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Octobre
2001
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Les
marchés laitiers français en 2000
La consommation des ménages : une croissance soutenue en 2000
La consommation des ménages sest montrée particulièrement
soutenue en 2000 + 3,7 % selon le Bipe, malgré une légère
inflexion au 4ème trimestre. Les produits technologiques, les loisirs,
la santé et le logement ont profité prioritairement de laccroissement
des dépenses des ménages, mais les dépenses alimentaires
progressent de 2,9 % au global et de 2,2 % pour le seul pôle de
la consommation à domicile.
Le choix des consommateurs : des produits à plus forte valeur
ajoutée, un meilleur rapport qualité/prix
La bonne orientation des produits alimentaires haut de gamme et à
forte valeur ajoutée a alimenté la croissance en valeur
alors que les volumes sont restés peu dynamiques. Pour les produits
laitiers, seul le marché de la crème a augmenté en
volume. Ainsi le marché du lait connaît une érosion
sensible de ses volumes qui ne semble pas devoir sinverser en 2001.
Le chiffre daffaires des marques de distributeurs sur le secteur
alimentaire progresse de près de 8 %, soit un rythme deux fois
supérieur à celui du marché. Lamélioration
qualitative perçue par les consommateurs et un prix attractif sont
sans doute les clés de leur succès. Le prix demeure un critère
important, mais il intervient dans un contexte plus large de prise en
compte des besoins de lacheteur. La marque propre est devenue un
enjeu capital pour des enseignes telles que Auchan, Leclerc ou Intermarché.
Au coeur de cette stratégie MDD figurent la montée en gamme
des produits et la politique des niches. Les produits frais, dont 30 %
des ventes se font sous marques de distributeurs, demeurent la cible privilégiée.
Dans un contexte de hausse de prix, le rapport qualité/prix redevient
plus que jamais dactualité. Cette stratégie incite
les marques nationales à proposer une offre spécifique distincte
des «me too» sous marque des distributeurs, leur permettant
de pratiquer un prix plus rémunérateur. Les supermarchés
ont développé avec efficacité une politique de proximité,
ils se sont montrés les plus performants avec un chiffre daffaires
tous produits en progression de 4,8 %. Les hypermarchés affichent
un résultat moins flatteur, + 2,8 %. Ces derniers misent sur la
concentration de leurs achats, sur le regroupement et linternalisation
de leurs moyens. Carrefour concentre désormais près dun
tiers du chiffre daffaires des hypermarchés français
et réalise 48 % de son chiffre daffaires à létranger.
Le grand commerce traditionnel semble avoir amorti la secousse du hard-discount,
dont la part de marché, 7,9 %, bouge peu et dont les ventes évoluent
dans la moyenne, + 4,9 %.
Les achats alimentaires des ménages
Le chiffre daffaires des produits alimentaires sest accru
de 3,4 % entre 1999 et 2000. Avec une progression de 3,1 %, les produits
laitiers suivent cette tendance, de même que les boissons non alcoolisées,
les viandes et volailles, respectivement + 3,1 % et + 2,9 %. Trois rayons
sont particulièrement dynamiques : la charcuterie-traiteur-plats
cuisinés, les fruits et légumes et lépicerie
sèche + 5,6 % pour le premier, + 4,3 % pour le deuxième
et + 3,9 % pour le troisième.
Crises sanitaires : beaucoup de bruit, peu deffets sur les produits
laitiers
Les sujets autour de la sécurité alimentaire alimentent
très régulièrement la presse écrite et audiovisuelle.
Grâce à loutil UBM, souscrit par le Cidil auprès
de Secodip, il est désormais possible de mesurer ce bruit. Cest
le thème de la vache folle qui aura monopolisé le plus dénergie
journalistique. Lintensité du bruit médiatique atteindra
en novembre, période où les plus hautes autorités
de lEtat sexprimeront sur le sujet, des niveaux records. Le
thème de la vache folle a constitué plus de 70 % des sujets
dits de société. Limpact sur les achats de viande
bovine a été quasi immédiat. La baisse a atteint
40 % au plus fort de la crise. Le bruit satténuant aujourdhui,
la consommation de viande bovine reprend doucement. Les crises de la listéria
et de la fièvre aphteuse nauront, en 2000, été
traitées que très ponctuellement dans la presse et apparemment
sans effets notoires sur les achats de produits laitiers.
Produits laitiers : chiffre daffaires en hausse, volumes en
léger recul
Tous les marchés laitiers connaissent des tassements en volume,
à lexception de la crème, en progression e 3,2 % par
rapport à 1999. Les fromages et les ultra-frais sont stables, les
yaourts perdent des volumes, le beurre et le lait restent orientés
à la baisse.
Les Ultra-Frais
Les ultra-frais participent à hauteur de 30 % au chiffre daffaires
réalisé par les produits laitiers. Après la crème,
cest le marché laitier qui enregistre la plus forte croissance
de son chiffre daffaires en 2000 + 3,7 %. En volume, la tendance
est moins favorable : pour la première fois depuis cinq ans, le
marché reste stable. Les yaourts, plus de la moitié du marché
des ultra-frais, accusent un léger déclin - 1,2 %, et les
progressions modérées des desserts lactés et des
fromages frais, + 0,5 % et + 0,8 %, ne sont pas suffisantes pour compenser
totalement cette baisse. Les évolutions sont très contrastées
au sein de chaque segment dultra-frais. Les yaourts blancs, 34 %
des volumes, comme les non blancs, 53 % du segment, participent au recul
des yaourts, respectivement - 1,2 % et - 1,7 %. Certains sen sortent
mieux, ainsi, alors que les yaourts blancs standard et les blancs allégés
évoluent négativement, - 2,7 % et - 7,3 %, les yaourts blancs
plus sophistiqués ont de bons résultats, notamment les sucrés,
+ 3,9 %. Même constat pour les yaourts non blancs, avec des yaourts
aux fruits et des aromatisés très en retrait, - 7,1 % et
- 11 %, alors que les brassés aux fruits et les allégés
aux fruits enregistrent une croissance rapide, + 9,3 % et + 10,3 %. Les
probiotiques à boire fonctionnent très bien, + 24 %, les
bifidus évoluant à - 3 %. Pour la deuxième année
consécutive, les yaourts à boire et les milk-shakes sont
orientés à la baisse - 2,5 %. La progression modérée
des fromages frais, + 0,8 %, sexplique par le dynamisme des pâtes
douces hors bifidus, + 2,7 %, les pâtes douces au bifidus et les
suisses perdant des volumes - 13 % et - 3,5 %. Toutes les pâtes
douces hors bifidus sont bien orientées, en particulier les aromatisées,
+ 18,5 % et les allégées, + 8 %. Les desserts frais, + 0,5
%, enregistrent des tendances divergentes selon les segments : les produits
basiques comme les gélifiés avec et sans crème, les
flans nappés et surtout les mousses sont en recul - 2 % pour les
deux premiers, - 1 % et - 7 % pour les suivants. Les desserts pâtissiers
sont aussi en retrait, - 13 %. En revanche, les entremets classiques et
les entremets élaborés, se portent bien : + 11 % et + 8
%.
La crème
La crème continue de rencontrer les faveurs du consommateur, les
dépenses des ménages qui lui sont consacrées ont
augmenté de 5,6 % en 2000, et les volumes de 3,2 %. Les promesses
de gourmandise et de praticité semblent être les facteurs
clés du succès de ce marché. Les crèmes standard
sont en perte de vitesse, - 6,3 % en volume pour la crème fraîche
30 - 39 % de MG, ou au mieux stables ; la crème UHT à +
30 % de MG et les crèmes plus innovantes sont bien orientées.
Les crèmes allégées, + 15 %, ainsi que les crèmes
gastronomiques, + 7 %, les crèmes fraîches en pots de verre,
+ 11 %, et les crèmes UHT en bouteilles, + 26 %, ont dexcellents
résultats.
Le lait
Le lait, 15% des dépenses de produits laitiers des ménages,
connaît une progression de son chiffre daffaires en 2000,
+ 1,7 %, mais il baisse en volume pour la deuxième année
consécutive, denviron - 1,5 %. Seuls les laits spécifiques,
12,6 % des volumes, sont épargnés, + 3,7 %. Lessentiel
du marché, le lait UHT blanc demi-écrémé,
qui concentre les trois-quarts des achats, est en recul de 2,5 %. Un seul
type de conditionnement reste dynamique, les bouteilles de plastique,
les non refermables se développant plus vite que les refermables
+ 9,5 % contre + 5,6 %.
Le fromage
Le marché des fromages se caractérise par les résultats
en demi-teinte en 2000 : il reste stable en volume et gagne 3,6 % en valeur.
Les fromages en libre-service se développent toujours en volume,
+ 2,6 %, alors que le déclin des fromages à la coupe se
poursuit et saccentue même pour atteindre 9,1 %. Deux parmi
les trois principaux segments perdent des volumes : les pâtes molles,
31,3 % des volumes, sont en recul de 2,6 %, et les pâtes pressées
non cuites, 16,8 % du marché, de 0,8 %. Les fromages frais salés
progressent sur un rythme soutenu + 6,7 %. Si on distingue sur le marché
du fromage les «génériques», les «modernes/
marketés» et les AOC, on constate que cette année
encore les fromages les plus modernes tirent le marché à
la hausse. Ce groupe de fromages progresse en volume de 2,1 % et de 3,9
% en valeur. Il rassemble les fromages les plus soutenus publicitairement,
dun usage pratique, avec une DLC longue, souvent issus dune
adaptation aux goûts des consommateurs moins amateurs de goûts
forts ou typés... Cette année, les fromages AOC maintiennent
leurs volumes et voient leur chiffre daffaires augmenter sensiblement
, + 4,4 %, du fait de hausses de prix substantielles, + 4 %. Enfin, la
catégorie des fromages génériques, qui regroupe des
fromages comme lemmental, le camembert et le coulommiers, naméliore
pas ses performances par rapport à lannée dernière
- 0,7 % en volume et - 0,3 % en valeur en 2000.
Le Beurre
Les achats de beurre sont en recul : - 2,3 % en volume après -
3,1 % en 1999. Dans un tel contexte, seuls les segments modernes émergent
: les beurriers et les tartinables sont ainsi très dynamiques,
+ 12,2 % pour les premiers et + 15,2 % pour les deuxièmes. La plaquette
de beurre standard poursuit son retrait : - 3,5 % après - 6 % en
1999.
Produits laitiers biologiques : de belles progressions, mais une clientèle
trop confidentielle
Les évolutions des volumes dachats de produits laitiers issus
de lagriculture biologique sont toujours importantes + 15,5 % pour
le lait, + 28 % pour le beurre et + 3 % pour les ultra-frais, les volumes
restant faibles. Les parts de marché sont très réduites,
0,3 % pour le beurre, 1,3 % pour le lait. La clientèle des produits
issus de lagriculture biologique nest pas négligeable,
puisque 42 % des foyers en ont acheté au moins une fois au cours
de lannée 2000. Cette clientèle nest cependant
pas transversable. Ainsi compte-t-on 10,7 % de ménages acheteurs
de lait biologique, 5,1 % des yaourts bio et 3,3 % de beurre bio. Les
clientèles du beurre et du lait biologique se révèlent
relativement fidèles aux produits puisque les parts de leurs achats
de produits biologiques dans leurs achats totaux atteignent respectivement
10,3 % et 12, 3 %.
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