Actualité :

Nouvel accord interprofessionnel relatif à l'Emmental français

Les 7 points de cet accord méritent quelques explications :
Article I : L'objet est simple : l'accord précise les dispositions spécifiques figurant dans le décret du 30 décembre 1988, base de l'édifice réglementaire fromager français.
Article II : On rappelle la règle figurant dans le décret. On la précise : c'est la règle des 6/4/3 :
*6 semaines minimum au total entre le moulage et le préemballage par exemple ;
*dont 4 semaines (consécutives) à l'air libre (sans film de préaffinage s'il est utilisé) ;
*dont 3 semaines en cave chaude.
Cette notion de cave chaude est bien connue des affineurs, c'est en cave chaude que le fromage acquiert certaines de ses caractéristiques discrimantes : comme l'ouverture et la croûte.
Article III : Il définit les moyens de la traçabilité et n'apporte en lui-même peu ou pas de contraintes à l'affineur.
Article IV : Si on définit des obligations, il faut bien que l'on se donne aussi des méthodes et des moyens de contrôle. Ceux-ci seront inopinés, à l'initiative de l'organisme de contrôle.
Article V : La norme européenne EN 45004 garantit l'indépendance, l'impartialité et la compétence de l'organisme de contrôle. Le Sicpaal a son accréditation Cofrac (Comité Français d'Accréditation). Le Sigf n'a pas voulu surcharger l'accord de détails techniques ; c'est pourquoi on renvoie à des modalités pratiques qui sont déterminées conjointement par le Sigf et l'organisme de contrôle (la mise en place d'autocontrôles sera bien sûr favorisée, les contrôles pourront aussi porter sur des caractéristiques prévues au décret).
L'article V : affirme la transparence des procédures : le Sigf est naturellement informé des résultats des contrôles qu'il finance.
Ce recours à un organisme de contrôle soulage d'autant les Services très sollicités de la Dgccrf.
Article VI : Un accord interprofessionnel n'a d'intérêt que si la grande majorité des opérateurs le respecte et se plie aux contrôles. Le refus des contrôles constitue une anomalie. La persistance d'anomalies est sanctionnée par la non-délivrance des plaques de caséine d'identification dans la mesure où ces plaques peuvent constituer une "attestation" de conformité à la définition de l'Emmental français. Bien sûr, dès que le Sigf obtient la preuve que les caractéristiques du fromage sont conformes, la distribution des plaques est reprise. L'absence de plaque légale Emmental permet toujours à l'entreprise de vendre son produit sous le nom de "fromage".
Article VII : L'accord peut "vivre" sans homologation mais cet article le complète et le renforce. En étant étendu de l'autorité de l'état, il devient ainsi "obligatoire". Il est à noter que c'est la première fois qu'un accord du Sigf suit la procédure d'homologation. Avec cette homologation, les fonctionnaires des Services de la Dgccrf pourront eux-mêmes vérifier la conformité du produit au présent accord.


L'innovation laitière pour plus de plaisir

Le Cidil a dressé un tableau assez classique de l'innovation dans le secteur laitier l'an dernier, où plaisir et commodité d'emploi représentent toujours des valeurs fortes. Mais le nombre d'innovations recule, essentiellement en raison de la saturation de nouveautés dans l'ultra-frais. Après le record de 1998, le reflux, l'an dernier. Le nombre de nouveaux produits laitiers lancés l'an dernier est retombé en deçà du niveau de 1997, selon un pointage réalisé par le Centre d'information et de documentation des industries laitières (Cidil). L'industrie laitière a lancé 144 nouveaux produits en 1999, contre 169 en 1997 et 221 en 1998. En fait, l'innovation n'est en recul que dans l'ultra-frais, elle demeure stable dans les autres familles de produits.
Les fromages en pointe...

Ce recul de l'ultra-frais permet aux fromages de conforter leur statut de famille de produits les plus innovants dans l'industrie laitière. L'industrie fromagère a lancé 62 nouveaux produits l'an dernier, un chiffre stable par rapport à la dernière année sans SIAL, contre 45 dans l'ultra-frais. Les pâtes molles forment la catégorie la plus dynamique, avec 17 nouveautés, devant les pâtes pressées non cuites, 12 lancements, et les spécialités, 11 lancements. Les pâtes pressées cuites, les pâtes persillées, les fromages fondus et les fromages de chèvre sont ensuite au coude à coude, avec 5 nouveaux produits. Une large majorité des nouveaux fromages est introduite au libre-service, avec 49 produits contre 12 au rayon coupe.
... et priorité à la diversité des goûts
Quelles sont les tendances à l'œuvre dans le secteur du fromage ? Priorité à la diversité des goûts, répond le Cidil ; douceur et onctuosité pour 13 fromages, saveur plus typée pour 7 fromages longuement affinés ou issus de terroirs particuliers, sans oublier l'exotisme avec des saveurs tex-mex, les arômes méditerranéens ou la découverte de 15 fromages étrangers. Au deuxième rang vient la commodité d'usage, même si cette innovation est rarement seule, car généralement insuffisante pour emporter la décision du consommateur moderne. On note les emballages "refermables", permettant de prolonger l'affinage ou augmentant la sécurité alimentaire. Parallèlement, 17 nouveaux produits destinés aux toasts, aux sandwichs, au grignotage, ou au plat principal, comme par exemple la tartiflette ou les spécialités fromagères panées.
L'ultra frais en panne d'idées

L'ultra frais, lui, s'essouffle nettement. L'innovation dans ce secteur est à son plus bas niveau depuis 1996, après des années exubérantes il est vrai. Seulement 45 nouveaux produits ont été lancés l'an dernier, contre 71 en 1998 et 69 en 1997. Ce sont les fromages frais qui accusent le plus le coup, tandis que yaourts (21 innovations) et desserts frais (14) renouvellement peu ou prou leur performance de l'année précédente. Peut être ce recul s'explique-t-il, selon le Cidil, par le fait que les ultra-frais n'ont "plus rien à prouver". Comment, en effet, encore diversifier les conditionnements quand la gamme actuelle, pots individuels, packs panachés, conditionnements familiaux, yaourts à boire, offre à peu près tout ce dont peut rêver un packageur ? La santé confirme en tout cas sa place de thème dominant de l'ultra-frais, puisqu'elle touche à 38 % des innovations, contre un gros quart l'année précédente. Dans les yaourts, elle touche même aux deux tiers des innovations, contre la moitié seulement l'année précédente. L'innovation sur ce thème passe essentiellement par l'enrichissement en bactéries bifidus, calcium, vitamines, céréales, fibres... Les produits allégés, au goût parfois prononcé de ciment, deviennent savoureux, grâce à l'apport de fruits, céréales, fibres. Enfin, les produits pour les enfants continuent d'offrir cadeaux et effigies des personnages aimés des tout-petits.
Le lait s'enrichit toujours

Pour ce qui est du lait liquide et des boissons lactées, 12 lancements ont été opérés l'an dernier. Outre le traditionnel enrichissement en calcium, vitamines ou sels minéraux, la moitié des innovations a porté sur le plaisir, avec, par exemple, l'aromatisation à base de jus de fruits, la haute pasteurisation permettant de porter la date limite de consommation à 22 jours ou de respecter le goût du lait frais. A noter que le bouchon à vis devient incontournable. La famille des corps gras solides a produit 8 innovations l'an dernier, comme en 1998, avec en matière de commodité d'utilisation, un beurre liquide et deux beurres démoulables présentés en mottes, sans oublier les classiques beurres au sel de mer, beurres AOC et beurres barattés au lait cru. Parallèlement, surgit la première crème allégée à 8 % de matières grasses.
L'innovation : "plaisir" et "praticité"

Au total, toutes familles de produits confondus, l'innovation a porté essentiellement sur le "plaisir" et la "praticité".
Le premier axe représente même, au sens large, 88 % des innovations, contre 71 % en 1997. Les textures deviennent plus onctueuses et plus douces pour séduire des jeunes générations que rebutent les goûts trop forts. Les fromages, laits aromatisés et gammes d'ultra-frais se prêtent d'ailleurs à merveille aux aromatisations ou au renforcement des saveurs par le traitement technologique, note le Cidil.
Loin derrière figure la commodité, notamment dans la conception de l'emballage. Les conditionnements prennent de plus en plus en compte les besoins de mobilité. Le consommateur individuel et nomade est le personnage clé du paysage aujourd'hui. En témoignent les doses de lait fermenté du matin, les en cas de fromage frais, les mini bouteilles de crème fraîche, le grammage des petits suisses adaptés aux enfants, ainsi que les emballages qui se referment, qu'il s'agisse de pots et de barquettes ou de films.


La santé s'active

Il y a deux ans, une innovation sur cinq avait trait à la santé. La proportion est passée à une sur quatre l'an dernier et, surtout, les innovations portent maintenant sur la santé "active" et non plus "passive".
En clair, il s'agit non plus de retirer des éléments ou de la matière grasse, mais d'enrichir au contraire les produits laitiers en constituants positifs. Ainsi, 12 % des innovations portaient sur l'enrichissement en vitamines, calcium, magnésium, fer, céréales ou fibres. La valeur de la santé active concerne surtout le lait et les yaourts, note de Cidil, puisque 48 % des nouveaux yaourts et 42 % des laits s'y réfèrent.

 

Le codex alimentarius fait le point

Début mars, le Comité lait du Codex a examiné à Wellington (Nouvelle-Zélande) les principaux dossiers en suspens. Une teneur minimale en protéines a été fixée pour les produits à base de protéines de lait. De même, la nouvelle norme générale du fromage comportera une teneur minimale en protéines. En revanche, aucun consensus n'a été élaboré pour les "filled milks". Mais, surtout les conclusions du groupe de travail "fromages", présidé par la France, ont été adoptées. Sur le détail de chaque norme, la Fil va poursuivre l'étude. Le Comité lait du Codex, fort de 156 délégués, conseillers et observateurs de 34 pays membres ainsi que 6 organisations internationales, dont l'Association laitière européenne s'est réunie à Wellington du 28 février au 3 mars dernier. Ce qui a permis de faire un tour d'horizon des questions en suspens en matière de normes laitières.
Une teneur en protéines pour les fromages
Dans le secteur des additifs, la France a exprimé son souhait que l'additif E 153 (charbon végétal utilisé dans le cendrage des fromages de chèvre et pour le morbier) soit inscrit sur la liste d'évaluation prioritaire du Comité additif, c'est-à-dire devant être examinée rapidement. Le Comité additif doit aussi assurer la cohérence entre la norme générale additifs et les normes particulières. En effet, certains additifs sont mentionnés dans certaines normes particulières mais pas, pour le même produit, dans la norme générale additifs, et vice versa. Pour ce qui est des protéines laitières, le libellé proposé par la Fédération internationale laitière est accepté et les produits "à base de protéines de lait" devront avoir une teneur minimum en protéines de 35 %. Les produits s'enorgueillissant de l'appellation "protéines de lait", devront avoir une teneur en protéines laitières supérieure à 50 %. Cette teneur devra être calculée sur le poids total et non sur l'extrait sec. La définition du fromage est aussi révisée. Notamment, il a été décidé que la nouvelle norme comporte une teneur minimale en protéines. La valeur de 6 % a été proposée et mise "en crochets", c'est-à-dire qu'elle servira de base de discussion (une indication sur la valeur qui sera probablement acceptée). Un groupe de travail va poursuivre la réflexion sur la nécessité de normes pour les "laits compensés" (dit "filled milks"), c'est-à-dire où la matière grasse laitière est remplacée par de la matière grasse végétale. Il n'y a, pour l'instant, pas de consensus sur cette question. Un groupe de travail comptant la Fil, la Thaïlande, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, Cuba et l'Australie, a été constitué. Il a été convenu qu'il n'y aurait pas de note en bas de page dans la Norme Générale sur l'Utilisation des Termes de Laiterie, selon laquelle la dénomination "filled milk" serait acceptée en attendant l'adoption de telles normes.
Pas de plafond pour la gélatine, mais des bonnes pratiques de fabrication
Le projet de norme pour les fromages non affinés, y compris le fromage frais, a été portée à l'étape 8, c'est-à-dire à la dernière étape du processus d'élaboration du Codex. Cette norme devrait donc être adoptée en 2001. Le fromage frais demeure bien inclus dans le projet, tandis que toutes les références au "cream cheese" sont retirées (une norme individuelle pourrait être initiée ultérieurement). En matière d'incorporation de gélatine et d'amidon, les bonnes pratiques de conservation sont conservées, mais, en contrepartie, aucun plafond d'utilisation n'est prévu. La France souhaitait l'instauration d'un tel plafond. Ses adversaires ont fait valoir que les bonnes pratiques conduiraient "naturellement" à ce que le niveau d'incorporation de gélatine et d'amidon demeure " convenable", ce qui arrange finalement bien du monde... La farine de blé est supprimée en tant qu'ingrédient de produit laitier en raison des allergies au gluten. Le projet de norme crème est porté à l'étape 5. La norme, qui inclura bien les crèmes fermentées, précisera une "valeur de référence" pour le taux de matières grasses, c'est-à-dire un taux minimal en deçà duquel le mot crème ne pourra pas figurer seul sur l'étiquette. Le taux n'a pas encore été fixé, cinq valeurs ayant été proposées : 18, 20, 30, 35 et 36 %. En tout état de cause, le mot crème, même assorti de "allégée" ne pourra pas être utilisé quand le taux de matières grasses descendra en dessous de 10 %. Le Comité lait a aussi examiné la norme sur les produits à base de lait fermenté, qui est portée à l'étape 5. Le yaourt doux est inclus dans la norme qui en comportera à la demande de la France une description détaillée. Pour les produits composés, comme les yaourts aux fruits, le débat n'a pas été tranché sur la quantité maximale d'ingrédient ajouté, deux valeurs restant en discussion : 30 ou 50 % Enfin, en matière d'étiquetage, la solution proposée permet à chacun de sortir la tête haute du débat. En effet, il est prévu que les produits obtenus par traitement thermique après fermentation seront dénommés "lait fermenté traité thermiquement". Si le consommateur risque d'être induit en erreur par cette dénomination, le produit devra être dénommé en accord avec la législation nationale. Lorsqu'il n'y a pas de législation nationale, la dénomination demeurera "lait fermenté traité thermiquement". Avant le Comité lait, deux groupes de travail se sont réunis : l'un sur les laits fermentés et les pâtes à tartiner, présidé par l'Argentine avec la Belgique comme rapporteur, l'autre sur les fromages, présidé par la France, avec les États-Unis comme rapporteur. S'agissant de ce groupe de travail, les principales conclusions ont été entérinées : Fromages individuels : Les conclusions générales du groupe du travail présidé par la France ainsi que celles de sa réunion du dimanche sont adoptées. Ainsi, il y a accord pour maintenir des normes individuelles fromages (ex. Emmental, Camembert, etc...) séparées et distinctes de la norme générale fromage (A6). Ces normes ont bien pour but de caractériser l'identité de fromages particuliers. S'agissant des critères nécessaires à cette caractérisation, le tableau d'examen proposé par la présidence française lors de la réunion du groupe de dimanche n'a pas permis d'avancer sur l'étude de ces critères ; il est renvoyé à la Fil pour examen et reprise sur la base "norme par norme" sans directives complémentaires de la part du Comité (et notamment les propositions NZ, US n'ont pas été adoptées). Le document sur les enrobages a été adopté. S'agissant du problème de la teneur minimale en matière grasse de ces fromages, la discussion va pouvoir se poursuivre à la Fil sur la base des principes proposés dans le rapport français. Cependant, pour 7 fromages, le taux minimum est d'ores et déjà fixé. Pour le fromage fondu, un groupe de travail (France, Usa, Fil, et Secrétariat du Codex) est constitue pour réunir toute l'information disponible et recueillie jusqu'à présent et préparer une lettre circulaire destinée à tous les membres du Codes dans le but de recueillir tous les avis. Les deux options, proposées par le Danemark et le Royaume-Uni seront être reprises dans cette lettre circulaire.

Source : ATLA

Conjoncture : "Globalement positive" sauf pour la matière grasse
L'avis d'Atla sur la conjoncture des marchés laitiers montre un net raffermissement des prix des protéines. En revanche, le beurre ne bénéficie pas de cette embellie. Les demandes de certificats à l'exportation pour la poudre de lait écrémé sont, sur la période février 1999 - janvier 2000, trois fois supérieurs à celles de l'année précédente, ce qui devrait se traduire par des exportations européennes de plus de 350 000 tonnes en l'an 2000, proche du niveau record de 1995. Les cours sont donc fermes, d'autant plus que le dollar est à un niveau particulièrement élevé et que le secteur veau de boucherie demeure demandeur de poudres. La Commission pourra donc continuer sa politique de déstockage de poudre, pronostique Atla, sans que cela affaiblisse le marché, à condition que les stocks ainsi déversés ne dépassent pas les 100 000 tonnes. Toutefois, un repli des cours est probable à long terme, notamment si la demande mondiale change de tendance. Pour les poudres grasses, autres laits de conserve et laits concentrés, la reprise à l'exportation reste vivace. Toutefois, les cours de la poudre grasse stagnaient ces dernières semaines avant la dernière remontée du dollar. Pour ce qui est du secteur industriel des protéines, il est donc en net regain de forme par rapport aux gouffres atteints l'an dernier, où les cours avaient atteint 12,50 francs pour la poudre de lait écrémé consommation animale, et 13,20 francs pour la poudre de lait écrémé consommation humaine. Les cours ont repris 12 % en un an, soit rien moins que 1,70 francs sur ces deux segments de marché. Pour la poudre de lactosérum, la remontée des cours observée à la fin de l'année dernière s'est à peu près arrêté fin février, car la forte demande en sérum des pays tiers se calme. Dans le secteur des produits de grande consommation, au dernier trimestre de l'an dernier, les prix du marché français ont augmenté de 0,9 % sur cette période par rapport au troisième trimestre 1999, hausse technique oblige. Les prix n'ont toutefois pas augmenté dans les produits frais et les pâtes molles. Voilà pour les éléments positif. Au passif de la conjoncture actuelle, l'élément essentiel est le bas niveau du cours du beurre. La reprise des exportations de beurre-butteroil demeure limité. Au vu des demandes de certificats à l'exportation, les exportations sont un peu supérieures à celles de l'an dernier. Pour les fromages, une nette reprise des demandes de certificats avait été constaté durant l'été 1999, mais cette reprise s'estompe depuis deux mois et les perspectives sont en demi teinte. Le cours du beurre vrac 25 kilos est rivé à la parité intervention. Ce plancher a été atteint bien plus tôt en saison que l'année précédente, bien plus tôt en saison que l'année précédente, bien que les excédents de beurre ne soient pas plus importants qu'en 1999. Pour l'ensemble de l'année 2000, ils devraient atteindre 40 0000 tonnes environ. Mais, note Atla, "tant que ces quantités ne seront pas livrées à l'intervention, il n'y aura aucun espoir que le beurre décolle de son prix plancher". A ce jour, 37 000 tonnes, sont d'ores et déjà livrées. L'espoir renaît quelque peu. Plus généralement, pour l'ensemble des segments de marché, les négociations tarifaires qui viennent de s'ouvrir avec la grande distribution ne se présentent pas sous les meilleurs augures. La grande distribution cherchera par tous les moyens à remettre en cause la hausse technique décidée en septembre dernier. Autre dossier préoccupant : les crises sanitaires à répétition. L'épidémie de listériose qui a éclaté il y a deux mois a conduit à l'incrimination sans preuves de la langues de porc en gelée, de la charcuterie et des fromages au lait cru, ce qui a conduit à une chute des ventes de ce secteur ces dernières semaines. A court terme, la préoccupation d'Atla est qu'on ne se prépare toujours pas à la sixième année d'application du Gatt. Pourtant, on connaît depuis des mois l'effort qui devra être consenti par la filière laitière européenne pour respecter les contraintes de la dernière année des accords de Marrakech. D'ores et déjà, les demandes des certificats attribuées dans le cadre de la période dite Gatt 5 dépassent de 3 % le profil du contingent disponible pour la catégorie autres produits laitiers. En outre, ce contingent va diminuer de 150 000 tonnes à partir de juillet 2000. La filière laitière européenne devra supporter des décisions drastiques, "on ne peut que regretter que celles ci ne soient pas prises progressivement à titre préventif".

D'après une note de conjoncture de Philippe Ansel