Le Morbier couronné par lAOC
Lauthentique fromage montagnard de Franche-Comté au lait
cru, à la fameuse raie cendrée, a obtenu le 22 décembre
2000 son AOC. 1990 : Les producteurs de Morbier réunis en Syndicat
Interprofessionnel font la demande de lAOC Morbier. 2000 : 10
ans après, leur énergie et leur volonté sont récompensées.

LAOC pour cet authentique fromage de Franche-Comté, cest
la reconnaissance dun terroir, dun savoir faire ancestral
et dune exigence de qualité de la part des fermiers et
des fromagers qui produisent le Morbier. Cest aussi la reconnaissance
dun patrimoine gastronomique qui a su traverser les siècles
grâce à sa qualité. Les règles de fabrication
du Morbier sont strictes : de la nourriture de la vache montbéliarde
jusquà laffinage, toute étape est codée,
réglementée, contrôlée. Laire de production
du Morbier est définie au village près : le Doubs, le
Jura et quelques communes de lAin et de la Saône et Loire.
Ce, pour un résultat probant : le Morbier est un fromage unique
et original. Savoureux, tendre et fruité, il exprime toute la
beauté et la générosité de la nature de
Franche-Comté.
Un Bicentenaire qui a de lavenir
Le Morbier a plus de 2 siècles. Les plus anciens documents retrouvés
lévoquent ainsi : 1795 : Le Maire de Morbier, dans une
lettre, parle de la fabrication de fromages gras de 8 à
10 kg appelés Petit Morbier. 1799 : ...A la
Chapelle-des-Bois, sur le Mont Risoux, des fromages sont faits à
la façon des gruyères, mais le résultat est une
pâte plus grasse, moins percée de trous que le gruyère
et un peu persillée par raie... Lettre de DROZ à
PARMENTIER sur la fabrication des fromages dans le Doubs et le Jura.
Mais il y a vraisemblablement plus de 250 ans que, dans les fermes et
les fruitières * du Doubs et du Jura, se fabrique, selon les
règles de lArt, ce produit du terroir caractérisé
par sa ligne cendré.
*Les statistiques agricoles, qui ne recensent que les productions des
fromageries, font état de la production de Morbier à partir
de 1859 dans les fruitières, plus précisément dans
les cantons de Morbier et de Saint Laurent.
Lhistoire de la raie cendrée
Dans ces rudes contrées, les fermes sont très isolées.
En hiver, les paysans ne pouvaient pas livrer le lait à la fruitière
du village. Comme le lait dun seul troupeau ne suffisait pas à
la fabrication des imposantes meules de Comté, les paysans ont
alors fabriqué un fromage fermier plus petit, de 8 à 10
kg, en additionnant la traite du matin et de celle du soir.
Ils faisaient cailler le lait du matin, le mettaient en moule pour ensuite
le recouvrir de cendre prise au cul du chaudron, dans le but de protéger
le pain de caillé.
Cest ainsi que la fameuse raie noire est apparue.
Le soir, ils recouvraient la première partie du fromage avec
le lait caillé de la deuxième traite.
Aujourdhui, la célèbre raie noire est tracée
avec du charbon végétal.
Le petit frère (de lait) du Comté
En Franche-Comté, en automne et en hiver, quand le lait
nétait pas assez abondant pour fabriquer les grosses meules
de Comté, les fermiers faisaient un plus petit fromage, de 8
à 10 kg. Ce petit frère du Comté na
pas été aussitôt baptisé Morbier et, de fermes
en fermes, il a connu bien des prénoms avant dêtre
baptisé définitivement Morbier, à la
fin du 19ème siècle.
Un fromage bien élevé
Pour que le Morbier soit au mieux de son goût, il
faut lui consacrer du temps, le temps de laffinage, 6 semaines
minimum pour quil soit prêt à déguster. 8
à 9 selon les fromagers - affineurs qui souhaitent ajouter la
touche finale à son éducation. Ainsi, bien
élevé, le Morbier développe au maximum la souplesse
et lonctuosité de sa pâte, son goût sépanouit
et son fruité est alors le signe dune belle maturité
!
La fabrication du Morbier
Secrets de fabrication, dévoilés par Armand SPERAT-C.
de LAmateur de Fromage
La recette du fromage à raie noire commence très
classiquement. Le lait, qui a été conservé toute
la nuit à 4 degrés, est chauffé à 32 degrés
puis ensemencé avec des ferments lactiques. Après une
heure de maturation et un léger brassage, il reçoit une
dose de présure qui va faire prendre.
Une demi-heure plus tard, le lait a caillé et sest transformé
en matière solide.
Le fromager le découpe alors, à laide dun
tranche-caillé, en grains de la taille dune cerise et fait
monter la température de la cuve à 38 degrés.
A laide dune pompe, lon extrait du petit lait de la
cuve et le remplace par de leau salée : 250 litres soutirés,
250 litres rajoutés.
Cette opération de délactosage permet de ralentir
lactivité biologique du caillé et de conserver plus
dhumidité de la pâte. Lavantage est double
: un meilleur rendement et une pâte plus souple et plus humide,
recherchée pour ce type de fromage.
Il est désormais temps dagréger les grains de caillé.
Autrefois, les fromagers utilisaient une toile de lin pour les emprisonner.
Cette opération spectaculaire contraignait le fromager à
plonger ses bras dans le liquide fumant et à extraire la poche
ruisselante dune solide coup de rein.
Mais on est passé depuis au soutirage sous-vide. Les grains de
caillé et le sérum sont aspirés et dirigés
vers des fûts en inox: les grains se déposent dans le moule
posé au fond, tandis que le sérum reste au-dessus, ce
qui permet de lévacuer très facilement.
Des 1 000 litres initiaux, il reste désormais trois imposants
pains de caillé, auxquels le fromager applique une
légère pression. Chaque moule va donner naissance à
six Morbier. Il faut trancher le caillé dans lépaisseur
avec un fil à couper de beurre, puis le diviser en six dans la
hauteur avec un appareil en étoile.
Les douze morceaux obtenus sont dirigés vers les moules à
Morbier : une part dans le fond, une couche de charbon végétal
par dessus, puis une autre pour recouvrir le tout. Le Morbier se fabrique
en noir et blanc.
Après une journée sous presse, les fromages partiront
en cave. Ils y seront lavés et frottés à leau
salée trois à quatre fois par semaine.
Durée du séjour : 45 jours, le minimum imposé par
la toute nouvelle A.O.C.
Le Morbier en chiffres
En près de 20 ans, la fabrication a presque triplée
:
1977 : 2 460 tonnes
1999 : 6 800 tonnes
10 Ans pour 3 lettres ; lhistoire de lobtention de lA.O.C.
Lhistorique de la demande dAOC En juin 1990 est faite
la demande de reconnaissance en AOC. 10 ans après, les efforts
de producteurs, réunis au sein du Syndicat Interprofessionnel
de Défense du Fromage Morbier, sont récompensés
par la tant espérée AOC Morbier.
- La demande de reconnaissance du Morbier en AOC a été
déposée le 13 juin 1990 à lINAO
- Le 11 décembre 1991, la Commission dEnquête nommée
par la CNPL (Comité National des Produits Laitiers) a été
informée du dossier par lINAO.
- Les 13 et 14 janvier 1992, les membres de la Commission dEnquête
Morbier nommés par le CNPL ont été reçus
par les fabricants.
- Les 14 et 15 octobre 1992, la Commission dEnquête sest
de nouveau rendue en Franche-Comté pour enquête complémentaire.
- Le 3 décembre 1992, le CNPL a nommé une Commission dExperts
chargée de proposer les limites dune aire géographique
pour la production du Morbier.
- Le 29 mars 1993, le CNPL reconnaît que le produit étudié
présente bien les caractéristiques dune AOC et décide
de consulter le Conseil dÉtat afin dexaminer les
conditions de rapatriement du nom Morbier
- Le 22 mars 1994, le Conseil dÉtat a rendu un avis recommandant
de mettre en place une procédure de consultation publique ayant
pour objet de recenser les opérateurs qui ne seraient pas situés
dans laire géographique proposée et qui utiliseraient
le nom géographique de lAppellation dont la reconnaissance
est envisagée.
- Le 16 juin 1995, les fabricants bénéficiaires du label
régional Franche-Comté et demandeurs de lAOC se
constituent en Syndicat de Défense Interprofessionnel pour être
en conformité avec les règles de lAOC.
- Lenquête publique concernant la délimitation de
la zone géographique de production de lAOC Morbier est
effectuée du 01/09/95 au 31/10/95.
- Lavis de consultation publique aux fins de recensement des utilisateurs
du nom Morbier pour désigner un fromage dans le cadre de la reconnaissance
dune AOC Morbier est publié au Journal Officiel le 14 mars
1997.
Durée de lenquête jusquen juillet 1997.
- Nouvelle mise à lenquête publique de laire
géographique du 12 mai 1997 au 15 juillet 1997.
- Le 12 août 97, visite de la Commission denquête
en Franche-Comté pour finaliser le projet de décret et
le règlement dapplication.
- Le 8 janvier 1998, visite de la nouvelle commission denquête
en Franche-Comté pour compléments dinformation.
- Printemps 98, le dossier est finalisé et signé des membres
de la Commission dEnquête.
- Juillet 99, le CNPL finalise le décret et lINAO transmet
aux ministères.
- Avril 2000 : Le Conseil dÉtat est consulté.
- 30 décembre 2000 : le décret dAOC Morbier du 22
décembre 2000 paraît au Journal Officiel.
Une AOC pour une origine très typée
A la source du Morbier, une belle vache Montbéliarde
blanche et rouge, de race Pie rouge de lEst ! Cette
solide laitière se rencontre dans les prairies et les monts des
départements du Doubs et du Jura. Le terroir du Morbier est bien
délimité. LAOC est le garant. Il correspond à
une flore typique de la Franche-Comté, à un savoir-faire
et des pratiques ancestrales.
La zone dappellation dorigine contrôlée englobe
le Doubs, la quasi-totalité du Jura, quelques communes de Saône-et-Loire
et de lAin.
Découvrez le terroir dorigine du Morbier
Un week-end en Franche-Comté pour déguster le Morbier
et découvrir le pays : cest une idée pleine de couleurs
et de saveurs pour un doux week-end en Franche-Comté.
Fermes et fruitières, monts et prairies, randonnées et
dégustations ; un contact précieux :
Comité Régional du Tourisme de Franche-Comté
Tél : 03 81 25 08 08 Fax 03 81 83 35 82
http : www.franche-comte.org
En
Franche-Comté, on ne plaisante pas avec la qualité-morbier
Un règlement technique très strict
En Franche-Comté, on ne plaisante pas avec la qualité
du Morbier et, du producteur de lait au fromager en passant par laffineur,
les règles de fabrication sont extrêmement sévères
(Règlement technique de lAOC Morbier disponible sur simple
demande).
Objectifs :
- respecter les règles de fabrication traditionnelles,
- garantir le lien au terroir,
- respecter la législation et fabriquer dexcellents Morbiers,
- assurer la sécurité sanitaire des fromages.
LINAO veille
Sous le couvert des agents de lINAO, le Syndicat Interprofessionnel
met en oeuvre les contrôles obligatoires qui sont soumis à
lexamen des commissions agrément des conditions de
production et agrément produit. Ces commissions
sont constituées de professionnels et dexperts agréés
par le Comité National des Produits Laitiers. Elles veillent
au respect des conditions de production, décident de lagrément
des produits au cours de séances de dégustation et ont
le pouvoir de sanctionner tout contrevenant.
Les tests organoleptiques
Critère Optimum
forme et aspect Forme régulière et harmonieuse.
Faces planes et talon légèrement convexe.
Diamètre : 30 à 40 cm
Hauteur : 5 à 8 cm
croûtage Croûtage naturel, lisse et homogène.
Couleur gris clair à beige orangé.
Modérément épais.
raie noire Raie noire horizontale, bien soudée et continue sur
toute la tranche.
pâte :
- aspect visuel couleur de pâte homogène ivoire à
jaune pâle
Ouverture discrète tolérée.
- aspect tactile Pâte souple, onctueuse et fondante.
Pâte fine et non collante.
goût Goût franc, fruité, caractéristique du
Morbier.
Goût persistant avec un léger coût de crème.
Total : /20
Et les fromages nayant pas un minimum de 12 points sur 20 ne méritent
pas lAOC !
Lavis
de Frédéric BRUNNER, Président dhonneur du
syndicat du Morbier
LAOC pour reconnaître le savoir-faire de nos ancêtres
!
Pour nous, fromagers du Doubs et du Jura, lAOC pour
notre Morbier est une reconnaissance de notre travail : cest aussi
et surtout rendre hommage à nos pères et nos grands-pères,
à tous ceux qui ont façonné au fil des décennies,
durant deux siècles, des fromages dhistoire et de terroir
!
LAOC, cest enfin une protection pour notre Morbier au lait
cru, pour les fromages produits sur notre terroir.
Et si nous avons, tous ensemble, lutté pendant 10 ans pour obtenir
cette reconnaissance, cest peut-être aussi pour que nos
enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants puissent toujours,
demain, déguster à lheure du goûter une bonne
tartine au Morbier !
Lavis
du chef Jean-Paul JEUNET de lhôtel de Paris** à Arbois
dans le Jura !
Le Morbier : un bon et un beau fromage !
Le Morbier a sa place sur les grandes tables. Il est lexpression
dun terroir riche de saveurs et dhistoire.
Aux gourmets, je le propose plus ou moins affiné, jeune ou moins
jeune, fruité ou plus dense. Il est bon, savoureux
et beau ! Sa raie noire donne de la couleur à un beau plateau
de fromages.
Cuisiner le Morbier :
Je nai pas encore tenté la fondue au Morbier, réputée
plus digeste, mais ce fromage est un régal en cuisine.
Une pâte molle, peu de croûte, mon Marbré de
Morbier a ses inconditionnels !...
Bien
le déguster
Le sortir du réfrigérateur au moins 1/2 heure avant
de le consommer.
Une tranche de pain de campagne imbibé de vin blanc, une
tranche de Morbier, et une couche de lamelles doignons. Le tout
passé quelques minutes dans le four chaud, et lon obtient
une délicieuse tartine-repas.
La subtilité et la douceur du Morbier en font un fromage plaisir
très apprécié en fin de repas. Il demande à
être savouré en première bouche, avant de passer
à des fromages plus forts.
Cest aussi un fromage nourrissant, pratique et facile à
utiliser pour confectionner des sandwiches ou agrémenter des
repas pique-nique. Le Morbier enrichit agréablement les salades
vertes ou composées. Il se marie particulièrement bien
avec la tomate et les viandes fumées. Il adoucit la fondue savoyarde.
Son fondant et son onctuosité le prédestinent à
la confection de sauces crémeuses accompagnant poissons et crustacés.
Enfin, sa saveur fruité, légèrement lactique, a
pour complices cumin, petits oignons au vinaigre, fruits frais ou secs
et notamment les noix.
Christine Durand - Cuisiner
Lavis
de Clément SCHERIF, le fromager parisien du fil au fromage.
Le Morbier, pour tous les enfants de 7 à 77 ans.
Le Morbier est un tendre ! Il est subtil, moelleux et fruité.
Il séduit tous les gourmets et se prête à tous les
jeux culinaires.
Il se laisse fondre, saccocie aux fruits, semporte en pique-nique
ou se déguste en apéritif.
De plus, il se conserve bien et son prix reste très séduisant.
Cest à la fois un fromage de tradition et une appellation
dans lair du temps ! Lauthentique
fromage à raie cendrée
Le Morbier : carte didentité
Dénomination
: Morbier
Aire de production : Doubs, Jura et quelques communes de lAin
et de la Saône & Loire.
Définition : Cylindre de 25 à 40 cm de diamètre
,
hauteur : 6 à 8 cm,
poids : 3 à 8 kg,
faces planes,
talon légèrement convexe.
Croûtage : Naturel, lisse, homogène, couleur gris
clair à beige orangé sans colorant et modérément
épais.
Raie : Noire bien soudée et continue sur toute la tranche.
Parfum : Franc et fruité, persistant et légèrement
à goût de crème.
Pâte : Couleur ivoire à jaune pâle avec couverture
discrète.
Sont tolérés quelques trous.
Extrait sec total : 48 % minimum
Gras / sec : 45 % minimum
Durée daffinage : 45 jours minimum
température : 7° à 15° C
Zone daffinage : Doubs, Jura et quelques communes de lAin
et de la Saône & Loire.
Origine du lait : Vaches de race Montbéliarde ou pie rouge
de lEst en production dans les départements du Doubs et
du Jura.
Alimentation : Herbe pâturée ou foin à lexclusion
de toute forme densilage ou autres aliments fermentés.
Prophylaxie : Etables indemnes de tuberculose et brucellose.
Ramassage du lait : Quotidien
Délai demprésurage : 24 h en été,
36 h en hiver.
Coagulation du lait : Présure
Emprésurage : 34° C maximum
Les installations : ne doivent détenir aucun système
susceptible de chauffer le lait en un temps court à une température
supérieure à 40° C (pasteurisation HT.ST)
Marquage : Plaque de caséine réglementaire, datage
précisant le jour et le mois à proximité de la
plaque de caséine, le jour à gauche et le mois à
droite de la plaque qui elle-même sera apposée sur le talon,
conformément à la règlementation. Le marquage doit
rester lisible au niveau de la commercialisation - affinage.
Hygiène des ateliers : Conditions définies dans
le règlement sanitaire des départements de laire
de production, dans tout texte réglementaire défini au
plan national et communautaire.
Valeur nutritionnelle : Teneurs moyennes pour 100 g :
Energie STD(kcal) : 347 - Energie SDT (kj) : 1441 - Eau (g) : 44,3 -
Protéines (g) : 23,6 - Lipides (g) : 28,1 - Sodium (mg) : 990
- Magnesium (mg) : 30 - Phosphore (mg) : 520 - Potassium (mg) : 100
- Calcium (mg) : 760 - Fer (mg) : 0,3.