professeurs de médecine reconnus défendent
la
cause des fromages au lait cru.
Suite aux différentes crises quont connus les fromages
au lait cru, les producteurs de fromages traditionnels se sont regroupés,
il y a un an, pour créer lAssociation pour la Sauvegarde
du Patrimoine Fromager (ASPF).
Pour défendre ce patrimoine gastronomique dont la production
est menacée par des réglementations de plus en plus draconiennes
et coûteuses, lASPF a mis en place une importante action
de relations publiques. Celle-ci sest déroulée en
3 temps. Tout dabord lASPF est allée à la
rencontre de 3 professeurs de médecine réputés
pour solliciter leur opinion sur la qualité du fromage au lait
cru pour les consommateurs. Cest ainsi que lASFP sest
entretenue avec Didier Sicard, Professeur à lHôpital
Cochin et Président du Comité National dEthique,
Christian Cabrol, Professeur à lHôpital de la Pitié-Salpêtrière
et Etienne Berche, Professeur à lHôpital Necker.
A la suite de ces entretiens, lASPF a organisé une conférence
de presse au cours de laquelle les 30 journalistes présents ont
pu entendre ces 3 professeurs de médecine témoigner leur
soutien à la cause du fromage au lait cru. Le Professeur Berche
a rappelé que le nombre de cas annuels de listériose avait
considérablement baissé depuis 10 ans. Le Professeur Sicard
a souligné que la richesse bactérienne du fromage est
sûrement un atout pour le futur de lhomme sur le plan intestinal.
Et, en conclusion, le Professeur Cabrol, avec son ton chaleureux, a
déclaré que jamais les consommateurs français navaient
été aussi bien protégés contre les risques
alimentaires. Au cours de cette conférence de presse, Eric Bourges,
Président de lASPF, a souligné les enjeux économiques
et daménagement du territoire de cette production qui concerne
28 000 producteurs de lait, 1 450 producteurs fermiers, 443 transformateurs
et 140 affineurs exclusifs et près de 10 000 salariés.
Il a interpellé les pouvoirs publics sur une législation
qui implique des coûts inflationnistes : en moyenne, les analyses
coûtent entre 1,4 % et 4 % du chiffre daffaires des entreprises,
en augmentation considérable depuis 10 ans. Puis lASPF
a diffusé auprès de 190 journalistes de la presse économique,
quotidienne, féminine, gastronomique, consommation...un dossier
de presse très complet reprenant les interventions des professeurs
de médecine, ainsi que différents documents destinés
à informer les journalistes sur les risques réels en matière
de sécurité alimentaire, les atouts de cette production
traditionnelle, etc. Cette initiative a été très
bien comprise et appréciée par les journalistes qui ont
largement rendu compte de cette conférence de presse dans de
très nombreux articles : plus de 30 articles ont pu être
recensés, et les demandes dinformation ont été
nombreuses. Bien entendu, le dossier de presse a été communiqué
aux différentes administrations concernées.
Travaux
du Pôle fromager AOC Massif Central
Le Pôle fromager conduit des travaux concernant les AOC quil
nous a semblé intéressant de faire connaître aux
syndicats adhérents de lANAOF :
- Comportement de Listeria monocytogene durant la fabrication et
laffinage jusquà la DLUO.
Plusieurs fromages aux technologies différentes sont concernés
: Saint-Nectaire, Bleu dAuvergne, Cantal, Salers et Rocamadour.
Les expérimentations permettront de connaître le comportement
de L. monocytogenes selon ces technologies. Elles sont menées
par le LIAL MC dAurillac en partenariat avec le laboratoire de
lINRA dAurillac et les syndicats AOC concernés.
- Suppression des ensilages : faisabilité.
Cette étude sinscrit dans la thématique évolution
des systèmes dexploitation répondant à un
projet AOC.
Il sagit danalyser les conséquences de la suppression
des fourrages fermentés dans lalimentation des vaches laitières
sur les systèmes dexploitation, sur la filière et
sur le territoire. Lobjectif est de fournir aux producteurs un
outil daide à la décision.
- Conditions de production, contrôle et prévention des
entérotoxines staphylococciques dans les fromages au lait cru.
Il sagit dun programme de recherche initié par le
GIS Amalthée (CNIEL) dans le cadre des programmes Aliment
- Qualité - Sécurité, en partenariat avec
le pôle fromager AOC Massif Central (Saint Nectaire), lENV
Lyon, lINRA Poligny, lITFF, les syndicats du Reblochon et
de la Tomme de Savoie.
Ce travail, intéressant sur le plan scientifique et économique,
pourrait fournir des arguments permettant denvisager une modification
de la réglementation et diminuer le coût des contrôles.
Bilan de 10 ans de travaux du CNPL
Au bout de dix ans dexistence, le Comité National des
Produits Laitiers établit un bilan de ses travaux. Ci-après,
le point sur les dossiers relatifs aux demandes de révision des
décrets et de reconnaissance en AOC.
Révision
des décrets :
Dès sa mise en place, le CNPL sétait donné
comme priorité de rendre les décrets relatifs aux appellations
dorigine, conformes à la loi du 2 juillet 1990. Celle-ci
précise que chaque AOC est définie par un décret
qui délimite laire géographique de production et
détermine les conditions de production et dagrément
du produit. En effet, pour plusieurs AOC laitières, les
conditions de production ne figuraient que partiellement dans le décret
tandis que pour dautres, elles étaient consignées
dans le règlement intérieur et pas du tout dans le décret.
Une commission nommée au sein du CNPL a eu pour mission délaborer
un canevas des conditions de production destiné à servir
de guide aux syndicats qui voulaient sengager dans cette démarche
basée sur le volontariat.
Bilan de cette action : sur les 36 appellations existant en
1990, 26 syndicats de défense ont déposé des dossiers
de modification des conditions de production concernant leur AOC, dont
une dizaine demandaient également la révision de laire
géographique de production. Le CNPL a procédé à
la dénomination de 26 commissions denquêtes et 10
commissions dexperts, chargées détudier les
différentes demandes. Pour neuf AOC, les travaux des commissions
ont abouti à la publication de nouveaux décrets : Beaufort,
Brocciu, Comté, Laguiole, Mont dOr, Picodon, Reblochon,
Roquefort et Salers. A ce jour, si lon tient compte des nouvelles
AOC, une quinzaine dappellations sur un total de 41 sont régies
par des décrets présentant des conditions de production
de la matière première (décrets révisés).
La séparation des fourmes dAmbert et de Montbrisson dont
les décrets devront paraître prochainement portera ce chiffre
à 17 décrets fromages révisés.
Et, si on prend en compte les autres produits (beurres et crème),
10 syndicats de défense au total nauront pas demandé
encore la révision des conditions de production de leur appellation.
Reconnaissance en AOC
18 dossiers de demande de reconnaissance en AOC ont été
reçus à lINAO :
- trois nont pas eu de suite :
Tomme de Savoie, Cabécou de lAveyron et crème Charentes-Poitou
- cinq ont donné lieu à la publication de décrets
AOC : Morbier, Rocamadour, Valençay, Bleu du Vercors Sassenage
et Pélardon.
- le principe de reconnaissance en AOC a été approuvé
par le CNPL pour 6 produits : Banon, Chevrotin, Tome des Bauges, Charolais,
Mâconnais et Saint-Marcellin.
Pour les autres demandes, les commissions denquête poursuivent
létude des dossiers (Pérail, Gruyère, Rigotte
de Condrieu, Fourme fermière de Rochefort-Montagne).
Production française de fromage 2000 : un meilleur
cru
En hausse, en progression, en augmentation... le rapport annuel de
lOnilait (Office national interprofessionnel du lait et des produits
laitiers) présenté en Conseil de direction le 8 février
dernier ne cherchait pas éviter les formules de satisfaction.
On laura compris, lan 2000 aura été marqué
par une amélioration globale de la plupart des paramètres
qui sont le reflet de lactivité laitière : les prix,
aussi bien que la fabrication, la consommation et les exportations ont
connu une évolution positive, même si quelques nuances
méritent dêtre apportées. Car ces données
cachent une autre réalité économique pour les entreprises,
qui ont supporté de très importantes hausses de leurs
charges (énergie, transport, 35 heures...). En outre, les hausses
affichées des cotations des produits industriels ne sont pas
le reflet de la valorisation réelle que lon peut en espérer,
compte tenu des volumes de référence entrant dans la cotation.
Quant aux marchés des PGC, la concurrence y est toujours aussi
vive, et le transfert de marge au profit de la grande distribution toujours
aussi important.
La collecte française, en légère hausse, le
prix du lait, ferme
Si la collecte de lait dans lUnion européenne a diminué
de 0,2 % sur les dix premiers mois de lannée dernière,
soit de 200 000 tonnes, ainsi que le souligne lOnilait, cette
moyenne est le reflet dune réalité contrastée
: à côté de pays où le recul était
assez marqué, comme le Royaume Uni (- 3,7 %), lEspagne
(- 2 %), les Pays-Bas (- 1,8 %) et lItalie (- 0,3 %), la plupart
des pays du nord de lEurope ont progressé, à limage
de lAllemagne (+ 0,7 %), lIrlande (+ 1,8 %) et le Danemark
(+ 1,5 %). En France, pour lannée civile 2000, la collecte,
qui a progressé de + 0,6 %, a atteint 22,585 milliards de litres,
ce chiffre étant essentiellement dû à la progression
de la production au premier trimestre. A propos des quotas, la France
affiche une nette sous-réalisation pour la campagne 1999/2000,
compte tenu de la stabilité de la collecte du début de
la campagne 2000/2001 et de la baisse du taux de matière grasse.
LOnilait constate aussi lexistence dune certaine marge
de manoeuvre avant de dépasser le quota de la campagne 2000-2001.
Il appelle néanmoins les producteurs et les entreprises, comme
toujours, à rester vigilant pour la fin de la campagne. Le taux
de matière grasse du lait a légèrement reculé
lan dernier, pour sétablir en moyenne à 42,15
grammes par litre, soit 0,06 grammes par litre de moins quen 1999.
Parallèlement, le taux de matière protéique est
reparti à la hausse, après un repli marqué en 1999.
Il sétablit à 32,79 grammes par litre, soit 0,25
gramme de plus que lannée précédente. En
raison de la hausse des prix des produits industriels (poudre de lait
essentiellement), et de la poursuite du redressement des prix des fromages
en Allemagne, les Interprofessions régionales, en phase avec
laccord national de novembre 1997, ont recommandé, dans
lensemble, une progression du prix de base du lait lan dernier.
Le prix du lait payé aux producteurs a suivi très sensiblement
lévolution du prix de base et sest établi
en moyenne sur 2000 à 1,9528 francs par litre, en hausse denviron
5 centimes sur le prix moyen payé en 1999.
Les cours industriels plutôt fermes en Europe et à
linternational
Lan 2000 aura constitué un cru honorable pour les marchés
européens. La progression des cours du beurre est, certes, restée
modérée, aux alentours de 20,40 F le kilo pour le beurre
en vrac, mais les matières protéiques ont connu un retournement
de tendance. Le prix moyen de la poudre de lait écrémé
destinée à la consommation animale a frôlé
les 16 F le kilo, tandis que celui de la poudre de lactéosérum
plus de 3,4 F. Les stocks publics de poudre de lait écrémé
accumulés depuis plusieurs années ont quant à eux,
été totalement vidés. Les cours industriels, en
France, ont suivi la même tendance, tirés par la demande
export notamment. Les cours moyens des poudres de lait ont progressé
dans lhexagone denviron 9 % pour la poudre de lait entier,
et de 20 % pour la poudre de lait écrémé. Quant
aux cours de la poudre de lactosérum, ils se sont montrés
supérieurs de 25 % à ce que lon avait connu en 1999.
A linternational, les exportations de produits laitiers ont connu
une amélioration, notamment en raison de la vigueur des prix
du pétrole et de la vigueur de la demande. La hausse du dollar
a également tiré vers le haut les cours européens,
ce qui a amené la Commission à prendre un certain nombre
de mesures pour respecter les engagements pris vis-à-vis du Gatt
en matière dexportation et, surtout, pour limiter la hausse
des cours intérieurs. Elle a eu ainsi recours à un ajustement
des restitutions sur les poudres de lait (dix au total pour la poudre
de lait écrémé, dont cinq entre août et octobre,
et huit pour la poudre grasse), à de nouvelles réductions
de laide à la production de caséines et caséinates,
et à la baisse de laide à lincorporation de
poudre de lait écrémé dans les aliments composés
pour animaux. Dans ce contexte, on note un recul modéré
(- 2 %) des fabrications de poudres grasses, associé à
une baisse de la collecte. En conséquence, souligne lOnilait,
les fabrications de poudre de lait écrémé
ont nettement diminué (- 8 ù environ, soit léquivalent
de 80 000 tonnes), tandis que celles de beurre diminuaient plus rapidement
encore. Pays tiers : les Russes reprennent du fromage. Mis à
part ces fabrications de poudres et de beurre, les fabrications ont,
pour la plupart, progressé en Europe lan dernier. Cest
notamment le cas pour les fromages, avec une hausse de + 3,9 % sur les
dix premiers mois de lannée, soit 197 000 tonnes de plus.
Cette amélioration est due en grande partie à lexport
vers les pays tiers, et particulièrement au retour des
Russes, qui ont nettement recommencé à importer
des produits de lUnion européenne depuis la fin de la crise
dans leur pays, en août 1999. Alors que les exportations européennes
vers la Russie navaient pas dépassé 28 000 tonnes
en 1999, elles ont déjà dépassé ce chiffre
sur le seul premier semestre 2000. Cependant, les tonnes de fromages
supplémentaires fabriquées en Europe en 2000 ne sont pas
toutes parties dans la patrie de Dostoïveski. Les exportations
ont aussi progressé à destination de lAsie (Japon
surtout), du Proche Orient, du Moyen Orient et de lAmérique
Latine. Au total, les exportations communautaires de fromages ont augmenté
de + 18 % sur les onze premiers mois de lannée par rapport
à la même période de 1999, soit, en projection,
un gain de 58 000 tonnes sur un an. En détaillant de plus près
qui, en Europe, a bénéficié de louverture
de ces marchés pays tiers, on observe que les allemands arrivent
en tête (les exportations de nos voisins doutre Rhin ont
augmenté de 22 000 tonnes), suivis des Pays-Bas (+ 15 000 tonnes),
de lItalie (+ 5 000 tonnes) et de la Finlande (+ 4 000 tonnes).
On pourra en revanche sinquiéter du constat fait par lOnilait
concernant les exportations françaises de fromages vers les pays
tiers. Elles sont en effet demeurées stables, ce qui, dans un
contexte général de déploiement des exportations
européennes, traduit, malheureusement, un recul et une diminution
des parts de marché. Les fromages nont pas été
les seuls bénéficiaires de la reprise de la demande sur
les marchés extérieurs à lUe. Les exportations
de poudre de lait écrémé ont aussi connu une amélioration,
qui, compte-tenu des chiffres, peut être qualifiée de spectaculaire
: + 48 % de hausse, soit environ 100 000 tonnes de mieux quen
1999. Au total, les exportations communautaires de poudre pourraient
ainsi avoir atteint 370 000 tonnes lan dernier. De même,
les exportations de beurre et de butteroil pourraient avoir augmenté
de 10 000 tonnes sur lensemble de lannée 2000. En
revanche, la progression est moins soutenue pour les poudres grasses
; 4 %, soit seulement 20 000 tonnes de plus quen 1999.
Analysant lévolution du marché mondial, lOnilait
a constaté des évolutions parallèles à celles
des cours européens : les cours mondiaux de produits laitiers,
qui avaient commencé à se redresser à la fin de
lannée 1999, ont continué, pour les mêmes
raisons quen Europe, de monter jusquà la fin de lautomne
(influence de la demande mondiale en produits laitiers et flambée
du dollar), avant de stagner depuis le début de lhiver.
Ainsi, les prix de la poudre de lait écrémé sont
passé progressivement de 1 500 dollars la tonnes (FOB) en janvier
2000 à plus de 2 100 dollars la tonne entre août et décembre.
Les cours des poudres grasses ont évolué en parallèle,
passant de 1 600 à 2 000 dollars la tonne en fin dannée.
Les cours mondiaux de beurre, en labsence des fameuses opérations
de beurre russe, ont progressé également, mais moins nettement,
de 1 200 à 1 500 dollars la tonne. Les prix du fromage, en prenant
comme référence le cheddar, sont, eux, restés assez
stables tout au long de lannée, aux alentours de 1 800
dollars la tonne.
Les fromages français séduisent lAllemagne
Sur les marchés européens, les exportations françaises
de fromages ont augmenté de + 4,7 % sur les dix premiers mois
de lannée, soit + 19 000 tonnes. Cette moyenne cache même,
si lon rentre dans le détail secteur par secteur, des progressions
à deux chiffres : + 10 % par exemple pour les exportations de
pâtes molles, ces bons résultats (en général
et en particulier), étant notamment dus à lélargissement
des débouchés sur lAllemagne, qui sest révélée,
à linstar du Bénélux, particulièrement
friande de fromages à pâte molle. Pour leur part, les importations
naugmentaient dans le même temps que de + 10 %, à
16 000 tonnes, en raison dune plus forte demande de fromages de
type hollande et de fromages frais allemands, si bien que globalement,
la France reste exportatrice nette de fromages.
Marché intérieur : 1 100 F de pgc par français
La conjoncture na pas été mauvaise pour les produits
laitiers de grande consommation en France. Toutes les fabrications françaises
de pgc laitiers, à lexception de la famille des laits conditionnées
qui enregistre une baisse denviron 2 %, sont en augmentation en
2000, alors quelles avaient stagné en 1999. Sur les dix
premiers mois de lannée, elles ont augmenté en moyenne
de 2 %. La production des fromages a augmenté de 2,8 % sur cette
période, après une année 1999 relativement terne
pour ce fleuron de la gastronomie française, tirée tout
particulièrement par la production des fromages à pâte
pressée cuite, en hausse de 5,5 % et des fromages à pâte
pressée non cuite (+ 3,6 %) alors que les pâtes molles
naugmentaient que de 1,4 %. Les fabrications de fromages
ultra-frais et de la crème fraîche ont gagné, respectivement
4 et 7 %. On note également que les fabrications de yaourts,
laits fermentés, desserts et fromages frais ont progressé
à un rythme soutenu. Néanmoins, la consommation intérieure
en volume a évolué de façon nettement moins marquée
que les fabrications : sur les onze premiers mois de lannée,
les achats des ménages ont reculé pour presque tous les
produits : - 0,3 % pour les fromages, - 2,3 % pour les laits conditionnés,
-1,7 % pour le beurre et - 0,8 % pour la crème. Seule la famille
des ultra-frais connaît encore une certaine progression, avec
+ 3 %. Face à ce recul de la consommation intérieure,
cest par laugmentation des débouchés à
lexportation que laugmentation des fabrications a été
absorbée. Si lon considère maintenant lévolution
des achats des ménages français en valeur (+ 2,5 %), les
panels font ressortir quelles sont plus fortes que les augmentations
en volume, du fait dune hausse des prix de détail. Au total,
selon Secodip, les ménages auront acheté pour 69,5 milliards
de francs de produits laitiers lan dernier, dont 43 % pour lachat
de fromages, 30 % pour lachat de produits frais, 15 % pour le
lait liquide, 8 % pour le beurre et 3,7 % pour la crème. Chacun
sait cependant quil ne faut pas tirer de ces constats des conclusions
hâtives sur lamélioration de la valorisation dont
ont pu bénéficier les entreprises, notamment du fait du
poids important de la coopération commerciale. A cet égard,
on peut déplorer que le parlement ait pris tant de retard pour
voter la nouvelle loi de régulation économique, dont un
chapitre concerne la moralisation des pratiques commerciales que la
distribution fait subir aux entreprises.
Une pression permanente de la Commission de lUe
Par ailleurs, retraçant les principaux débats qui
ont animé lactualité du secteur laitier lan
dernier, lOffice du lait a mis laccent sur un renforcement
prévisible du contrôle, par la Commission, de la qualité
et de lorigine des produits laitiers exportés vers pays
tiers. La surveillance des fraudes et des détournements entre
des marchandises subventionnées et non subventionnées
pour des produits de base comme le beurre et les poudres de lait devrait
également faire lobjet dune attention toute particulière.
Il sagit déviter que des produits subventionnés
à destination du Canada puissent finalement se retrouver aux
Etats-Unis, marché qui ne bénéficie pas de restitutions.
Ainsi, quand le niveau des restitutions dépend de la destination
finale, lopérateur doit présenter un document dénommé
Preuve dArrivée à Destination (PAD) pour bénéficier
du paiement des restitutions. Le même genre de crainte pouvait
être nourrie à légard de la République
dominicaine. La Commission avait donc envisagé pour lannée
2000 diverses mesures laissant présager des lourdeurs administratives
très pénalisantes pour les opérateurs. Après
une levée de boucliers des Etats membres, et des débats
animés en Conseil agricole, la Commission a finalement renoncé
à ses projets, instituant tout de même une restitution
spécifique pour la Pologne. La Commission a également
proposé de renforcer les critères de composition pour
loctroi de restitutions à lexportation de poudres
de lait. Ainsi, ces poudres devront avoir une teneur minimale en protéines
lactiques dans la matière sèche lactique de 34 % et une
teneur maximale en eau de 5 %. La Commission a justifié cette
décision par ladoption, par le Codex Alimentarius, en juillet
1999, dune norme comparable pour le lait en poudre. Cependant,
lOnilait constate que le Codex autorise le recours à une
standardisation du contenu de la matière protéique de
la poudre et estime que ce nouveau règlement risque de pénaliser
les opérateurs communautaires puisque leurs concurrents ont le
droit, eux, de standardiser les poudres de lait.
La restructuration des exploitations continue
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En
avril dernier, le lait faisait vivre 721 000 exploitations dans
lUnion européenne. Les ventes directes ne représentent
quune infime part, 1,2 % environ, de la collecte laitière.
Les trois quart du quota européen sont concentrés
entre les mains de cinq poids lourds de lUnion
que sont lAllemagne (24 % du total européen pour 146
000 exploitations), la France (21 % pour 134 000 exploitations),
le Royaume Uni (12 %), les Pays Bas (9 %), et lItalie (8 %).
Depuis la campagne précédente, 51 000 exploitations
ont disparu dans lUnion, soit environ 7 % du total.
La restructuration est très forte dans lEurope du sud,
notamment en Espagne (13 % des exploitations y ont ainsi disparu
en un an) en Grèce, en Italie (où la chute des effectifs,
de 17 %, est si forte quon peut se demander sil ne sagit
pas dune erreur statistique) et au Portugal, sans toutefois
permettre aux quotas moyens des exploitations de ces pays de saligner
sur le niveau constaté en Europe du Nord. Ainsi, la référence
moyenne en Espagne se situe à seulement 82 000 litres aujourdhui.
Rien à voir avec les 409 000 litres enregistrés au
Danemark, ce qui na dailleurs pas empêché
ce pays de continuer sa restructuration de lélevage
laitier lan dernier ! lOnilait constate que les évolutions
sont moins marquées en Belgique, France, Bénélux,
Autriche, Irlande, Suède et Royaume Uni. La restructuration
demeure rapide en Allemagne (6,1 % de baisse du nombre des exploitations),
de même que la France (4,1 % des exploitations ont disparu,
ce qui porte la référence moyenne française
à 174 000 litres).
Sur lensemble des 126 000 exploitations laitières en
activité en France au 1er avril dernier, seulement 8 100
pratiquaient la vente directe. Au total, près de 30 000 exploitations
ont disparu depuis 1995, soit une chute de 18,7 % des effectifs
de cette époque. La hausse de la référence
moyenne est équivalente, puisquelle est passée
de 150 000 litres à 183 000 litres, constate lOnilait.
A noter que la restructuration est un peu moins rude dans les zones
montagneuses, qui représentent environ le cinquième
des exploitations françaises. On dénombre 31 départements
où le quota moyen par exploitation est supérieur à
200 000 litres, contre seulement 6 départements il y a cinq
ans et 28 en 1999. Le quota moyen est inférieur à
100 000 litres dans seulement quatre départements (Hautes
Alpes, Lozère, Savoie et Ardèche, par ailleurs seul
département où la moyenne tombe en dessous de 80 000
litres). |