Il
faut pouvoir sécuriser la production des fromages sensibles
Le monde professionnel laitier est actuellement agité par la
question passionnante et.. passionnée de la définition
du lait cru. Cette problématique sinsère dans celle,
bien plus large, de la sécurisation de la filière de production
des fromages sensibles. Atla-Synthèse fait aujourdhui le
point sur ce sujet pour resituer la récente décision du
Conseil dAdministration dAtla relative à une modification
de la définition du lait cru.
Revoir
la définition du lait cru, pourquoi ? Cest lun des
moyens possibles (pas le seul bien sûr) pour parvenir à
sécuriser une partie de la production des fromages sensibles,
en loccurrence, la production de fromages sensibles au lait cru.
Lenjeu nest pas mince : les fromages au lait cru représentent
aujourdhui une production denviron 218 000 tonnes (202 000
tonnes fabriquées en laiterie et 16 000 tonnes à la ferme)
soit à peu près 20 % du tonnage des fromages affinés,
dont 147 000 tonnes dAOC. Sur ce tonnage global, on peut considérer
quenviron 100 000 tonnes sont constituées par des fromages
sensibles.
Les propositions actuelles dAtla sont laboutissement dune
longue réflexion engagée depuis bientôt 2 ans.
 |
Quest-ce
quun
fromage sensible ?
|
 |
 |
 |
 |
| |
Cest
un fromage dont la technologie de fabrication (y compris laffinage)
et les caractéristiques propres (type de croûte, pH,
teneur en eau, etc...) font quil est plus sensible au développement
de bactéries pathogènes (par ex. Listeria monocytogenes)
que dautres.
Tous les fromages sensibles ne sont pas forcément des fromages
au lait cru et tous les fromages au lait cru ne sont pas forcément
des fromages sensibles.
|
|
Les
enjeux pour la profession
Lépée de Damoclès des crises Listeria monocytogenes
Il faut se replacer dans le contexte de lhiver 1999 et des crises
Listeria qui ont ébranlé la Profession, pour mesurer à
sa juste valeur le premier des enjeux du chantier dAtla a alors
ouvert. Il sagissait de trouver une solution à la situation
critique des fabricants de fromages sensibles, et notamment de fromages
au lait cru. Quon se souvienne : des rappels de lots, des communiqués
dans les magasins et dans les médias, le nom dentreprises,
de marques, voire dappellations entières, pointés
du doigt, une inflation catastrophique dans le nombre danalyses
exigées de certaines entreprises... Cette épée
de Damoclès est le lot quotidien de tout fabricant de fromages
sensibles. Les conséquences, quand cette épée sabat,
peuvent être dramatiques : cest la pérennité
même de lentreprise qui peut être mise en jeu. Celle
des produits peut aussi basculer. Certaines fabrications nont
dailleurs pas résisté à cette pression et
nont eu dautre choix que de modifier leurs caractéristiques
et paramètres pour se sécuriser davantage. Compte-tenu
de la réglementation en vigueur, une telle évolution nest
cependant pas forcément accessible à tous (par exemple,
de nombreuses appellations dorigine ne peuvent être produites
quavec du lait cru).
Si aucune action nest engagée pour permettre aux fromages
sensibles au lait cru de continuer à vivre, en respectant, bien
sûr, les exigences de santé du consommateur, on pourrait
arriver à terme à ne produire de fromages au lait cru
que dans le domaine des pâtes cuites.
Lensemble de la filière fromagère est concerné
Ces épisodes, à lévidence, ont été
très douloureux pour les entreprises directement concernées
: les répercussions dune crise sur un fromage peuvent faire
chuter sa propre production de 80 %, pendant un temps qui peut savérer
très conséquent. Mais ce nest pas tout : londe
de choc peut aussi atteindre la famille fromagère à laquelle
appartient le produit incriminé, et faire baisser de 50 % la
production de cette famille. Au-delà encore, le climat de suspicion
peut gagner du terrain chez les consommateurs et toucher rapidement
lensemble des fromages, quils soient au lait cru ou au lait
pasteurisé, quils soient sensibles ou quils ne le
soient pas.
Agir est donc une nécessité pour lensemble de la
filière fromagère. Tel est le second enjeu fondamentale
de la réflexion dAtla.
Préserver limage du lait cru
Un troisième enjeu de louverture de ce chantier était
de chercher à concilier la sécurité du consommateur
et la préservation de limage et de la connotation très
positive des fromages au lait cru. En effet, noublions pas la
pression très forte dune partie de ladministration
pour que les fromages sensibles, et notamment certains fromages au lait
cru - voire tous par mesure de simplification - portent un warning
direct sur létiquette à lintention des populations
à risque, comme cela se pratique déjà dans certains
pays. Cette mesure est catégoriquement refusée par la
profession tout entière. Mais pour tenter de léviter,
il fallait proposer une alternative construite et crédible.
Préparer lavenir
Enfin, un quatrième enjeu, ne doit pas être oublié
: les discussions internationales pourraient ne pas se conclure aussi
positivement quon pouvait lespérer il y a encore
deux ans ; la bataille nest pas encore gagnée. Les fromages
au lait cru ont certes évité le pire le jour où
lobligation de pasteurisation dans les normes Codex a été
rejetée, mais la pression normative ne va pas en samenuisant
et les perspectives dans ce domaine restent préoccupantes. Les
notions de technologies alternatives se développent
et la question se pose de savoir si le recours à ces technologies
ne deviendra pas un jour une obligation. Le débat ouvert par
Atla, même sil touche au plus sensible de la Profession,
a le mérite danticiper ces questions à venir.
Flash back sur les réflexions dAtla
Atla a créé à cette époque, dans le cadre
plus large de sa Commission fromages, un groupe de travail sur les fromages
au lait cru, et plus particulièrement sur les fromages sensibles
à Listéria.
Les réflexions ont permis dexplorer deux pistes : la première,
à moyen terme, pour faire évoluer lapplication de
la réglementation sur les fromages sensibles en général,
la seconde, à court terme, pour sécuriser le lait cru
en particulier.
La profession sengage sur un certain nombre de points
Après un échange global sur la situation des uns et des
autres et sur les moyens à rechercher pour améliorer la
situation, les débats se sont focalisés très rapidement
sur deux points : la norme absence de Listéria monocytogenes
sortie usine, à considérer en parallèle avec
la tolérence en distribution de 100 Lm/g jusquà
fin de vie du produit, dune part, et les problèmes connexes
de méthodes danalyse, daute part. Si les fabricants
de fromages sensibles reconnaissent lintérêt qua
représenté linstauration de cette norme dans la
directive 92/46 (sans elle, les fromages au lait cru nauraient
pas été reconnus comme ils lont été
et nauraient certainement pas pu continuer à circuler librement
dans lUnion européenne), ils mesurent chaque jour les difficultés
à respecter cette exigence particulière dabsence
de Lm sortie usine. Sans demander la modification de la norme elle-même,
ce qui semble - en létat actuel des choses - utopique,
la Profession sest engagée sur un certain nombre de points
: faire de la reconnaissance du seuil de 100 Lm/g comme seuil de dangerosité,
le pilier de tout raisonnement en la matière, informer et sensibiliser
les populations à risque, étiqueter tous les fromages,
réaliser au sein des entreprises de véritables études
de vieillissement relatives à lévolution de leur
produit au regard dune éventuelle contamination en Listeria
monocytogenes, assurer une parfaite traçabilité des fabrications,
tant en amont quen aval, maîtriser enfin, les conditions
dhygiène, (HACCP).
Moyennant le respect et/ou la réalisation de ces différents
points, il devrait être possible dappliquer cette partie
de la réglementation avec une plus grande souplesse, au coup
par coup, usine par usine, technologie par technologie.
Une lettre a été écrite en ce sens aux différents
Ministres concernés en avril 1999.
Sécuriser le lait cru matière première est
une volonté affichée.
Constatant que cette piste de réflexion ne pouvait pas toutefois
déboucher dans le court ou le moyen terme, et compte-tenu de
lurgence de répondre à langoisse des entreprises
touchées de plein fouet par les crises sanitaires et menacées
dans leur pérennité même, le groupe de travail dAtla
a alors ouvert une deuxième piste de réflexion, concernant
directement les seuls fromages au lait cru, celle dune sécurisation
du lait cru matière première. Cette réflexion savérait
dailleurs également nécessaire et indispensable
en raison des travaux réglementaires engagés aux plans
européen et international. Ces travaux nécessitent, en
effet, une position de la France sur cette question de la définition
du lait cru (recodification de la directive 92/46 à
Bruxelles, réflexion sur la définition des divers traitements
thermiques, et projet de codes de pratiques hygièniques pour
le lait et les produits laitiers au codex). Un inventaire des différentes
définitions existantes, ou en projet, à ces trois niveaux
(FR, Cee, Codex) a été pris en considération et
commenté par le groupe, puis des échanges ont eu lieu
sur les technologies auxquelles on pourrait avoir éventullement
recours pour sécuriser le lait cru. Mais rapidement, on a pris
conscience que le consensus serait plus facile à trouver en privilégiant
les contraintes de fin aux contraintes de moyens.
Les participants ont alors cherché à cerner les caractéristiques
que devrait revêtir le lait cru (et par la suite, les produits
au lait cru), en ayant à lesprit le double objectif de
: permettre aux entreprises de subsister, ne pas galvauder le qualificatif
au lait cru.
Principes de base pour définir les caractéristiques
du lait cru
A ce stade de la discussion, le groupe a entériné deux
premiers principes :
quelle que soit lissue des réflexions, il est indispensable
dintroduire un traceur de traitement thermique et de présence
dingrédients chauffés (traceur et valeur dont le
seuil serait fixé en fonction des technologies et procédés
que lon souhaite autoriser),
tout traitement (physique) serait autorisé à condition
quil permette de respecter la valeur seuil de ce traceur et quil
préserve les équilibres biochimiques et physico-chimiques
du lait matière première. Cette condition a été
jugée primordiale pour une majorité dexperts du
groupe de travail : il sagit dune caractéristique
essentielle du lait cru.
En, parallèle, la question a été posée de
savoir sil fallait ou non exiger - sur létiquetage
- quun qualitatif représentatif du traitement technologique
subi par le lait soit adjoint à la mention lait cru. Cette problématique
est difficile et délicate, car, même si chacun adhère
à la nécessité de transparence, elle soulève
les questions de la différenciation (positive ou négatives),
de la réceptivité du consommateur, de la nature des explications
à fournir et des conséquences de celles-ci.
Quel est le rôle de la flore native ?
Un débat riche et passionné sest également
instauré sur limportance et le rôle de la flore native
dans lidentité des fromages au lait cru. Compte-tenu des
laits actuellement collectés, cette flore ne joue-t-elle plus
quun rôle mineur comparé à celui joué
par les flores de réensemencement, de mieux en mieux sélectionnées,
caractérisées et utilisées par les fromagers ?
Aux dires de certains chercheurs, les progrès considérables
réalisés dans ce domaine ne permettent-ils pas, au moins
dans certains fromages, de trouver plus de 90 % de la typicité
initiale ? Secret de lentreprise et fierté du fromager,
ces flores ne participent-elles pas autant à lidentité
du fromage, sinon plus, que dautres facteurs ? Ces questions,
à la fois techniques et politiques, ont toujours agité
le monde fromager, si bien que la recherche dune solution pragmatique
et technologique ne peut occulter cet aspect fondamental : quentend-t-on
par lait cru ?
Question fondammentale : cru ou brut ?
Telle est en réalité la question éthique
sous-jacente à ce débat. Quelle est notre conception du
lait cru ? Est-ce seulement un lait non chauffé avant introduction
dans la cuve de fabrication (acceptation de cru par rapport à
cuit) ou est-ce, dune façon beaucoup plus contraignante,
un lait brut (naturel), cest-à-dire nayant
subi aucun traitement daucune sorte (ni thermique bien sûr,
mais également de quelque nature que ce soit) ?
En fait, quest-ce qui caractérise le lait cru ?
Pour certains, le lait cru est indissociablement lié à
la flore naturelle quil contient, et en conséquence,
toute modification de celle-ci (quelle quelle soit) devrait
lui retirer la capacité à sappeler lait cru. Ce
raisonnement, pour logiquement fondé quil soit, rencontre
ses limites, dès lors quil est contredit par certaines
pratiques actuelles telles que lutilisation des bactéries
antagonistes, dont le but même et la raison dêtre
sont de bien modifier cette flore de départ par lélimination
de certains pathogènes. Il peut aussi être (sur un autre
plan) contredit par certaines pratiques densemencement du tank
de ferme.
Suivre une telle définition restrictive, nest-ce pas prendre
le risque de conduire le lait cru dans une impasse au fur et à
mesure que les normes sanitaires deviendront de plus en plus sévères
?
Peut-on délibérément éliminer a priori tout
traitement permettant déliminer la flore pathogène,
alors que des recherches ont lieu dans de nombreuses directions ?
Doit-on refuser un traitement qui réduit lensemble de la
flore, sans toutefois léliminer complètement ?
Comment rend-on compatible une définition pure et dure du lait
cru (aucun traitement, quel quil soit, ne devrait être autorisé)
avec lutilisation, par exemple au sein du levain dune partie
de lait ayant subi un traitement thermique, ou encore avec le recours
à lécrémage ?
 |
A
quel moment - sur le plan réglementaire - considère-t-on
que le lait est cru ou non ?
|
 |
 |
 |
 |
| |
Cest
un problème dorigine du temps : traditionnellement,
un fromage au lait cru est un fromage dont le lait, au moment de
lemprésurage dans la cuve de fabrication, répond
à la définition du lait cru. Tant pour le fromager
que pour le législateur, le début de la fabrication
fromagère est lemprésurage. Les traitements
qui interviennent après cette étape ne sappliquent
pas au lait lui-même mais au mélange caillé-sérum.
Cest le cas de la cuisson des fromages à pâte
cuite. Ces traitements participent à la sécurisation
des pâtes cuites qui, de ce fait, ne sont pas des fromages
sensibles, mais restent des fromages au lait cru. Cest la
même chose pour la durée daffinage qui contribue
aussi à leur sécurisation, de même que pour
les pâtes pressées non cuites à fort taux de
matière sèche.
|
|
Définition
du lait cru : les conclusions dAtla
Le Conseil dadministration dAtla a délibéré
le 29 novembre dernier. Devant létendue de la divergence
des positions enregistrées dans les groupes et commissions de
travail, il a examiné 4 solutions possibles, avec leurs conséquences
respectives.
Deux de ces solutions relevaient de la philosophie lait cru =
lait brut et deux autres de la philosophie lait cru = lait
non chauffé (opposition cru/cuit), mais avec possibilité
de traitements physiques naltérant pas la diversité
de la flore native.
Le Conseil a éliminé les solutions les plus extrêmes
ainsi que celles qui relèvent du seul pragmatisme (on ne peut
à la fois revendiquer une haute idée du lait cru et demander
en même temps des dérogations niant les principes mêmes
de lidée de lait cru).
Il a finalement avalisé celle quil a considéré
comme la plus adaptée à lobjectif visé.
Concilier sécurisation et identité
Lesprit de la conclusion du Conseil dAtla est
en effet de parvenir à une meilleure sécurisation du lait
mis en oeuvre dans le cas de la fabrication des fromages au lait
cru, sans lui enlever cependant ce qui contribue à son
identité.
Dans cette acceptation, le lait cru est un lait avec :
absence de chauffage au-delà de 40°C (cest-à-dire
maintien des équilibres physico-chimiques et biochimiques du
lait, et respect du principe cru = non chauffé),
maintien de la diveristé de la flore native (avant réensemencement
par le fromager).
Par ailleurs, dans un but de transparence vis-àvis des consommateurs
et afin détablir les conditions dune concurrence
loyale entre les entreprises, le Conseil a souhaité que le recours
à déventuels traitement soit obligatoirement mentionné
sur létiquette (fromage au lait cru + qualitatif
décrivant le traitement subi), et que labsence de
traitement puisse être valorisée (ex. fromage au
lait cru traditionnel).
Pour bien se comprendre
Ces propositions dAtla sappliquent au lait cru (matière
première de lindustrie fromagère) en général,
independamment de la notion dAoc ; il est clair que dans lesprit
de cette décision, chaque syndicat dAoc reste libre daccepter
ou de refuser telle ou telle technologie particulière quil
considérerait incompatible avec lidentité de son
Aoc. Par ailleurs, les réflexions dAtla nont pas
porté sur le lait cru considéré comme lait boisson.
Enfin, et ceci doit être particulièrement mis en avant,
le socle de base relatif à la production du lait
en amont a été avalisé par le Conseil et fait partie
intégrante et inséparable de sa proposition.
En résumé : Seul peut, selon Atla, se prévaloir
de la mention lait cru (avec ou sans qualitatif) un opérateur
ayant engagé une véritable politique contraignante dapprovisionnement
en amont basée sur : une qualification des élevages incluant
une maîtrise des conditions de production, un tri effectif du
lait sur la base de critères relatifs aux germes pathogènes
et, le respect des conditions de paiement qui y seront associées.
Rappelons à cet égard que le Cniel a créé
il y a quelques mois un groupe de travail et de réflexion sur
cette question (groupe Cniel lait cru amont) afin de répondre
à linterpellation écrite des Pouvoirs Publics (été
1999) quant à lalimentation des animaux et à lévolution
du système de paiement du lait dans le cadre de la fabrication
des fromages sensibles.
Traitements à froid : débat sur la microfiltration
Revenons à la définition du lait cru, et à la possibilité
ouverte par Atla, de lui appliquer déventuels traitements,
mentionnés clairement sur létiquetage.
Un exemple de traitement possible (opérationnel aujourdhui)
serait le recours à une microfiltration froide cest-à-dire
une microfiltration dans laquelle on ne réincorpore pas de crème
pasteurisée. Seule de la crème crue ou du lait entier
cru peuvent être réincorporés ; cest cette
crème crue, ou ce lait entier cru, qui apportent la diversité
de la flore native (ceci exige notamment une qualité irréprochable
de ce lait ou de cette crème sur le plan hygiénique).
Un fromage fabriqué avec un tel lait derait dénommé
: fromage au lait cru microfiltré
Un autre technologie rendue possible par la définition du lait
cru retenue par Atla, serait ladjonction de lait écrémé
microfiltré à du lait entier cru.
Patrimoine et modernité
Le Conseil dAdministration dAtla sest prononcé.
Il sagit maintenant de parvenir (en coordination avec ladministration)
à une rédaction précise qui reflète lesprit
et les conditions de ces conclusions, de manière à lintégrer
dans le décret fromages.
Cette définition pourrait être par exemple : le lait
cru est un lait ou un mélange de laits (avec ou sans adjonction
de crème), nayant pas subi de traitement thermique supérieur
à 40°C ni de traitement susceptible daltérer
la flore microbienne native dans sa diversité.
Elle permettrait de préserver limage du lait cru, des produits
au lait cru et des fromages sensibles, qui font partie de notre patrimoine
français gastronomique et culturel. En validant des possibilités
techniques de sécurisation de la matière première,
sans pour autant compromettre ni le maintien de techniques de fabrications
traditionelles, ni le savoir-faire des fromagers, ou leurs secrets de
fabrication ancestraux, cette démarche dAtla, qui asocie
modernité et tradition, se veut un gage de renouvellement et
de pérennité pour ce qui fait une des fortes spécificités
fromagères françaisesRemarques
Pour lever toute ambiguïté sur lesprit de ce compromis,
il convient dapporter la précision suivante : le jour où
la recherche aura débouché quant à la possibilité
de débactériser la crème à froid, le mélange
lait écrémé + crème débactérisée
ne pourra pas être appelé lait cru puisque,
par définition, on ny retrouvera pas la diversité
de la flore qui était apportée par la crème crue.
Peut-être serait-il dailleurs plus facile de ne pas définir
ce quest le lait cru (considéré en tant que matière
première de fromagerie), mais de définir plutôt
ce quest un fromage au lait cru. Exemple : un fromage
au lait cru est un fromage fabriqué exclusivement à
partir de lait ou dun mélange de laits (avec ou sans adjonction
de crème), nayant pas subi de traitement thermique supérieur
à 40°C, ni de traitement susceptible daltérer
la flore microbienne native dans sa diversité. Lorsque ce lait
a subi un traitement autre que la standardisation en MG ou MP, un qualitatif
explicitant ce traitement devra être ajouté dans la mention
relative au lait cru. Si le lait ou le mélange de lait na
subi aucun traitement autre que la standardisation en MG ou MP, le qualitatif
traditionnel pourra être ajouté dans la mention
relative au lait cru.
 |
Quest-ce
que
la microfiltration ?
|
 |
 |
 |
 |
| |
Dans
son acception classique, la microfiltration est une technologie
alternative (à la pasteurisation) qui consiste à :
écrémer le lait entier, microfiltrer le lait écrémé
au moyen de membranes spécifiques, pasteuriser la crème,
remélanger en proportion adéquate le lait écrémé
microfiltré et la crème pasteurisé. Cette technologie
ne serait pas acceptée par Atla pour lélaboration
dun fromage au lait cru ; Atla propose par contre que la microfiltration
froide puisse faire partie des technologies autorisées
puisquelle respecte des conditions de définition du
lait cru ; la microfiltration froide consiste à
ne rajouter dans le lait écrémé microfiltré
que de la crème crue (ou du lait entier cru).
|
|
Des questions ?
Quelles sont les propositions dAtla en matière détiquetage
?
Afin que les populations à risque puissent procéder à
leurs achats de fromages en toute connaissance de cause, tous les fromages
doivent porter une mention relative au traitemnt thermique subi ou non
par le lait mis en oeuvre (avant emprésurage) :
au lait cru : pour les fromages fabriqués
exclusivement avec du lait cru (selon sa définition réglementaire,
quelle quelle soit),
au lait pasteurisé : pour les fromages exclusivement
fabriqués avec du lait pasteurisé,
au lait thermisé : pour les fromages fabriqués
exclusivement avec du lait thermisé,
X% minimum de lait cru : pour les fromages fabriqués
partiellement avec du lait cru
Pour les autres cas, la réflexion se poursuit afin de trouver
une mention suffisamment précise, courte et positive
Quelles sont les populations à risque ?
Il sagit essentiellement : des femmes enceintes, des personnes
âgées de santé fragile, des personnes immuno-déprimées.
Quest-ce quune étude de vieillissement ?
Un test de vieillissement peut être défini comme un protocole
destiné à valider la durée de vie des denrées
alimentaires dans des conditions de conservation données. Au
regard de la santé publique, cest un outil qui permet aux
professionnels dapporter des garanties sur la conformité
de leurs produits aux critères microbiologiques et ce jusquà
leur consommation effective.
Quelques définitions
Rappel de la directive Cee 92/46 :
Lait cru : le lait produit par la sécrétion de la glande
mammaire dune ou plusieurs vaches ou brebis ou chèvres
ou bufflones et non chauffé au-delà de 40°C ni soumis
à un traitement deffet équivalent
Projet Cee de règlement sur lhygiène des enrées
alimentaires (dans sa dernière version daoût 2000)
Lait cru : lait non chauffé au delà de 40°C. Les traitements
tels que lhomogénéisation ou la standardisation,
qui agissent sur la qualité du lait, sont autorisés.
Règlement CE n° 2597/97, 18 déc 1997 (art. 3.1a) (règlement
relatif aux laits de consommation)
On entend par lait cru un lait nayant pas été
chauffé au-delà de 40°C ni soumis à un traitement
deffet équivalent.
Décret français relatif au fromage n°88-1206, 30 déc.
1988 (art.10) :
Létiquetage des fromages peut en outre comporter la mention
Au lait cru lorsque le fromage est fabriqué exclusivement
avec du lait chauffé à une température au plus
égale à 40°C.