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Janvier
2002
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Il
était une fois la Fourme dAmbert...
Petit
berceau pour un grand fromage
Une montagne modeste
Les monts du Forez encadrés par la plaine du Forez et le fossé
dAmbert, sont un rameau des chaînes granitiques formées
dans le Massif Central par une reprise des mouvements du socle au cours
de lère tertiaire. Les épisodes glaciaires quaternaires
ont laissé leurs masques : moraines, cirques de névés,
arènes à blocs,...
Ils forment une véritable montagne, malgré des dimensions
réduites (50 km du nord au sud pour une largeur maximale dune
vingtaine de km) et une altitude modeste (1640 m à Pierre-sur-Haute).
Un climat rude...
La neige recouvre la haut Forez pendant au moins 3 mois. Avec 5°
de température moyenne annuelle, cette région des Hautes
Chaumes est exceptionnellement froide. La période de végétation
est limitée à 4 mois dans une région qui compte environ
200 jours de gel par an. Le massif reçoit dabondantes précipitations,
surtout sur le flanc ouest. Le versant Loire et le sud du massif sont
nettement moins arrosés.
Auvergne du soleil levant pour lun, monts du soir pour les autres
Côté Auvergne, le versant est plus pentu. Il sest posé
depuis lépoque romaine comme une frontière naturelle
entre les hommes, les auvergnats rattaché à la culture du
pays doc, les foréziens parlant le franco-provençal
de la province lyonnaise.
Côté forez, de grosses fermes se sont installées sur
un paysage de prairies modérément peuplé. A linverse
loccupation humaine auvergnate se caractérise par une petite
paysannerie, plus nombreuse et plus modeste, accrochée aussi haut
que possible aux flancs escarpés dun massif fortement forestier
au dessous de 1200 m. Le faible nombre de replats utilisables et leur
étroitesse donnent une grande importance aux pâturages daltitude.
Sur les hauteurs alternent, la lande avec ses bruyères, la myrtille,
le nard et dans les creux les tourbières.
Les
hautes chaumes et la Fourme dAmbert
La fourme un fromage antique ?
Du besoin de conserver le lait est né le fromage, dabord
au Moyen Orient, il y a une dizaine de milliers dannées,
puis 2000 ans plus tard, sur le territoire de la France actuelle.
les Arvernes, paraît-il, mangeaient de la fourme au temps de la
bataille de gergovie ! La légende dit même que les druides
gaulois en étaient fort amateurs...
Une production vitale dans une région pauvre.
Au Xe siècle, la forêt commence à être
essartée (défrichée).
La pauvreté des sols est telle que les seigneurs abandonnent progressivement
aux paysans lusage des montagnes moyennant un droit dentrée
et une redevance. Ce nest quau XIIe siècle que lexploitation
pastorale gagne vraiment sur la forêt. Les abbayes participent au
défrichement.
En 1201 Guy III, comte de Lyon et de Forez confirme la donation de pâturages
sur ses montagnes à labbaye de la Bénisson Dieu.
Au XIVe siècle, les paysans exploitent de façon intensive
et dans un cadre collectif ces pacages de montagne.
En règle générale, les bénéficiaires
de ces droits dusage sont des groupes : communautés, habitants
dun même hameau ou dun village.
Peu à peu les paysans sapproprient les pacages. Mais ce mouvement
qui se poursuivra jusquà révolution ne change pas
lusage communautaire et lindivision des pâturages.
Au XVIIe siècle, les loges pour les Foreziens ou cabanes pour les
Auvergnats, sont des constructions en bois de caractère temporaire.
Elles servent à abriter bêtes et gens, et à fabriquer
la fourme. On les abandonne quand les copropriétaires jugent quil
faut bonifier une autre partie de la montagne.
La gestion du foncier de la montagne a conduit la population paysanne
à pratiquer un semi-nomadisme. Il permettait un déplacement
des ressources de la montagne à la zone dhabitation du bas
; fourmes produites sur lestive, pendant la période de lactation
des vaches, constituaient les réserves de lait consommées
durant lhiver.
La montagne des femmes
Loccupation des Hautes Chaumes est en expansion du XVIIIe au début
du XXe siècle
Au XVIIIe siècle, la pression démographique paysanne intensifie
la vie pastorale ;
Le bétail devient de plus en plus nombreux ; les femmes et une
partie de la famille montent sur les Hautes Chaumes, à la belle
saison. Les loges et cabanes sorganisent en quartiers estivals :
les jasseries deviennent de plus en plus nombreuses.
Au XIXe siècle, lactivité pastorale atteint son maximum
:
4500 vaches auraient estivé en 1860.
On compte alors une soixantaine de jasseries sur les deux versants du
Forez.
La forte poussée démographique et lappropriation individuelle
des terres favorisée par les dispositions du code civil napoléonien
concernant les terres, en sont la cause.
Fin XIXe, début XXe, le groupement en jasserie éclate au
profit du jas individuel, qui plus quune fromagerie dété,
est une ferme en miniature conçue sur le modèle de la ferme
permanente.
Les jasseries
Exposées à labri du vent, les jasseries
sont situées sur le pourtour de la montagne, à proximité
des lisières forestières et des sources.
Elles comprennent de fenil, létable et une partie habitation
où se fabrique la fourme. Le troupeau bovin de 4 à 7 vaches,
souvent des ferrandaises, est rentré toutes les nuits. Après
la traite du matin, les bouses sont poussées dans lallée
centrale et évacuées par leau dun réservoir
aménagé à proximité : la serve. A la sortie
de létable, un système de canalisation permet de répartir
ces apports sur les parcelles en contrebas.
Les prairies ainsi enrichies portent le nom de fumades ou fumées.
Elles sont fauchées et donnent un foin dexcellente qualité.
Dès laube, le bétail est sorti sur les landes. Les
parcours des animaux sont fréquemment fauchés, la bruyère
est récoltée pour servir de litière ou de foin.
Ce mode dexploitation, perpétué pendant des siècles
différencie deux types de zones : les parcours collectifs pâturés
sans restitution et donc progressivement appauvris constatent avec des
parcelles privées très enrichies et de bonne qualité,
les fumades.
Celles den haut et ceux den bas
La montée à lestive a pour fonction première
de faire pâturer le troupeau. Les prés du village, libérés
du bétail, sont fanés pour constituer de stock fourrager
hivernal.
Le souci permanent du paysan est de maintenir cet équilibre entre
les besoins du troupeau et les réserves alimentaires.
Travaux agricoles et élevage reposent sur la répartition
des tâches entre hommes et femmes. Lexploitation est dirigée
par le père qui se charge avec ses fils des travaux de la terre.
Les travaux délevage relèvent de la compétence
des femmes.
Dans une jasserie familiale, les soins apportés aux animaux, la
fabrication de la Fourme dAmbert, la garde du troupeau sont du ressort
exclusif des femmes.
Sur la montagne vivent la mère et lune de ses filles ou belles-filles
ainsi que de plus jeunes enfants qui les secondent.
Les hommes restent au village, pour faire les fenaisons et les moissons.
Néanmoins, ils montent régulièrement à la
montagne pour effectuer certains travaux agricoles autour du jas et apporter
les nouvelles den bas.
La fourme, moteur de léconomie
La jasserie est un élément fondamental du système
dexploitation agro-pastoral des monts du Forez. Au XVIIIe siècle,
le fromage de Roche quon y fabrique constitue le principal revenu
dune exploitation. Il est commercialisé jusquà
Paris et Lyon, ce qui est loin dêtre le cas pour tous les
fromages.
Au XIXe siècle, époque de la pleine occupation de la montagne,
les diverses communes du Haut-Forez sollicitent des autorisations pour
établir de nombreuses foires, ouvrir ou aménager des voies
de communication. La commune de Valcivières ne demande t-elle pas
que le chemin de fer passe sur son territoire !
La fabrication de la fourme, une opération
délicate
La fourme, produit du troupeau, est le résultat concret de tout
le dispositif pastoral.
La femme en maîtrise la fabrication qui exige un grand savoir-faire
et beaucoup de soins. 20 litres de lait sont nécessaires pour en
faire une seule.
Dès la veille, la jassière met le lait à refroidir
jusquau lendemain matin dans des seaux baignants dans leau
courante du bac du cavon ou de létable.
Le matin, elle lécrème en partie et ajoute
le lait entier de la traite du matin.
La température du lait doit être denviron 26°,
sil le faut la jassière le réchauffe un peu au bain-marie.
Puis elle emprésure le lait, avec la présure quelle
a obtenue à partir de caillette (partie de lestomac) de veau
et de sel. Le lait coagule et donne le caillé au bout de 2 heures.
la vachère lémiette dans la caillère
avec un agitateur en bois, la franiê.
Ensuite, avec une palette elle agglutine les miettes en un bloc.
Puis, elle sépare ce bloc (qui devient le caille) du petit
lait et le verse sur la selle fromagère, table basse taillée
dans un tronc de sapin, légèrement inclinée dans
la direction du bec par où ségoutte le reste du petit
lait.
Le caille est introduit dans un moule cylindrique coiffé
de deux faisselles, salé à lintérieur et à
lextérieur. Le moule sera retourné, puis la première
faisselle enlevée et la section de fromage salée.
4 ou 5 heures plus tard la fermière retire la deuxième
faisselle, sale, puis au bout de quelques heures retire le moule cylindrique.
Le soir, la jassière couche la fourme à la suite
de la production fromagère sur la chanée, planche concave
en forme de cheneau trouée et suspendue au plafond.
2 fois par jour la fourme est retournée. Lorsquelle commence
à sécher la jassière linstalle sur un rayon
de cuisine pendant 8 jours avant de la mettre à la cave.
2 semaines plus tard, elle pique avec une broche de fer pour lui
faire prendre le bleu.
Lair circule par ces trous et active la moisissure.
Plus anciennement on pratiquait le bleuissement en ajoutant
au sel, au moment de la mise en faisselles, du pain moisi.
De la bourrée au rock nroll, la
fourme change de cadence
De la diversité des productions...
Au début du siècle, chaque ferme du Forez produit sa
fourme. On parle alors de Fourme de Saint-Anthème, de Sauvain,
de Pierre-sur-Haute,... ou du nom de producteur, de Renat, de Garnier.
En 1942, on compte encore 600 producteurs fermiers. Mais, lexode
rural de laprès guerre conduit inéluctablement à
abandonner les jasseries.
Dans les années 1980, il ny avait plus de producteur fermier
identifié officiellement. Néanmoins quelques anciens ont
perpétué confidentiellement la tradition.
... à lextension de la production
Une nouvelle logique économique remet en question le système
agro-pastoral traditionnel. Sopère alors, le glissement de
la production fermière vers une production industrialisée.
En 1963 est créé un comité interprofessionnel de
la fourme de Pierre-sur-Haute chargé dobtenir une appellation
dorigine.
Le passage à une production exclusivement industrielle de la fourme
est une réussite commerciale dont atteste la progression de la
production : 200 t en 1920 ; 1 000 t en 1953 ; 2 000 t en 1972 ; 3 500
t en 1988.
Il saccompagne dun élargissement de la zone de production
aux départements du Cantal et de lOuest du Puy-de-Dôme.
Fourme dAmbert par la grâce de lAppellartion
dOrigine Contrôlée (A.O.C.)
27 % du tonnage national de fromage de vache dAppellation dOrigine
Contrôlée ( A.O.C.) est fabriqué en Auvergne !
Un produit, un terroir, un nom à protéger, quest-ce-quune
A.O.C. ?
La loi du 2 juillet 1990 a donné de lA.O.C. une définition
précise :
Constitue une appellation dorigine la dénomination
dun pays, dune région, dune localité servant
à désigner un produit qui en est originaire et dont la qualité
ou les caractères sont dus au milieu géographique, comprenant
des facteurs naturels et des facteurs humains.
La mention A.O.C. identifie donc un produit qui tire son authenticité
et sa typicité de son origine géographique.
Cette mention garantit un lien intime entre produit et terroir. Le terroir
étant entendu comme léquilibre entre une zone géographique
bien circonscrite avec ses caractéristiques géologiques,
agronomiques, climatiques..., et des savoir-faire acquis par les hommes
pour tirer le meilleur parti de cette zone.
Lappellation vise à protéger une notoriété
acquise de longue date. Cette mention est reconnue et protégée
au plan européen et international par lA.O.P. (appellation
dorigine protégée).
LInstitut National des Appellations dOrigine (INAO) est chargé
de la reconnaissance des A.O.C. et de leur protection au plan national
et international.
1972 : la Fourme dAmbert ou de Montbrison entre dans le club
des A.O.C.
Le 9 mai 1972, le décret définissant la fourme dAmbert
ou de Montbrison comme un fromage dAppellation dOrigine Contrôlée,
est publié. On retiendra de ce décret, revu en 1986 :
La Fourme dAmbert ou de Montbrison est un fromage fabriqué
avec du lait de vache emprésuré, à pâte non
pressée et non cuite, fermenté, salé après
égouttage.
La pâte est persillée, la croûte est sèche
et fleurie. Elle peut présenter des moisissures blanches et grises
(dans le cas de la Fourme dAmbert).
La teneur en Matières Grasse est de 50 grammes au minimum
pour 100 grammes de fromage. Après complète dessiccation,
la teneur en matière sèche ne doit pas être inférieure
à 50 grammes de fromage affiné.
La fourme se présente sous la forme dun cylindre denviron
19 cm de hauteur et 13 cm de diamètre.
les fourmes ne peuvent être mises en vente sous cette appellation
que 28 jours après le jour de fabrication.
Un fromage, une A.O.C., un syndicat de défense : le SIFAM ou
Syndicat interprofessionnel de la Fourme dAmbert et de Montbrison
Les éléments décrits plus haut constituent lessentiel
du cahier des charges que le SIFAM est chargé de faire respecter
à ses adhérents.
Le SIFAM a aussi pour rôle de promouvoir les ventes de Fourme dAmbert
et de Monbrison.
Economiquement,
lA.O.C. de la Fourme dAmbert ou de Monbrison est une bonne
élève
Avec un tonnage global denviron 7 000 tonnes pour lannée
1998 et une augmentation de production de 7 à 8 % par rapport à
1997, la Fourme dAmbert affiche une progression exceptionnelle dans
le monde des fromages persillées.
A quoi la fourme doit-elle son succès ?
Est-ce à cause de : Loriginalité de sa forme cylindrique
? Lexcellence de ses proportions ? Le bel aspect granitique de sa
robe ? la subtilité et la douceur de son goût qui la démarque
des autres bleus ? Lhomogénéité de la qualité
de sa production chez tous les adhérents du SIFAM ? La possibilité
de la présenter en rondelles pré-découpées
dans les rayons libre service ?
Fourme dAmbert et Montbrison : un A.O.C.
vivante
Cette réussite tient probablement à lensemble de ces
facteurs, cest-à-dire à la capacité dadaptation
des producteurs aux pratiques et au goût des consommateurs. Un fromage
en A.O.C. doit savoir rester vivant et évoluer en fonction des
conditions de son environnement, comme il la toujours fait. A titre
dexemple, lévolution divergente des Fourmes dAmbert
et de Montbrison, liée à des procédés de fabrication
devenus différents, est récente. Ce nest quil
y a 10 ans quelle a nécessité la mise au point de
fiches dévaluation de lA.O.C. Pendant longtemps, tous
les termes dune transition ont coexisté entre les deux fourmes.
Aujourdhui, une séparation de lA.O.C. est envisageable.
Ayant conquis le monde, une grande dame rentre
chez elle
La Société Fromagère du Livradois transforme, sur
le site de Fournols, au coeur du Parc naturel régional Livradois-Forez,
35 millions de litres de lait par an, collectés essentiellement
sur une région de moyenne montagne. Ses principales fabrications,
Raclette, Morbier, Fournols, Bleu dAuvergne, et bien sûr Fourme
dAmbert, sont distribuées tant en Europe que dans le reste
du monde, sous les marques Mille Dômes, Livradois, Auvermont, LOr
des Dômes. La société emploie sur le site de Fournols
85 personnes. La laiterie est un acteur économique majeur pour
le maintien de lélevage laitier sur le territoire du Livradois-Forez
: environ 300 agriculteurs produisent du lait pour la laiterie de Fournols.
La taille moyenne des exploitations concernées est relativement
réduite : 95 000 l de lait par an, pour 20 vaches sur une quarantaine
dhectares de surface. La fierté de la Société
Fromagère du Livradois, cest la Fourme dAmbert ; fierté
davoir, en 1994, ramené sur sa terre dorigine un savoir-faire,
et de participer à la revitalisation du pays dAmbert : lhomme
est toujours à la recherche de ses racines, il aime retrouver dans
les produits quil consomme, une histoire, une légende et
un lien avec ses ancêtres. La production de fourme dAmbert
avait entièrement disparu de larrondissement depuis de nombreuses
années. Une partie de la laiterie de Fournols est consacrée
a ce fromage persillé. 5 ans après son installation sur
le site de Fournols, la production annuelle de fourme atteint déjà
330 tonnes, soit 10 % de la production de la laiterie. Soucieuse de répondre
à lévolution du marché, la société
fromagère du Livradois nhésite pas à élargir
sa gamme de produits : à côté de sa production au
lait pasteurisé, elle commercialise, sous la marque lOr des
Dômes, une fourme fabriquée à partir de lait cru (1/3
de la production de Fourme dAmbert) ; elle projette de lancer une
fourme bio. La maîtrise technologique de la laiterie
lui permet de trouver des solutions à la complexité de tels
projets : adaptation des producteurs aux contraintes de ce modèle
de production, gestion des flux des différentes sources de lait
et vigilance sur la qualité sanitaire.
Une laiterie artisanale au coeur des Monts du
Forez : La Genette
Les petites exploitations de la vallée de lAnce fournissent
un lait de montagne La laiterie de la Genette collecte son lait entièrement
à lintérieur du Parc naturel régional Livradois-Forez
sur un territoire de montagne. Lensemble des quotas laitiers des
31 éleveurs concernés est très faible à léchelle
industrielle, il représente 2 millions de litres de lait par an.
La plupart des exploitations concernées sont de petite taille :
10 à 60 ha. Elles produisent de 6 000 à 300 000 litres de
lait par an. Le lait est, bien sûr, rémunéré
à la qualité, en fonction des contrôles régulièrement
effectués par la laiterie.
Une histoire ancienne, tournée vers lavenir
La laiterie de la Genette est une entreprise artisanale, de 5 à
6 employés, créée en 1993 lors du rachat de la laiterie
Col. Appuyée par le Parc naturel régional Livradois-Forez,
elle sest installée en 1996 dans un atelier relais, à
Saint-Anthème. La laiterie Col fut une des premières laiteries
non fermières à sinstaller au début du XXe
siècle pour produire de la fourme, dite alors de Pierre-sur-Haute.
Une fabrication artisanale pour une distribution
locale
En 1998, 10 % du lait recueilli est transformé en Fourme dAmbert.
Toute la fabrication de fromage est faite au lait pasteurisé, non
homogénéisé (sans fragmentation des globules gras).
La société commercialise ses fromages sous une seule marque
la Genette. La Fourme dAmbert produite à la Genette
est distribuée dans les magasins de proximité, les petites
surfaces du secteur, chez les grossistes, ou dans le magasin de vente
sur le site. La laiterie de la Genette diversifie ses produits autour
de la Fourme dAmbert : La Fourmette de la Genette est une petit
fourme fabriquée quasiment sur la recette de la Fourme dAmbert
: Elle représente 5 % de la production, mais na pas droit
à lappellation Fourme dAmbert. Un fromage de type fourme,
le Saint-Anthème, est affiné plus longtemps que la Fourme
dAmbert A.O.C. Cet affinage long donne des résultats moins
réguliers qui ne satisfont pas toujours au cahier des charges de
lA.O.C. La Saint Anthème nest donc ni appelée,
ni considérée comme une Fourme dAmbert.
Fourmier dAmbert ! Toi-même !
Le renouveau de la production fermière
Le territoire pérennise la présence des ancêtres
et légitime celle des vivants
Mobilisation
En 1994, une dizaine dagriculteurs créent lassociation
de promotion et de défense de la fourme fermière. Soutenus
par la chambre dAgriculture du Puy-de-Dôme, le Centre dinitiatives
pour valoriser lagriculture et le milieu rural et le Parc naturel
régional. Livradois-Forez, ils suivent une formation technique
pour fabriquer à nouveau à la ferme, la Fourme dAmbert.
Une logique territoriale et économique se met alors en place.
Formation
A partir de cette formation commune chacun met au point son propre processus
technique en fonction de ses conditions dexploitation du milieu
et du sens quil attache à fabriquer cette Fourme dAmbert
si chargée culturellement.
Les consommateurs locaux, à la recherche dune certaine typicité
du produit de terroir, adhèrent et soutiennent cette production
puisque chaque producteur fermier écoule aisément sa production,
en vente directe à la ferme ou sur les marchés locaux.
Succès
En 1999, 8 producteurs fermiers ont produit 20 tonnes de fourme. Le Succès
de la démarche semble assuré, la filière devrait
se développer dans les années à venir.
Bien évidemment, ces produits nont pas la régularité
des produits de laiteries, ne correspondent peut-être pas exactement
à lattente moyenne des consommateurs français mais,
ils alimentent le rêve de beaucoup dentre nous de renouer
avec une vie plus en phase avec un environnement naturel et culturel fortement
marqué.
Diversité
Certains de ces nouveaux fourmiers explorent les diversités naturelles
offertes à toutes les étapes de la production, recherchant
un produit original, un retour aux origines. Dautres optent pour
une rigueur technique et donnent la priorité à la régularité
du produit, rejoignant la référence A.O.C. Dautres
encore, sengagent dans la voie de lagriculture biologique
et apportent un soin jaloux à leurs bêtes.
Responsabilité
Tous sont les acteurs dune agriculture durable et responsable.
Leurs initiatives participent à une redynamisation économique,
écologique, culturelle et sociale de laspect rural.
Quand science et savoir-faire saccordent
Le lait nourricier na plus de secret pour les chercheurs ?
Faux, la recherche sinterroge de plus en plus sur les variations
gustatives des fromages. Mais rassurons-nous, ses conclusions tendent
à rejoindre les choix ancestraux des hommes qui maîtrisent
les savoir-faire de la fabrication de la Fourme dAmbert.
Le lait, naturel et sophistiqué
Couramment présenté comme le plus parfait des aliments,
le lait contient quasiment tous les éléments nutritifs indispensables
au corps humain. Le lait est le substrat idéal pour nombre de micro-organismes.
Certains sinstallent dès la formation du lait dans le pis
de la vache dautres le colonisent ultérieurement. Après
la traite, le lait contient donc une flore normale comprenant entre autres
les ferments lactiques. En cas de maladie de lanimal ou de défaut
dhygiène dans les différentes manipulations subies
par le lait, des bactéries pathogènes peuvent se développer.
Les bactéries lactiques jouent un rôle fondamental dans la
transformation du lait en fromage et beurre. Elles transforment le lactose
en acide lactique. Cette acidification du milieu provoque un bouleversement
de lagencement des protéines (caillage du lait). Les 1035
g dun litre de lait de vache sont constitués de 900 g deau
et 135 g dextraits secs.
Les extraits secs sont composés de :
Protéines (32 à 36 g)
Elles se retrouvent dans tous les produits laitiers sauf la crème
et le beurre. Elles apportent les acides aminés dits essentiels,
à la différence dun produit dorigine végétale
tel que le lait de soja. Il existe dans le lait 2 types de protéines
; les principales sont les caséines. Elle représentent 80
% des protéines du lait (de vache), coagulent en milieu acide ou
en présence de certains facteurs externes (enzymes). Elles sont
liées sous forme dagglomérats, par du calcium et du
phosphore : Les micelles.
Glucides (46 à 50 g)
Le principal est le lactose.
Lipides (35 à 40 g)
Ils forment la crème du lait et jouent un rôle capital sur
le plan gustatif car ils constituent de véritables pièges
à arômes. Ils confèrent aux produits laitiers leur
onctuosité.
Minéraux (le calcium 1,2 g)
Le lait contient des minéraux en quantités importantes.
Léléments majeur est le calcium qui donne au lait
et aux produits laitiers leurs propriétés nutritionnelles
exceptionnelles.
Le calcium joue un rôle prépondérant dans la formation
des os et des dents et intervient dans de nombreux processus physiologiques
: contraction musculaire, fonctionnement des cellules nerveuses et coagulation
du sang.
Vitamines
Vitamine A et D connaissent des variations saisonnières ou
fonction du régime alimentaire. Vitamines B2, B12,... sont présentes.
Comment en faire un fromage ?
Le fromage était le mode de conservation du lait le plus efficace,
jusquà la mise au point des techniques de pasteurisation
et de stérilisation.
La transformation fromagère consiste essentiellement, à
éliminer la plus grande part de leau du lait, pour condenser
les protéines.
La phase liquide est évacuée sous forme du lactéosérum,
la phase solide devenant le caillé puis le fromage. Les acteurs
principaux de cette transformation sont les micro-organismes (bactéries,
champignons, ...) le fromager intervient en chef dorchestre de leurs
différentes interventions.
La transformation sopère en 3 grandes phases.
La caillage ou coagulation des caséines - Etape biochimique
Acteurs principaux : les micro-organismes
1) sous laction des bactéries lactiques le lactose devient
acide lactique. Lacidification globale du milieu provoque la précipitation
des caséines en flocons. On parlera de caillé lactique.
2) sous laction de la présure (enzyme présente dans
lestomac du jeune veau) les caséines coagulent, établissant
des liaisons entre les micelles qui emprisonnent le lactéosérum
dans les mailles du réseau formé. Cest la coagulation
des caséines qui donne le caillé présure à
consistance de gel.
Les 2 phénomènes se succèdent dans le processus de
fabrication de tout fromage.
Limportance relative de chacun détermine le type de fromage
:
- la fermentation lactique exclusive produit des fromages frais ;
- une coagulation mixte lactique et présure donne des fromages
à pâtes molles,
ex : St-Nectaire, Camembert, Fourme dAmbert, ...
- une coagulation présure dominante conduit à des fromages
à pâte dure,
ex : Cantal, Comté, Gouda, Gruyère,...
Egouttage - Etape mécanique
Acteur principal : lhomme
Elimine une partie du lactosérum et donne au caillé sa forme
de fromage par moulage.
Peut-être :
- spontané ;
- accéléré par diverses opérations ;
découpage de la masse du caillé en grains de caillé
plus ou moins gros, brassage des grains de caillés, pressage du
caillé, broyage après maturation du caillé, cuisson.
Affinage - Etape biochimique
Acteurs : les micro-organismes
Phase ultime de maturation, la fermentation fait évoluer le caillé
en pâte :
Les micro-organismes transforment une partie de la matière grasse
et des protéines en composants darômes et de saveurs.
Ceux-ci contribuent à la couleur et à la texture de la pâte
et de la croûte du fromage.
Les différentes populations qui composent la microflore, par leur
action spécifique, vont conférer ses caractéristiques
organoleptiques à chaque fromage. Le développement du champignon,
Pénicillium roqueforti dans une pâte en fait une pâte
persillée.
La Fourme dAmbert un fromage à pâte molle persillée
!
Les fromages affinés peuvent se regrouper en familles déterminées
dune part en fonction de la classification par la chaîne opératoire
et dautre part en fonction des différents modes daffinage.
Le brassage des grains de caillé différencie la Fourme dAmbert
des autres fromages à pâte persillée.
La transmutation du lait
en Fourme dAmbert
Lenvironnement et le système technique dune société
offrent des solutions techniques potentielles, dont ladoption ou
le rejet relèvent dun choix... Malgré
sa dimension matérielle toute technique nest jamais que de
la pensée objectivée.
1 La traite
2 Les traitements physiques du lait visant à garantir une qualité
standard de la matière première (sécurité
sanitaire et teneur en matière grasse)
Refroidissement
A 4 ° immédiatement après la traite
Collecte
La tournée de collecte a lieu toutes les 24 ou 48 h
Stockage
Toujours à 4 °
Standardisation
LA.O.C. Fourme dAmbert détermine le taux minimum
de matière grasse (50 % MG dans lextrait sec total du fromage).
Or, la concentration en matière grasse du lait varie au cours de
lannée. Pour obtenir un taux régulier, le lait est
standardisé par écrémage partiel.
Homogénéisation
La matière grasse du lait, sous forme de globules gras plus
légers que leau, a tendance à remonter à la
surface. Pour léviter, on procède au laminage (sous
200 kg de pression) destiné à diviser les globules des matières
grasses en très fines particules.
Pasteurisation
Pasteuriser le lait cest détruire en lui par lemploi
convenable de la chaleur la presque totalité de sa flore banale,
la totalité de sa flore pathogène quand elle existe, tout
en sefforçant de ne toucher quau minimum à la
structure physique du lait, à ses équilibres chimiques,
ainsi quà ses éléments biochimiques.
Pasteur en est linventeur.
La pasteurisation seffectue par réchauffement du lait entre
68° pendant 30 secondes et 75° pendant 10 secondes.
La pasteurisation a pour objet dassurer au consommateur la sécurité
bactériologique du produit.
3 La transformation biochimique du lait en Fourme dAmbert
Fermentation lactique
A une température de 32 ° environ. Le fromager ensemence
avec des ferments lactiques (souches sélectionnées pour
leur efficience sur la coagulation lactique). Il incorpore le Pénicillium
roqueforti (souche sélectionnée pour leffet qualitatif
souhaité par le fromager).
Emprésurage
A lissue de cette étape on obtient le caillé
dont la fermeté dépend principalement de la concentration
en caséine et calcium.
Lorsque le gel est assez ferme, le fromager passe à létape
suivante.
Décaillage
Un tranche-caillé découpe le caillé suivant
la longueur et la largeur de la cuve pour produire des grains de caillés
de 1 cm de côté. La taille du grain détermine la cohésion,
louverture et lhumidité de la pâte du fromage
final.
Brassage
Survient alors une série de brassages séparés
par des repos. Au départ les brassages sont lents pour ménager
le grain qui est encore très humide et fragile puis ils deviennent
de plus en plus rapides. Les brassages permettent aux grains de se choquer
les uns contre les autres ce qui provoque lexsudation du lactosérum
contenu dans les grains.
On obtient un grain coiffé enveloppé dune
pellicule mate qui empêche désormais le lactosérum
de séchapper. Les grains correctement coiffés se chevauchent
comme des billes, ce qui favorise louverture de cavités dans
la pâtes, nécessaire au développement du Pénicillium
bleu.
Moulage / Egouttage
Après transport sur un tapis dégouttage, le caillé
est moulé à la main dans les moules qui donneront sa forme
caractéristique à la Fourme dAmbert.
Les moules sont ensuite retournés régulièrement pour
accélérer légouttage qui dure de 24 à
48 h.
Salage
Les Fourmes dAmbert sont démoulées et salées
en surface.
2 jours de réssuyage suivent.
Piquage
Les fourmes sont transpercées par de longues aiguilles. Lair
pénètre par les cheminées créées jusquau
coeur du fromage et facilite le développement du Pénicillium
roqueforti dont le mycellium donne le persillage bleu de la fourme.
Affinage en cave
Les caves ont une hygrométrie très élevée
(95 %) et une température constante (env. 10 °). Il faut 28
jours au minimum pour que la fourme soit affinée et commercialisable,
cest à dire que la croûte se forme et que le bleu atteigne
son plein développement.
Pendant le trajet suivi par le lait ou les produits de sa métamorphose,
la distribution des salles et la circulation des matières, des
outils, et des opérateurs respectent la marche en avant
: il ny a jamais croisement du sale et du propre.
19 litres de lait seront, en fin de parcours, devenus un fromage inimitable
denviron 2,2 kg, 18 cm de haut et 13 cm de diamètre, à
la croûte naturelle, sèche, fleurie, légèrement
grise, à la pâte souple, au goût franc et fruité
: une Fourme dAmbert.
La Fourme à la ferme
Qualité et variation des modes de transformation, pour des
produits typiques et symboliques Il nexiste pas de définition
officielle du fromage fermier.
On convient généralement que le fromage fermier est issu
du lait des vaches dun même troupeau.
Le lait est utilisé cru. Le fermier ne reporte pas plus dune
seule traite, cest-à-dire que le lait est stocké au
maximum 12 h avant transformation.
Le lait est peu refroidi (environ 10 °), il peut ainsi commencer de
travailler pendant la nuit.
Affinage long, affinage court ?
Dans la fabrication du fromage, la contrainte principale est lordre
sanitaire. Le fromage prêt à la consommation doit être
parfaitement sain.
Traditionnellement, pour la fabrication de la Fourme dAmbert, létape
de la fermentation lactique était relativement longue. Lacidification
quelle provoque était donc importante. Or, un milieu suffisamment
acide est capable déliminer certains germes pathogènes
potentiellement présents. Lacidité était ensuite
éliminée par laffinage, qui pour être idéal
au niveau du goût doit être dautant plus long que lacidité
de la fermentation lactique a été forte. Laffinage
était de 5 à 6 mois.
Certains producteurs fermiers font ce choix technique. On peut alors parler
de fourme fermière à affinage long. Dautre tirent
bénéfice des avancées technologiques, réalisées
grâce au travail en laiterie et sattachent à respecter
le cahier des charges de lA.O.C..
Celui-ci préconise une acidification réduite qui permet
dobtenir loptimum de laffinage rapidement. La commercialisation
dune Fourme dAmbert est possible 28 jours après sa
fabrication.
Avec le choix de cette orientation de transformation, le fermier est obligé
de respecter des conditions dhygiène draconiennes. Toute
possibilité de contamination par un agent pathogène doit
être éliminée. Dans les deux cas des contrôles
sanitaires réguliers sont effectués par la direction départementale
des services vétérinaires qui valident la conformité
sanitaire du travail de transformation du fermier. Entre ces deux termes
toute une gamme de procédés est possible.
Des symboles agents du développement économique local
La vraie richesse de la transformation fermière réside dans
ces variations du processus fromager.
Il existe autant de fourmes fermières que de fermiers. La façon
de faire de chacun est la combinaison des contraintes biochimiques intrinsèques
à la transformation du lait, des conditions dun environnement
(race, herbage, micro-organismes présents, ...), de son approche
culturelle de léconomie rurale, et de sa personnalité.
Lajustement de cette combinaison à la production dune
fourme réussie nécessite forcément des tâtonnements,
des essais ; toute une expérimentation qui ré-invente peut-être
les savoir-faire disparus.
La fourme des siècles passés était le symbole concret
du mode de vie agro-pastoral des monts du Forez. Les différentes
fourmes daujourdhui, laitières et fermières
sont tout autant représentatives dappréhensions socio-économiques
et culturelles du monde, différentes.
Mais, cette jeune production fermière et la production laitières
ont complémentaires : la production fermière, commercialisée
très localement, rend immédiatement visible le lien avec
des pratiques ancestrales ; la régularité qualitative des
productions laitières permet seule une distribution très
large, qui assure une notoriété internationale au produit.
Une chaîne de qualité qui commence à la ferme
Le lait issu dun organisme animal est une matière vivante.
Il abrite une multitude de micro-organismes, certains sont essentiels
à la fabrication fromagère, dautres savèrent
nuisibles ou même pathogènes (heureusement rares).
Fragiles parce que vivant, le lait exige des soins attentifs de létable
à lassiette. Les risques de contamination (antibiotiques,
pesticides,...) sont écartés à la production du lait
par des mesures préventives portant notamment sur lalimentation
des vaches et par un contrôle sévère à chaque
étape : production, transformation, commercialisation.
Pas de lait sain sans vache en bonne santé
La première assurance qualité doit être obtenue chez
le producteur de lait. Les services vétérinaires contrôlent
régulièrement létat sanitaire du troupeau,
lhygiène des installations et des animaux. Le résultat
de ces contrôles conditionne lobtention dune patente
sanitaire.
Une convention régionale préparée par le CRIELAL
(centre régional interprofessionnels de léconomie
laitière Auvergne, Limousin et Lozère) lie les producteurs
de lait, les industriels et les coopératives sur un objectif commun
de qualité. Loutil privilégié du CRIELAL est
le paiement à la qualité : chaque producteur
qui fournit son lait à une entreprise de transformation est contrôlé
2 fois par mois. Les prélèvements de lait effectués
par la laiterie sont analysés par des laboratoires performants
(par exemple LIAL dans le Cantal, CILAL dans les Puy-de-Dôme). Les
paramètres mesurés par les laboratoires reflètent
le soin apporté par lagriculteur à lélevage
de son cheptel et à la traite.
La laiterie sassure de leffort technologique de léleveur
en indexant la rémunération du lait collecté, aux
résultats de chaque mesure.
Pas de laitier sans charlotte
Le lait livré à la laiterie est pris en charge par celle-ci.
Les réglementations tant nationales queuropéennes
définissent les modalités de mesures préventives
et de contrôle de lhygiène et de la sécurité
alimentaire.
La direction des services vétérinaires (DSV) veille au respect
de ces réglementations.
La réglementation porte sur :
- les locaux, (matériaux, affectations et nettoyage) ;
- les équipements, outils et matériels de mesure ;
- les circulations des produits, de lair et des hommes.
On cherche à éviter toute contamination croisée entre
les opérations. Le principe dorganisation dit de la marche
en avant généralement adopté dans les laiteries,
répond à cette contrainte : en aucun cas un homme, un outil
ou une forme du produit ne peut revenir dans un espace correspondant aux
étapes précédentes de la transformation.
Les salles de transformation sont munies à chaque porte dun
pédiluve (rempli de détergent qui sert à désinfecter
les bottes).
Certaines salles (salles blanches) peuvent être aseptisées
par un rideau dair à leur entrée qui réduit
les risques de contamination par des bactéries extérieures.
la maîtrise de lhygiène fait lobjet dautocontrôles
: réglementaires, imposés par la législation ; volontaires
à linitiative du fabricant.
En particulier, toute fromagerie met en oeuvre des contrôles qui
permettent de sassurer que ses fromages sont exempts de Listéria.
La suite dans le numéro 93.
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